• # Et le piratage aussi...

    Posté par . En réponse au journal Le libre présent dans le rapport Attali. Évalué à 2.

    OBJECTIF Assurer une rémunération juste des acteurs de l’économie
    numérique


    Les auteurs et interprètes des œuvres musicales et audiovi-
    suelles, aujourd’hui souvent téléchargées gratuitement sans que
    les créateurs soient rémunérés, doivent recevoir une juste rému-
    nération. C’est la condition de la croissance du secteur. Toutefois, il
    convient de distinguer clairement la copie physique de la copie
    virtuelle. La copie physique, qui revient à vendre ce qu’on ne
    possède pas, obéit à la législation sur la contrefaçon et la piraterie.
    La copie virtuelle, qui revient à donner ce qu’on a reçu, est d’une
    autre nature.
    La mise en place, pour répondre à cette lacune, de mécanismes
    de contrôle des usages individuels (filtrages généraux, dispositifs
    de surveillance des échanges) constituerait un frein majeur à la
    croissance dans ce secteur clé. Ces mécanismes exigeraient en
    particulier de modifier l’article L. 34.1 du code des communications
    électroniques sur lequel le Conseil constitutionnel a appuyé déjà
    nombre de ses décisions, qui fonde le principe du respect de la vie
    privée par les opérateurs. Même sous le contrôle d’une autorité
    indépendante ou d’un juge, ces mécanismes introduiraient une
    surveillance de nature à porter atteinte au respect de la vie privée
    et aux libertés individuelles, tout à fait contraire aux exigences de
    la création et à la nature réelle de l’économie numérique.
    D’autres pays ont jusqu’à présent privilégié une logique contrac-
    tuelle responsabilisant l’internaute et son fournisseur, démontrent
    qu’il est possible de concilier développement économique et liberté
    de téléchargement.
    En plus de la rémunération pour le téléchargement légal (que les
    internautes pourraient accepter volontairement, et sans contrainte
    ni surveillance, s’ils sont amenés à respecter le travail d’artistes
    qu’ils apprécient), la rémunération des artistes doit être assurée
    par des mécanismes d’abonnement et par les vrais bénéficiaires
    du téléchargement : les fournisseurs d’accès Internet.

    Faire verser une contribution aux fournisseurs d’accès Internet.

    Il convient de faire verser par les fournisseurs d’accès Internet
    une contribution aux ayants droit auprès des différentes sociétés
    de gestion collective des droits d’auteur, sous la forme d’une
    rémunération assise sur le volume global d’échanges de fichiers
    vidéo ou musicaux. Cette contribution, qui pourra être répercutée
    sur les usagers, assurera une rémunération juste des artistes, en
    complément des revenus du spectacle vivant, des CD, des DVD,
    des abonnements au téléchargement et de toute autre source de
    revenu à venir, sans pour autant pénaliser le développement d’In-
    ternet.