• [^] # Re: Mauvais problème

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal Le libre et... le libre. Évalué à 3.


    Que tu sois contre la propriété privée. Soit. Mais ne confond pas culture, informations et 1⁄2uvre d'esprit.


    Lis plus attentivement ce que j'ai écrit tu verras que je n'ai écrit nul part mon opinion sur la propriété privée, concept qui n'a de rapport avec la propriété intellectuelle qu'une ressemblance trompeuse dans la dénomination.


    Mein Kampf est l'1⁄2uvre de l'esprit d'Hitler, appartient-elle à tous les esprits du monde ?

    Non, seulement aux personnes qui font l'effort d'étudier l'1⁄2uvre en question. En l'étudiant il se l'approprie, car ce qui se forme dans leur esprit au moment de la lecture du livre est une pensé tout à fait unique, c'est l'interprétation de l'1⁄2uvre par le lecteur. Pour une 1⁄2uvre donnée il existe une infinité d'interprétation possibles de celles-ci. Je pourrais très bien concevoir une langue qui si j'interprétais «mein kampf» avec, une fois traduis en français donnerais un livre d'hymne à l'amour.

    Une information (1⁄2uvre, savoir, etc.), c'est un signifiant, un signifié et un contexte donné. Si tu changes l'un des éléments, tu n'as plus la même information. Or il n'existe pas en ce monde deux esprits identiques, d'où ce que je disais.

    Ma conclusion qui n'engage que moi, c'est que la propriété intellectuelle repose sur l'ignorance de ce qu'est l'information.


    Les 1⁄2uvres de Nietzsche ont été détournées par sa s1⁄2ur pour servir l'idéologie nazie. si on part du principe qu'une 1⁄2uvre d'esprit n'appartient à la personne qui l'a conçue, au sens où tout le monde pourrait la modifier au nom de l'auteur original (je ne parle du fait de reprendre, de s'inspirer des idées d'un auteur, chose naturelle et absolument nécessaire, on ne pense pas à partir de rien) alors les pratiques d'Elisabeth sont parfaitement morale. Seulement, j'en doute.

    C'est un très bon exemple de pourquoi il ne faut pas bêtement prendre pour argent content un argument d'autorité.

    Le problème que tu soulèves ici est donc une pseudo usurpation d'identité (je parle au nom d'un tel en reprenant ces mots, mais en les sortant de leur contexte), ce par ailleurs confirme bien ce que je disais plus haut.

    De plus tu dis qu'elle détourne ces propos, je ne connais pas le sujet et ne peux donc pas en juger, mais peut être qu'elle dit tout simplement avec la sincérité la plus totale, l'interprétation qu'elle fait de l'1⁄2uvre de son frère.


    Un programme informatique n'est pas une 1⁄2uvre d'esprit.

    Oui, je sais, il y en a qui codent avec leurs pieds, mais même dans ces cas là, je t'assure que les pieds sont toujours commandé par un esprit (plus ou moins brillant).


    Mes exemples ne sont pas très bons, en y repensant.

    Ils sont juste représentatifs de l'argumentaire sous-jacent. :)


    Certes, une 1⁄2uvre d'esprit naît de la confrontation avec les autres esprits. Mais cette 1⁄2uvre reste liée à une personne particulière.

    Une 1⁄2uvre reste liée à une personne particulière tant que personne d'autre n'a connaissance de cette 1⁄2uvre.


    Sauf dans les cas d'écriture d'ouvrages à plusieurs mains (Deleuze Guattari etc.), mais il s'agit là d'un dialogue, d'un travail commun.

    Mais il s'agit toujours d'un travail commun! Nous sommes des nains sur l'épaule d'un géant, tu n'as pas compris cette phrase. Si des gens peuvent écrire aujourd'hui, c'est parceque des gens ont créé des alphabets (ou autres glyphes) avant eux.

    Croire qu'on conçois son 1⁄2uvre tout seul dans son coin à partir de rien, c'est au mieux du narcissisme qui met en incapacité à voir ce que l'on doit aux autres, au pire de la mauvaise foie qui transcrit un profond dédain de son prochain.


    Une 1⁄2uvre de pensée ne peut pas dire : voilà, faites de moi ce que vous voulez, dénaturez-moi.

    Alors il vaut mieux la détruire tout de suite ton 1⁄2uvre, la garder dans la sphère privée est encore trop risqué!

    En tout cas surtout ne publies jamais une 1⁄2uvre, parceque c'est la mettre à la disposition de milliards de personnes qui la «dénaturerons» à l'instant même où ils en auront pris connaissance.


    On peut s'inspirer, dialoguer, critiquer une telle 1⁄2uvre, mais on ne peut pas la transformer à sa guise comme on transformerai un logiciel libre en fonction de ses besoins.

    Et bah si on peut. Si on pouvait pas, on serait pas la à discuter de loi qui ne correspond à aucune réalité. Oui, je peux écrire une fin alternative à harry potter,
    <ATTENTION SPOIL INVERSE>
    Harry Potter was dead, killed by Voldemort's curse, who stood whith two wands in his hand, staring down at his enemy's shell.
    </ATTENTION SPOIL INVERSE>

    À t'écouter on croirait que je viens de faire au choix :
    * une performance allant à l'encontre de ce qui est physiquement possible
    * un crime contre l'humanité

    Je fait qu'exprimer une pensé qui me traverse, que ce soit par une fin alternative de deux lignes ou par un fin alternative de 20 chapitres, m'en empêcher, c'est m'empêcher de laisser libre cours à l'expression de mes pensés, c'est opprimer ma liberté d'expression.

    À partir du moment où on choisis d'accorder des droits de monopole sur de l'information, on choisis d'opprimer la liberté d'expression.