• [^] # Re: propositions molles

    Posté par . En réponse au journal Dix propositions pour un droit d'auteur équitable. Évalué à 2.

    Peut être parceque avec le même investissement que vous avez mis chacun dans l'anglais, vous vous parleriez de manière fluide dans un très bon espéranto, avec un vocabulaire plus riche qui permettrais de bien exprimer le fond de vos pensés plutôt que de balbutier quelques mots qui expriment en gros vos idées?

    Et je rajouterai : dans une langue qui n'enferme pas la pensée dans des idiômes ou des façons de dire, mais qui permet le libre court de la pensée (ce qui est très important quand on ne s'exprime pas dans sa langue maternelle) via une structure linguistique reposant sur des mécanismes psycho-linguistiques naturels que l'on peut observer chez les enfants qui apprennent à parler (je parle du principe agglutinant de l'espéranto).


    Si l'on impose l'anglais dès l'école maternelle pour faire de nous de parfaits bilingues, il n'y aura plus ce problème, répondent en coeur tous les Zenitram du monde entier.

    Oui, mais ce serait un déficit culturel inimaginable. Premièrement, une langue porte en elle l'empreinte historique de la culture vernaculaire associée à la langue. Deuxièmement, les seuls objets culturels ayant un accès direct à toutes les consciences de l'Europe entière seraient ceux du monde anglophone. Et tout cela sous quel prétexte ? Celui de la position économico-hégémonique des États-Unis, qui n'ont pour seul mérite que celui d'être les seuls à avoir profité économiquement des deux guerres mondiales.

    Car oui, c'est la puissance économique qui décide de l'utilisation de telle ou telle langue. Pour preuve, la Chine, qui promulguait l'espéranto depuis un siècle, a changé de cap dans les années '90 et s'est engagée dans une politique sinophone en commençant par renvoyer son interprète chinois-anglais lors des conférences de presse du ministère des affaires étrangères, au grand dam de tous les journalistes qui ne parlaient pas un mot de chinois. Aujourd'hui, c'est une langue en vogue que beaucoup de jeunes veulent apprendre car elle est considérée comme le successeur de l'anglais. /o\ Ce qui explique la récente sortie de Gordon Brown qui projette de renforcer l'impérialisme linguistique anglophone, qu'il a qualifié de « cadeau pour le monde entier » (sic) sans que cela fasse grand bruit dans les médias européens. Où sont les journalistes ? Sûrement entrain de travailler leur anglais...

    Allons... Avec l'espéranto, il s'agit d'organiser un libéralisme linguistique et culturel, une concurrence libre et non faussée entre les langues, plutôt que d'imposer l'anglais. Personnellement je voudrais bien pouvoir étudier le flamand, mais je dois d'abord apprendre le luxembourgeois pour des raisons familiales, et évidemment parfaire mon anglais. Car je le lis couramment et tous les jours, mais j'ai bien du mal à m'exprimer dans la langue de Shakespeare.