• [^] # Re: mha

    Posté par . En réponse au journal L'espéranto et les décideurs. Évalué à 10.

    Je ne peux pas m'enpêcher de répondre à ce commentaire très pertinent dans le sens ou il pose des questions honêtes, sans tomber dans le travers du jugement à priori (ce qui justifie le « Vous pouvez d'ailleurs constater que même des gens qui ne connaissent quasiment pas [mettre ici n'importe quoi] sont capable de troller comme des malades » ).

    Est-ce grave ? Bah l'anglais ou autre chose, l'essentiel est qu'il y ait une langue. J'ai pas de préférence. J'en ai chié pour apprendre l'anglais, en fait c'est surtout que je ne faisais pas d'effort. J'ai maintenant un niveau mauvais qui me permet de me débrouiller (avant c'était lamentable).


    Eh ben comme tu le dis, tu en as chié pendant des années, en faisant plus ou moins d'effort, pour un résultat plutôt décevant. Sous l'angle du rapport coût/résultat, avouons que c'est très regrettable. Et si on multiplie cet effort par le nombre de gens qui le font, en ajoutant les coûts induits par les efforts de traduction de documents par des professionnels, on arrive à un gachis phénoménal. Pour plus d'info, se renseigner sur les coûts au sein de l'Union Européenne. Voir la petite vidéo "Les langues, ça coute" http://fr.youtube.com/watch?v=Z7IeoNi79wk (il y a toute une série de vidéeo par la même peronne, je vous laisse regarder si ça vous interesse)

    A priori l'esperanto a des avantages. Il parait que c'est plus simple. Surement, je veux bien le croire. Mais c'est peut être plus simple pour nous latins, mais pour un anglo saxon ou un germain ca restera aussi simple ? (j'en sais fichetrement rien, je pose la question). Le truc est qu'il me semble plus difficile de forcer tout le monde à apprendre l'esperanto, plutot que la langue (aujourd'hui l'anglais) international de "fait".


    L'espéranto a un vocabulaire à base latine, germanique et slave. À savoir que ces 3 ensembles ne sont pas ditsincts, puisque des racines vont se retrouver dans les 3. Concernant par contre la structure de la langue, elle va ressembler au fonctionnement du Hongrois (langue non indo-européenne), ou au Chinois, grâce aux mécanismes de composition (préfixes/suffixes par exemple).
    Quant à forcer tout le monde à apprendre l'espéranto, ce ne peut être qu'une décision politique. En 1922, la question a été posée à la Société Des Nations (l'ONU de l'époque) par des représentants de certains pays. Le pays dont la langue était la langue diplomatique a alors pesé de tout son poids polique afin de faire échouer la résolution. La France avait alors tout interêt à éviter que le français, déjà en perte de vitesse, ne perdre de son aura.

    Un récent rapport a fait apparaite que la Grande Bretagne encaissait chaque année plus de 10 milliards d'euros grâce à l'hégémonie de l'apprentissage de l'anglais (tourisme linguistique, profs d'anglais, revues scientifiques, etc). Antant dire que politiquement, c'est pas gagné. D'autant plus que si un seul pays fait l'effort, ça n'a pas grand interêt, il faudrait que plusieurs pays le fasse ne même temps. Quoique la Hongrie propose bien l'espéranto en option au bac, et cet option est beaucoup choisie car elle permet de gagner facilement des points !

    Voila, pour conclure, je dirais juste que l'essentiel pour moi, est que tout le monde fasse l'effort d'apprendre une langue pour se faire comprendre. L'anglais ou une autre, je m'en fou...


    Tu pointe quelque chose d'interessant, c'est que chacun doit faire un effort pour comprendre les autres. Mais dans le cas de l'anglais, certains n'ont pas besoin de faire cet effort, puisqu'ils sont nés avec cette langue. C'est bête à dire mais... c'est pas juste. Pendant que les petits français, les petits allemand et les autres passent plus de 150 heures par an pendant 10 ans a étudier l'anglais (pour un résultat plus que déplorable), les petits anglais font autre chose. Nos chercheurs, pas forcément bon en langue puisque ce n'est pas leur métier, perdent du temps à comprendre les publications de leurs collègues, et j'en passe. Dans le cas de l'espéranto, chacun fait un pas vers l'autre, et le temps d'apprentissage est de l'ordre de 10 fois moins grand que pour l'anglais.

    Au final, à partir du moment où l'on pratique, ça rentre. Et ce qu'il y a bien avec les anglais, c'est qu'ils ne sont pas intégristes et conservateurs avec leur langue comme les français (mais je comprends la position pour le français, étant donnée que ça n'est pas une langue internationale). Un anglais, en général, il s'en fou que tu fasses quelques fautes de grammaire.


    Tout à fait d'accord, à partir du moment ou l'on décomplexe de faire des fautes, on a l'impression de mieux progresser. Encore faut il être dans un milieu ou faire un erreur d'expression n'est pas important, donc certainement pas dans le milieu diplomatique ou dans le cadre de négociations commerciales pointues.

    Concrêtement, aujourd'hui l'espéranto peut être utilisée pour discuter avec des gens sur internet, ou lors de voyages à l'étranger en se faisant héberger gracieusement par d'autre espérantophones volontaires (c'est le Pasporta Servo). Je dirai que c'est une langue de passion et de conviction... un peu comme GNU/Linux en fait.