• [^] # Re: Cause toujours

    Posté par . En réponse au journal Le brevet logiciel revient au travers d'un traité bilatéral US-Europe !. Évalué à 2.

    Bon, je te réponds ici, et je rebondit sur ce que dit Nicolas en même temps.

    Je vais essayer de faire bref, je n'ai pas beaucoup de temps aujourd'hui.

    Finalement je pense que sur certains points, on est d'accord, et sur d'autres non.

    Il me paraît parfaitement naturel qu'une idée géniale et originale, qui donne lieu a des développements pour apporter une innovation/invention significative ait le droit de se protéger. De ce point de vue, je ne suis pas fondamentalement opposé aux brevets logiciels.
    La grande question (et c'est là-dessus qu'on est d'accord), c'est qu'il faut établir des règles claires et rigoureuses pour déterminer ce qui est vraiment une innovation/invention significative, et comme l'exemple que cite Nicolas, et un algorithme complètement trivial mais "décoré" par un contexte pour le faire passer pour révolutionnaire.

    De ce que j'ai suivi des débats et propositions, je n'ai aucune confiance dans les institutions actuelles, surtout compte-tenu des positions des lobbys pro-brevets, pour mesurer l'importance et l'enjeu de la chose.

    Dans un bon système, comme tu le dis, on parle de "copier" l'idée d'un autre. Ce qui signifie bien qu'on ne devrait pas, sauf ne vraiment pas avoir de chance, violer un brevet sans le faire exprès, et surtout sans faire de choses triviales.
    Or, si on prend le système américain (je parle de ce système parce que l'enjeu ici, c'est bien d'harmoniser notre système avec le leur), on peut breveter pratiquement tout et n'importe quoi.
    C'est pourquoi quand tu dis que copier un brevet pourri, c'est quand même copier, il est fort possible en réalité de copier sans le savoir un brevet tellement il est "simple".

    Le second problème est que l'informatique est un secteur qui évolue à une vitesse vertigineuse. Que ce serait-il passé si Xerox avait requis des royalties sur les interfaces graphiques, souris, etc. pendant 20 ans?

    Enfin, concernant l'usage des brevets, nous en avons eu un exemple il y a peu: l'attaque par Amazon via le "One-click shopping" en 2001, IBM contre Amazon en 2006, etc.
    Et on peut également ajouter les pressions de MS sur les clients actuels et potentiels linux (dont le code noyau est censé violer plus de 200 brevets me semble-t-il, mais sans apporter aucune preuve), qui a suscité l'accord Novell-MS et le "bouclier" anti-brevets de RedHat sur ses clients.

    Combien de distributions ont les moyens de se protéger elles et leurs clients/utilisateurs?

    Donc, pour conclure, un bon système de brevets est acceptable (à mes yeux, je ne peux parler pour tout le monde!).

    La plus grosse différence entre nous est la confiance que nous avons en nos institutions pour élaborer et mettre en oeuvre ce "bon" système. Je préfère une interdiction des brevets logiciels qu'un mauvais système, et je n'ai pas confiance dans nos institutions.

    Corrige-moi si je me trompe, mais tu es également partisan d'un bon système qui ne permettrait pas de breveter un "clic sur une zone particulière qui fait quelque chose de plus que les autres", et tu penses que le fonctionnement actuel de l'Europe devrait nous permettre d'aboutir à ce bon système.

    (J'essaie de conclure parce que je trouve que je passe trop de temps à répondre ici et moins à faire autre chose, donc ce sera vraisemblablement ma dernière contribution sur ce sujet ;) ).