• [^] # Re: Et a coté

    Posté par . En réponse à la dépêche Linux plus fort que les « mauvais » Unix. Évalué à 3.

    Entièrement d'accord !

    Administrer le réseau d'une société de 10.000 personnes est une tâche faisable par une personne seule, dans sa partie logicielle. Etre webmestre d'une grande société ou même un grand serveur Minitel national, par exemple, peut être confiée à une personne suffisament compétente et motivée.

    Un grand patron dirige beaucoup plus de monde, a beaucoup plus de responsabilité, et pourtant, il ne peut pas automatiser les tâches répétitives comme sait le faire l'informaticien compétent.


    Par contre, faire du support technique parce que les logiciels ne sont pas fiables est une tout autre affaire, et là oui, cela demande du monde au prorata du nombre d'utilisateurs. Je le sais pour avoir exercé le métier pendant deux ans.


    Mais j'insiste sur le fait que le problème est bien là: Il y a une différence entre un NT à rebooter chaque semaine "pour l'hygiène" (relancer sa station chaque semaine est préconisée dans la lettre aux utilisateurs de Microsoft) et utiliser une Debian ou autre distrib bien configurée, tellement stable qu'on leur fait faire des concours d'uptime ! (D'ailleurs, comme ce dernier aspect est impensable chez Bill, on va argumenter que cela ne sert à rien). Je cite MS pour l'exemple parce que leurs logiciels sont réputés pour être sortis à la va-vite, et que leur domination les rend représentatifs de l'activité professionnelle dans l'informatique.

    Mais c'est vrai aussi au niveau du hardware: J'ai visité les tours de plus de 40 étages d'une grande compagnie d'assurance: Eh bien il y a UN SEUL GRAND LAN Ethernet avec à chaque étage une baie de brassage en câbles hermaphrodites (type vieux Token, avec des câbles de presque 1cm de diamètre).

    Coller un routeur Linux à chaque étage permettrait:

    - De répartir et diminuer singulièrement la charge réseau.
    - De monitorer instantanément depuis le bureau du root les anomalies du réseau.
    - D'intervenir à distance dans 90% des cas, voire même de modifier éventuellement les aiguillages déjà en place.

    Bref un mini-internet à l'échelle d'un site. Si tout le monde utilise le TCP/IP, autant en profiter.

    Sans compter que tout cela ne reposerait pas sur un MS-SMS (C)(R)(TM)2000'Edition, mais sur les outils habituels, ce qui permettrait de faire face à l'imprévu.


    Si l'on demandait aujourd'hui à un constructeur automobile de fabriquer une voiture fonctionnant à l'energie solaire, avec une autonomie de trois jours sur batterie, non polluante, non bruyante, facile à recycler, avec une protection anti-accident efficace à 99%, modulaire, dont on pourrait changer la carrosserie tous les ans, et que l'on pourrait transformer en Smart ou en camion-benne selon l'humeur du jour, on nous dirait de redescendre sur terre.

    Or, l'équivalent de ce rêve dans le métier de l'informatique est possible ! On travaille aujourd'hui avec des processeurs tournant dans la gamme des micro-ondes, alors qu'on atteignait à peine la bande FM il y a 6 ans, et que l'on touchait timidement au Mhz il y a 15 ans.

    Tout cela pour faire tourner un traitement de texte dans la majorité des cas.

    Alors ok:
    - Ca fait fonctionner le marché et permet d'en faire profiter les gens compétents.
    - Ca donne du boulot, mais ca c'est un autre débat.

    Mais bon:
    Que le commun des mortels préfère travailler sur une belle interface graphique avec un beau traitement de texte, qui sorte une lettre magnifique sur une belle laser, mais qui ne sache rien faire d'autre, je comprend, parce que c'est le sujet même du travail de bureau et que ces gens n'ont pas envie de devenir de force des informaticiens.

    Mais je suis contre le fait de maintenir joyeusement les (prétendus) administrateurs systèmes et réseau dans l'ignorance, ou bien qu'on les forme à des techniques peu efficaces mais qui présentent bien car elles collent à l'esprit "management" et à la hiérarchie standard des entreprises. La baisse de productivité que cela implique est peu être suffisament minime dans des secteurs d'activité habituelles pour être calculée comme étant un juste milieu, mais quand je vois ce que cela nous fais perdre dans l'informatique, je trouve que cela frise l'ingérence.

    Amitiés à tous.