> Microsoft a "remplacé" IBM, parce que le marché
> le plus juteux s'est décalé du hardware au
> software.
La suite logique ? L'entrée dans l'ère de la location, au sens large. La production de software de me rapporte plus rien ? Je me déplace vers la location de logiciels. Je produis des disques, ça me rapporte encore beaucoup mais je sens le vent tourner ? Je passe aux formules d'abonnement sur internet...
Quand je dis au sens large, je pense à des cas qu'on ne rattache traditionnellement pas aux services. Un exemple: les semenciers. Il y a 50 ans, les semences ne coûtaient rien : l'agriculteur conservait une petite partie de sa récolte pour la semer. Les semenciers ont réussi à créer un système complètement verrouillé, dans lequel il est interdit de resemer leurs graines. Les céréaliers sont condamnés à acheter tous les ans des semences à leur semencier. Ca ressemble fortement pour moi à la vente d'un service, le "droit à semer pour l'année", puisque c'est ce droit qui coûte le plus cher, les semences en question ne coûtent quasiment rien à produire.
Il me semble que c'est une révolution à tous points de vue, en particulier une révolution idéologique. Les sociétés occidentales ont eu plus ou moins de mal à intégrer la logique capitaliste à leur fondement, mais c'est maintenant chose faite. On le constate tous les jours: le petit braqueur passe en comparution immédiate et risque la prison ferme, tandis que le violeur ou l'assassin s'en sort couramment avec du sursis. La défense de la propriété privée passe avant tout.
La logique qui se met en place entre en contradiction avec tout ca. Aujourd'hui, j'achète mon disque, j'en suis le propriétaire. Demain, j'achèterai quoi ? l'accès à de la diffusion de musique ? Et je possèderai quoi ? rien. Le support ne m'appartiendra pas. De même que les céréaliers ne peuvent plus rien faire d'autre que semer leurs graines (la "copie", c'est-à-dire la production de semences à partir de ces semences, leur est interdite), je ne pourrai rien faire d'autre avec mon abonnemennt qu'écouter la musique.
Je ne suis pas juriste, j'ai donc du mal à imaginer les conséquences du développement de cette logique. La constitution de 1958 ajoute un article qui assure la défense de la propriété privée. Va-t-il nous falloir un article pour défendre les droits du "loueur de service" ? De même, l'image du propriétaire est bien ancrée dans notre société (viens chez moi, je te montre ma collec de cd), c'est même la finalité du capitalisme... mais celle du "loueur" ?
[^] # Re: Ca va payer ...
Posté par bobert . En réponse à la dépêche tu me payes, je te bride .... Évalué à 7.
> le plus juteux s'est décalé du hardware au
> software.
La suite logique ? L'entrée dans l'ère de la location, au sens large. La production de software de me rapporte plus rien ? Je me déplace vers la location de logiciels. Je produis des disques, ça me rapporte encore beaucoup mais je sens le vent tourner ? Je passe aux formules d'abonnement sur internet...
Quand je dis au sens large, je pense à des cas qu'on ne rattache traditionnellement pas aux services. Un exemple: les semenciers. Il y a 50 ans, les semences ne coûtaient rien : l'agriculteur conservait une petite partie de sa récolte pour la semer. Les semenciers ont réussi à créer un système complètement verrouillé, dans lequel il est interdit de resemer leurs graines. Les céréaliers sont condamnés à acheter tous les ans des semences à leur semencier. Ca ressemble fortement pour moi à la vente d'un service, le "droit à semer pour l'année", puisque c'est ce droit qui coûte le plus cher, les semences en question ne coûtent quasiment rien à produire.
Il me semble que c'est une révolution à tous points de vue, en particulier une révolution idéologique. Les sociétés occidentales ont eu plus ou moins de mal à intégrer la logique capitaliste à leur fondement, mais c'est maintenant chose faite. On le constate tous les jours: le petit braqueur passe en comparution immédiate et risque la prison ferme, tandis que le violeur ou l'assassin s'en sort couramment avec du sursis. La défense de la propriété privée passe avant tout.
La logique qui se met en place entre en contradiction avec tout ca. Aujourd'hui, j'achète mon disque, j'en suis le propriétaire. Demain, j'achèterai quoi ? l'accès à de la diffusion de musique ? Et je possèderai quoi ? rien. Le support ne m'appartiendra pas. De même que les céréaliers ne peuvent plus rien faire d'autre que semer leurs graines (la "copie", c'est-à-dire la production de semences à partir de ces semences, leur est interdite), je ne pourrai rien faire d'autre avec mon abonnemennt qu'écouter la musique.
Je ne suis pas juriste, j'ai donc du mal à imaginer les conséquences du développement de cette logique. La constitution de 1958 ajoute un article qui assure la défense de la propriété privée. Va-t-il nous falloir un article pour défendre les droits du "loueur de service" ? De même, l'image du propriétaire est bien ancrée dans notre société (viens chez moi, je te montre ma collec de cd), c'est même la finalité du capitalisme... mais celle du "loueur" ?
eul'Bob