• # Petite mise au point personnelle

    Posté par . En réponse au journal [HS] "L'enseignement catholique fait le plein". Évalué à 3.

    Pour avoir connu les deux mondes, et fait alternativement ma scolarité dans des établissements publics et privés, je vais donner mon avis sur la question afin de faire taire certains poncifs à la peau dure.

    Tout d'abord, si mes parents m'ont mis parfois dans le privé, ce n'était pas parce qu'ils étaient des « bourges » (mon père était fonctionnaire et ma mère femme au foyer, tirez-en les conclusions que vous voulez), mais plutôt que pour diverses raisons, c'était le meilleur compromis qualité de l'enseignement/distance de la maison. En France cela n'a peut-être pas d'importance, mais en Afrique par exemple, il en va tout autrement.

    Contrairement à ce que je peux régulièrement lire, et bien qu'étant passé par au moins quatre établissements privés, je n'ai jamais été obligé de suivre un quelconque cours religieux, et jamais un instituteur ou professeur ne s'est avisé de nous faire du prosélytisme. Pour ceux qui étaient intéressés, et donc uniquement pour ces volontaires, il y avait des cours de catéchisme et autre en plus. Pour les jeunes comme moi, aucune différence entre une école privée et publique donc. Enfin, aucune c'est vite dit.

    Je vais prendre l'exemple d'un pays d'Afrique où je suis allé, et où j'ai connu un collège privé (cinquième) et un autre public (quatrième). Le collège privé manquait cruellement de moyens, ce qui se ressentait au niveau des infrastructures (pas de fenêtres mais de simples ouvertures, pas de pelouse mais uniquement du sable, pas de coin ombragé, pas de CDI, etc.), mais l'enseignement y était de grande qualité, et aussi bien pour les populations locales que nous, petits français. Ainsi, nos classes étaient mixtes (composées d'environ deux tiers de locaux pour un tiers de français), et le niveau était élevé. Les élèves locaux étaient donc formés aussi bien que nous, et avec des moyens identiques. Aucun favoritisme donc, et un niveau global tiré vers le haut (et ce jusqu'aux cours de latin).

    Lorsque je suis passé en quatrième, je me suis retrouvé pour des raisons que j'ignore dans un établissement public. Là, les moyens étaient autrement plus importants (on avait de la pelouse, quelques arbres, des fenêtres coulissantes, ah oui, j'oubliais même les quelques ordinateur TO/MO du plan informatique français qui ornaient le CDI, etc.). Les classes étaient toujours mixtes (composées pour moitié de français), mais le niveau y était déplorable. Les profs s'adaptaient à ce qu'ils s'imaginaient être le niveau de ces « bons petits nègres », et nous faisaient des cours à la teneur inimaginable qui ferait bondir bon nombre ici.

    Par exemple, je pense que jamais il ne vous aura été possible d'entendre un prof d'histoire et géographie vous expliquer l'origine des couleurs de peau comme cela nous a été conté. En substance, « lorsque Allah décida de créer l'homme, il mélangea des ingrédients et mit la pâte au four. Une fois la cuisson achevée, il en ressortit un homme tout blanc, au goût mauvais. Il le jeta et en conclut qu'il n'était pas assez cuit. Il se lança dans l'élaboration d'un nouvel homme en suivant la même recette, mais en le faisant cuire davantage. Il en ressortit un homme tout noir, au goût meilleur, mais cependant trop cuît. Il en conclut qu'il était trop cuit, et entreprit d'en fabriquer un nouveau, à la cuisson parfaite. Il en ressortit un homme à la peau bronzée et au goût délicat, qu'Allah nomma "Égyptien". »

    Les profs étaient souvent absents, voire n'hésitaient pas à s'absenter en plein cours (ou à fuir l'établissement en douce et à abandonner les élèves lorsqu'il y avait de l'agitation, comme pour les cents jours du bac), certains d'entre eux parlaient aux locaux comme à des mongoliens (ce qui -après coup- devait être l'expression d'une forme de racisme), et je n'ose même pas évoquer le cas de notre prof d'anglais qui s'est tapé une fille de notre classe durant l'année scolaire (on a quel âge en cinquième déjà ?). Les cours se faisaient au ralenti, de manière à s'adapter au rythme des cancres, ce qui nous faisait faire du sur-place plus qu'autre chose. Évidemment, lorsque je suis revenu en France après ça, mon niveau scolaire était plutôt mauvais (du niveau de la cinquième en fait, puisque je n'avais presque rien appris de mon année de quatrième), mais bon là n'était pas le problème.

    Le problème, c'est que l'établissement public dans lequel mes parents voulaient m'inscrire pour ma troisième refusait de me prendre, simplement parce que j'étais « passé par un établissement privé dans ma scolarité »... Belle mentalité ! Bilan des courses, ils m'ont inscrit dans un autre établissement public, à l'autre bout de la ville, qui lui n'a pas fait de difficulté, et qui de toutes façons avait bien meilleure réputation. J'ai retrouvé cette haine du privé à de nombreuses reprises dans les établissements privés. De nombreux profs du public ont passé leur temps à m'en mettre plein la figure pendant les cours et à me saquer sur les notes « parce que je venais du privé » (ou parfois aussi « parce que j'avais un père militaire »). Ce n'est que quelques années après ces faits, maturité aidant, que j'ai pris conscience de leur importance, et du fait qu'ils étaient totalement inacceptables.

    Heureusement tout de même que ce phénomène n'était pas généralisé, mais quant même, je crois qu'il va falloir qu'à un moment l'Éducation Nationale se sorte les doigts du cul et se rende compte que le « problème » vient d'elle, ce qui ne semble pas encore être le cas.