• # Logiciels Libres et patates douces

    Posté par . En réponse au journal Les licences libres sont inadaptées.. Évalué à 4.

    Dans logiciel libre il y a logiciel et il y a libre.

    Comme c'est du logiciel, il y a des développeurs qui font du code, des applis, des libs. Et ça teste, ça debug, ça recommence, ça fork, ça expérimente, ça se réunit... à l'image d'un bouillon de culture, d'un écosystème, d'un jeu de la vie. À chacun son image selon ses références. Certains se plaignent, trop de choix, pourquoi plusieurs bureaux ? tant d'éditeurs de texte ? pourquoi re-faire ce qui existe déjà plutôt que de participer à l'existant ?
    Pour quiconque un peu au fait de l'histoire du logiciel libre ces questions sont récurrentes et sans fondement. Sans fondement puisque justement le logiciel libre s'est développé à partir d'un foisonnement. Il faut essayer, tester, casser et puis refaire. On ré-invente la roue alors ? Non, et c'est justement parce qu'on ne ré-invente pas la roue tous les matins, parce qu'on partage, qu'un groupe de gens peuvent se lancer à améliorer leur vélo quitte à adapter le concept de roue à leur nouvelle bécane. Va donc demander chez Mozilla si ils ne regrettent pas d'avoir complètement ré-écrit un navigateur (firefox), quand existaient déjà des navigateurs libres. Pour le code, la diversité est une richesse. Pas toujours, certes, il y a des projets en mal de contributeurs, des forks destructeurs. Mais c'est ce mécanisme apparemment chaotique qui a permis au libre d'être ce qu'il est aujourd'hui. Je ne développerai pas l'état du libre, les news de ce site, entre autre, témoigne de la vitalité et de l'importance de logiciel libre. Un des éléments qui a permis ce phénomène est la mise en place assez tôt dans l'histoire du logiciel libre de licences qui permettent de faire, qui donnent des droits aux utilisateurs (au sens large, dev compris). Et d'où viennent ces licences ?

    Dans logiciel libre il y a libre. Et pour être libre, il a fallu prendre et donner des droits. Sous la forme de licence. Comme pour le logiciel, la première version de la licence a été testée et a permis la création de versions ultérieures, d'amélioration, de forks, d'autres licences. Écriture, ré-écritures, évolution(s). Il n'est pas plus facile d'écrire une licence qu'un logiciel. Il est encore plus difficile de les faire vivre. Et bien sur il a fallu que ceux qui écrivent des licences les respectent. Condition sine qua none pour que d'autres les respectent à leur tour.

    Ainsi, la multiplication des licences n'est pas un épiphénomène en relation avec l'ego de je ne sais qui, ni un obstacle au logiciel libre mais une preuve qu'il existe, voire une condition nécessaire à son épanouissement. Le temps passer à écrire des licences EST du temps passer à faire vivre le logiciel LIBRE.

    Il n’y en aurait qu’une [licence], le logiciel libre n'existerait que dans les neurones de RMS. J’aime bien les logiciels libres non pas parce que ce sont des logiciels mais parce qu’ils sont libres. D'où la relation avec les patates douces :
    http://www.framasoft.net/article1978.html