Ta phrase me fait penser au TINA de Thatcher : une seule voie possible, rien d'autre que le libéralisme comme vision pour l'avenir.
Thatcher elle était seule à décider au Royaume-Uni. Si elle voulait imposer le libéralisme là-bas, libre à elle puisque le système politique bipartique lui en donnait le pouvoir. Par contre, elle n'a pas su l'imposer à l'UE, qui était fortement régulatrice à l'époque (époque bénie de la commission Delors). Même chose pour les traités européens : les textes possibles dépendent d'un rapport de force contextuel.
À ce propos, il n'est peut-être pas inutile de rappeler le gâchis des Non de 2005. Depuis toujours, les traités se sont négociés entre chefs de gouvernements et diplomates, à huis clos. C'est une méthode très peu démocratique, qui fait plus ressortir les intérêts étatiques que les intérêts des citoyens. Or, pour le TCE, une méthode très audacieuse a été retenue : celle d'une convention composée de deux parlementaires et d'un ministre par pays, de 16 députés européens (ce qui n'est donc pas rien dans le rapport de force) et, enfin, de deux membres de la commissions. Les représentants élus directement y étaient donc majoritaires. De plus, ils ont fait appel à la contribution de l'ensemble de la société civile européenne : syndicats, associations, etc. (On remarquera qu'Attac n'a pas jugé nécessaire de s'y rendre et a ensuite fait campagne pour le Non.) Et tout ceci en public, ce qui n'est pas une nouveauté anodine. C'était tout simplement la procédure de rédaction d'un traité la plus démocratique qu'ait jamais connue l'Europe.
Convoquer un référendum était une erreur politique grave, non seulement pour les raisons que j'explique dans mon autre commentaire, mais aussi parce que cela n'avait aucun sens de demander à un peuple s'il était pour ou contre un texte dont la teneur était fonction d'un rapport de force entre les représentants des différents pays et de ce fait était le fruit unique d'un contexte unique. La seule question intelligente, s'il fallait vraiment procéder par référendum, était : « Voulez-vous continuer la construction politique et démocratique de l'Union Européenne, ou pas ? ». Là on aurait respecté le travail de cette convention.
Au lieu de cela les deux Non ont renvoyé illico le texte à la moulinette de l'intergouvernementalisme avec les résultats lamentables que vous connaissez si vous avez suivi l'actualité. Le plan B était une couleuvre qu'aucun politicien un tant soi peu compétent n'aurait avalée.
Mais que l'on se rassure, le traité de Lisbonne, à l'instar du TCE, prévoit l'institutionnalisation de la révision des traités par la procédure de la convention usitée pour le TCE. Ajoutons à cela un pouvoir d'initiative octroyée à tous les parlements européens (nationaux + européen) et enfin la décision de convoquer une convention par un vote à la majorité simple au conseil.
Espérons que le nouveau parlement européen de 2009 en usera très tôt pour proposer un texte audacieux prévoyant une procédure de ratification unifiée et à la majorité qualifiée, et on se rapprochera d'une Union Européenne vraiment démocratique et dynamique sur le plan de la révision institutionnelle. Ce qui est à la base de tout.
[^] # Re: Je veux pas faire mon rabat-joie mais...
Posté par yoplait . En réponse au journal Le logo debian sur une pièce de deux euro.... Évalué à 0.
Thatcher elle était seule à décider au Royaume-Uni. Si elle voulait imposer le libéralisme là-bas, libre à elle puisque le système politique bipartique lui en donnait le pouvoir. Par contre, elle n'a pas su l'imposer à l'UE, qui était fortement régulatrice à l'époque (époque bénie de la commission Delors). Même chose pour les traités européens : les textes possibles dépendent d'un rapport de force contextuel.
À ce propos, il n'est peut-être pas inutile de rappeler le gâchis des Non de 2005. Depuis toujours, les traités se sont négociés entre chefs de gouvernements et diplomates, à huis clos. C'est une méthode très peu démocratique, qui fait plus ressortir les intérêts étatiques que les intérêts des citoyens. Or, pour le TCE, une méthode très audacieuse a été retenue : celle d'une convention composée de deux parlementaires et d'un ministre par pays, de 16 députés européens (ce qui n'est donc pas rien dans le rapport de force) et, enfin, de deux membres de la commissions. Les représentants élus directement y étaient donc majoritaires. De plus, ils ont fait appel à la contribution de l'ensemble de la société civile européenne : syndicats, associations, etc. (On remarquera qu'Attac n'a pas jugé nécessaire de s'y rendre et a ensuite fait campagne pour le Non.) Et tout ceci en public, ce qui n'est pas une nouveauté anodine. C'était tout simplement la procédure de rédaction d'un traité la plus démocratique qu'ait jamais connue l'Europe.
Convoquer un référendum était une erreur politique grave, non seulement pour les raisons que j'explique dans mon autre commentaire, mais aussi parce que cela n'avait aucun sens de demander à un peuple s'il était pour ou contre un texte dont la teneur était fonction d'un rapport de force entre les représentants des différents pays et de ce fait était le fruit unique d'un contexte unique. La seule question intelligente, s'il fallait vraiment procéder par référendum, était : « Voulez-vous continuer la construction politique et démocratique de l'Union Européenne, ou pas ? ». Là on aurait respecté le travail de cette convention.
Au lieu de cela les deux Non ont renvoyé illico le texte à la moulinette de l'intergouvernementalisme avec les résultats lamentables que vous connaissez si vous avez suivi l'actualité. Le plan B était une couleuvre qu'aucun politicien un tant soi peu compétent n'aurait avalée.
Mais que l'on se rassure, le traité de Lisbonne, à l'instar du TCE, prévoit l'institutionnalisation de la révision des traités par la procédure de la convention usitée pour le TCE. Ajoutons à cela un pouvoir d'initiative octroyée à tous les parlements européens (nationaux + européen) et enfin la décision de convoquer une convention par un vote à la majorité simple au conseil.
Espérons que le nouveau parlement européen de 2009 en usera très tôt pour proposer un texte audacieux prévoyant une procédure de ratification unifiée et à la majorité qualifiée, et on se rapprochera d'une Union Européenne vraiment démocratique et dynamique sur le plan de la révision institutionnelle. Ce qui est à la base de tout.
Là, on en tient des plans B.