Mhhh, vous le moinssez, mais c'est pas tout à fait faux, malgré que ce soit chargé de rancune.
Je vais essayer d'être plus neutre.
Dans les années soixante, en gros, tout le monde était Keneysien : il était impensable, voire ridicule, de ne pas l'être. Les néolibéraux, animés par Hayek, Von Misses et Friedman avançaient masqués, essayant de fonder une école néolibérale dans les cercles universitaires, ce depuis avril 1947 et la fondation de la société du Mont Pelerin, où fut définie la stratégie révolutionnaire : prendre son temps (quelques décennies), former un corpus doctrinaire pour contrer le keynesianisme, former une élite universitaire qui infusera ensuite dans les milieux dirigeants via les think tank.
Le phénomène de la stagflation apparaissant à la fin des années 60, présentant une concomitance de l'inflation et d'une stagnation de la croissance - deux phénomènes antagonistes selon l'analyse keynesienne - , couplé à la baisse d'influence soviétique à la même période, ont donné l'impulsion aux néolibéraux pour s'emparer du pouvoir. Milton Friedman est devenu conseiller de Nixon, et quelque uns de ces élèves de Pinochet, puis bientôt de Tatcher.
Ce qui donna ce qu'on sait.
Le keynesianisme discredité, les business school ayant formé une nouvelle génération de dirigeants aquise à la cause, l'idéologie est devenue dominante, au même titre que le keynesianisme 10 ans plus tôt.
Les gauches européennes se sont adaptées, dans un contexte de chute du communisme et de rejet à la tentation totalitaire associée au marxisme.
Effectivement, on a en gros deux gauches :
- Une gauche antilibérale et anticapitaliste, qui ne propose rien de cohérent et qui veut le beurre et l'argent du beure
- Une gauche crypto-blairiste assumée ou non (en France) qui fait de l'accompagnement social au néolibéralisme.
Le problème est que la gauche n'a pas d'outil théorique sous la main pour proposer autre chose, car que peut elle faire ?
- Rejeter le capitalisme ? Pour quoi faire ? Et de toutes façon les populations sont contre.
- Réinventer un néokeynesianisme ? Pourquoi pas, il a évolué, mais les économistes sont toujours aussi paumés, et l'économie n'est toujours pas une sciences
- ...?
Bref, l'accusation néolibérale n'est pas si infondé que ça, même si un type comme Rocard sait parfaitement où il met les pieds.
Disons que sans être néolibérale, la gauche a acquis certains réflexes, en particulier avec l'acceptation du système de valeur qui va avec : la performance, la compétition, l'idée que sans aiguillon une administration devient improductive, etc...
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker
[^] # Re: néolibéral
Posté par Ontologia (site web personnel) . En réponse au journal Espace de réflexion progressiste. Évalué à 7.
Je vais essayer d'être plus neutre.
Dans les années soixante, en gros, tout le monde était Keneysien : il était impensable, voire ridicule, de ne pas l'être. Les néolibéraux, animés par Hayek, Von Misses et Friedman avançaient masqués, essayant de fonder une école néolibérale dans les cercles universitaires, ce depuis avril 1947 et la fondation de la société du Mont Pelerin, où fut définie la stratégie révolutionnaire : prendre son temps (quelques décennies), former un corpus doctrinaire pour contrer le keynesianisme, former une élite universitaire qui infusera ensuite dans les milieux dirigeants via les think tank.
Le phénomène de la stagflation apparaissant à la fin des années 60, présentant une concomitance de l'inflation et d'une stagnation de la croissance - deux phénomènes antagonistes selon l'analyse keynesienne - , couplé à la baisse d'influence soviétique à la même période, ont donné l'impulsion aux néolibéraux pour s'emparer du pouvoir. Milton Friedman est devenu conseiller de Nixon, et quelque uns de ces élèves de Pinochet, puis bientôt de Tatcher.
Ce qui donna ce qu'on sait.
Le keynesianisme discredité, les business school ayant formé une nouvelle génération de dirigeants aquise à la cause, l'idéologie est devenue dominante, au même titre que le keynesianisme 10 ans plus tôt.
Les gauches européennes se sont adaptées, dans un contexte de chute du communisme et de rejet à la tentation totalitaire associée au marxisme.
Effectivement, on a en gros deux gauches :
- Une gauche antilibérale et anticapitaliste, qui ne propose rien de cohérent et qui veut le beurre et l'argent du beure
- Une gauche crypto-blairiste assumée ou non (en France) qui fait de l'accompagnement social au néolibéralisme.
Le problème est que la gauche n'a pas d'outil théorique sous la main pour proposer autre chose, car que peut elle faire ?
- Rejeter le capitalisme ? Pour quoi faire ? Et de toutes façon les populations sont contre.
- Réinventer un néokeynesianisme ? Pourquoi pas, il a évolué, mais les économistes sont toujours aussi paumés, et l'économie n'est toujours pas une sciences
- ...?
Bref, l'accusation néolibérale n'est pas si infondé que ça, même si un type comme Rocard sait parfaitement où il met les pieds.
Disons que sans être néolibérale, la gauche a acquis certains réflexes, en particulier avec l'acceptation du système de valeur qui va avec : la performance, la compétition, l'idée que sans aiguillon une administration devient improductive, etc...
« Il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens » - Jean-Claude Junker