• # À propos de l'agée péèlle.

    Posté par . En réponse au journal Le libre et... le libre. Évalué à 9.

    il faut être aveugle pour ne pas voir tous les débats qui se cachent (voire pas du tout) dans les recoins d'une pièce qu'on pensait entourée de murs aux contours simples, appelés "liberté" (désolé pour l'oxymore, mais quitte à être iconoclaste, autant se lâcher !).
    Un oxymore ? Où ça ?

    En particulier, à ce moment naît un de nos plus vieux trolls : la BSD contre la GPL.
    En fait le vrai troll, c'est licences copyleft contre licences libres non copyleftées (ou permissives). La licence GPL et les licences BSD1 ne sont que les licences les plus représentatives de chacun des deux courants.

    Ce troll correspond en fait à un désaccord sur ce que signifie être libre : est-ce que la liberté, c'est laisser faire ce qu'on veut, ou bien interdire (!) d'empêcher autrui de faire ce qu'il veut ?
    Pas exactement. Le "interdire" ne correspond pas au copyleft, mais plutôt au côté copyright. Le copyright ou droit d'auteur ne t'autorise pas à reprendre sans contre partie (financière ou autre) ou sans l'accord de l'auteur ce qu'il a créé.
    Le copyleft ne t'interdit rien du tout. Il t'autorise à utiliser du code que tu n'as pas écrit sous certaines conditions (de même avec l'AGPL). Le copyleft c'est un cadeau qu'on te fait à l'origine. Personne n'est obligé de mettre son code sous GPL. Si tu n'es pas d'accord avec les termes de la GPL, rien ne t'oblige à reprendre ce code et à le refaire toi même dans ton coin (ce que l'on appelle réinventer la roue). Si tu as de l'énergie à perdre, c'est toi que ça regarde...
    Une autre solution, c'est de reprendre du code libre non copylefté. Là les conditions sont bien plus laxistes (en gros tu recopie le nom de l'auteur et tu fais pratiquement ce que tu veux du code). Mais là encore c'est un cadeau que te fait le développeur. Rien ne l'oblige à le faire.

    Par ailleurs un autre avantage des licences libres c'est qu'elles sont génériques. Tout le monde peut y avoir accès dans les même conditions. Pas besoin d'aller négocier avec les auteurs un par un. Dans le cas des licences les plus répandues (GPL, BSDs, X11, APL, ...), c'est encore pire, on connaît une licence, on peut utiliser N millier de logiciels utilisant ces licences (au lieu d'avoir un CLUF différent par logiciel, CLUF qui s'étale généralement sur 50 pages incompréhensibles...).

    C'est un peu facile de considérer comme acquit quelque chose de volontaire.

    Cela me fait penser à une personne que je connaissait peu. Elle voulait un réseau minimal (deux ordis, un routeur, un serveur, ...). Je me suis proposé de lui faire et de lui installer (et même lui fournir le routeur et le serveur), si c'était sous nux. Il a trouvé le moyen de se plaindre et de me faire passer pour un "dictateur"...

    "M'enfin rien ne t'interdit d'aller à carrefour acheter ton matériel et de demander à d'autres amis ou une société spécialisée pour faire l'installation de tout ça", lui rétorqué-je en contenant laborieusement l'allégresse jubilatoire inhérente à ma subtile victoire augmentative devant la mine déconfite et hautement circonspecte de mon adversaire du moment.

    Le parallèle avec la vaccination est frappant : on injecte des antigènes (des restrictions) afin de protéger d'une vraie maladie (la propriétarisation).
    Encore une fois, je vois ça plutôt comme de l'hérédité. Un code hérite des propriétés de ses parents.
    La référence virale est malvenue. On se rapproche de l'aspect "gpl = virus" défendue par certains acteurs du logiciel privatif.

    Au point qu'on peut se demander si cette licence est libre.
    Demandons nous...
    Cette licence garantit-elle les 4 libertés du logiciel libre (ou les 10 libertés du logiciel open source) ? La réponse est oui, c'est donc une licence libre.

    Le point sujet à débat concernerait la liberté d'utilisation et de modification, vu qu'on force l'utilisateur côté serveur qui aurait modifié le logiciel à faire quelque chose en particulier, à savoir mettre à disposition ses modifications.
    Encore une fois, on ne force rien du tout. L'utilisateur côté server préfère utiliser du code déjà fait plutôt que de s'embêter à redévelopper tout depuis le début. Si cela ne lui plait pas, libre à lui de ne pas utiliser le code. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
    Beaucoup trop de personne veulent le beurre et l'argent du beurre.
    Est ce que tu vas voir ta banque pour lui emprunter de l'argent et ensuite te plaindre car il y a des intérêts ? Si tu ne veux pas des intérêts, tu n'emprunte pas.

    Pourtant, quand on regarde de près les licences de ce mouvement (en particulier les CC), peu pourraient réellement être qualifiées de libre au sens FSF : en effet, de nombreux droits ne sont que rarement accordés à l'usager (droit d'utilisation commerciale, droit de modification), et il manque certaines obligations pour celui qui (re)distribue : à savoir fournir le matériel qui permet de fabriquer l'½uvre dans le format final (les sources dans le cas du logiciel).
    d'accord avec ce point (attention toutefois, toutes les licences CC ne sont pas forcément NC). Mais cela ne me dérange pas outre mesure de ne pas pouvoir commercialiser une oeuvre. Tant que je peux utiliser du code, des photographies, des vidéos, des textes, de la musique à titre privé, ça me semble déjà très bien.
    Après le fait qu'on puisse en faire du commerce ou pas, peu m'importe.


    Pour la légalité, que dire d'un logiciel sous licence libre utilisant une technique brevetée (dans les pays où c'est possible) ? Que dire d'un logiciel sous licence libre utilisant une technique sous NDA ? Que dire d'un logiciel sous licence libre utilisant une technique de contournement de protection interdite par la loi ? [...] Pour les considérations techniques, est-ce qu'un logiciel sous licence libre conçu pour un équipement matériel empêchant l'exercice d'une des quatre libertés (exemple, somme de contrôle pour empêcher l'exécution de versions modifiées, tivoïsation) est un logiciel libre ?
    La dernière supposition s'appelle Tivoisation. Pour le reste tes considérations sont courantes. On les retrouve partout.

    C'est la différence entre respecter l'esprit de la loi ou la loi, l'esprit d'un contrat ou le contrat etc. Cela fonctionne dans de nombreux domaines.

    Dans tous les exemples que tu donnes, la GPL(v2) est respectée, mais pas son esprit. C'est la même chose avec la free qui ne distribue pas les sources de sa freebox car techniquement elle lui appartient. Légalement ils sont dans leur droit et rien de les en empêche (du moins tant que GNU n'as pas passé une grande partie de ses logiciels en AGPL), mais ça ne respecte pas l'esprit de la GPL.

    Ce qui répond pour le coup à ta question. Est ce le rôle d'une licence de lutter contre ces dérives ? Ben à partir du moment où des personnes utilisent de failles pour contourner l'esprit de la licence, alors une autre licence peut les empêcher de le faire.

    Je ne sais pas si c'est le rôle d'une licence de faire ce travail, mais ça me semble légitime comme réaction. La première réaction qui me semble illégitime (légale, mais illégitime), c'est de contourner l'esprit de la loi ou du contrat.


    [1] Pour rappel : LES licences BSD et non pas LA BSD. Dire "la BSD" fait l'amalgame entre la famille d'OS (open, free, net, dragonfly, ...), l'UNIX historique et la famille de licence.
    Par ailleurs ne pas faire la différence entre les licences BSD sème la confusion dans l'esprit des utilisateurs de licences qui peuvent utiliser la licence BSD originale (4 clauses “4-clause BSD license”) en pensant que c'est une licence libre, ce qui n'est pas le cas. Seules le sont la licence BSD modifiée (ou 3 clauses “3-clause BSD license”, qui est pratiquement l'équivalent de la licence X112), ou la licence freebsd (ou 2 clauses : “2-clause BSD license”.) Les deux dernières sont par ailleurs compatibles avec la GPL. La licence BSD 4 clauses ne l'est pas, puisque non libre.

    [2] D'ailleurs en parlant de X11, elle est parfois appellé MIT. Il vaut mieux éviter, le MIT ayant utilisé plusieurs licences, et préciser quelle licence exactement (X11, expat, ...)