• [^] # Re: Vision simpliste

    Posté par . En réponse au journal « Nous allons ratifier l'accord de Londres sur les brevets ». Évalué à 6.

    Quand on parle de libéralisme pour insulter, on parle évidemment du néolibéralisme dogmatique (tout aussi dangereux que l'antilibéralisme dogmatique), et non pas du libéralisme auquel tu penses.
    Car j'ai bien l'impression qu'il ne faut pas mélanger les torchons et les serviettes (mais mon avis vaut ce qu'il vaut, n'ayant pas fait d'études politiques ou économiques !).

    Mon impression est qu'il existe des libéraux "dogmatiques" disant vouloir tout déréglementer pour améliorer l'efficacité de l'économie, tout en utilisant des arguments libéraux dévoyés (auxquels ils croient ou non, là n'est pas la question, puisque leur seul but est de justifier les mesures qui vont faire plaisir à leurs copains).
    Je qualifie ce libéralisme de dogmatique, car en effet la croyance dans l'efficacité du libéralisme est bien implantée dans l'opinion et en s'appuyant sur cette croyance et en évitant de trop gratter, ce discours permet de justifier des mesures qui au fond ne sont pas si libérales que cela, mais seulement pro-riches ou clientélistes. Peut-être que je me trompe, mais je pense que ce modèle politique/économique n'est soutenu que par des hypocrites et surtout par des "idiots utiles".
    Évidemment, comme ça finit par se voir que ce système ne profite qu'à quelques uns, et que ce discours se réclame du libéralisme, on en arrive naturellement, en France, à cet amalgame antilibéral auquel on est habitué (cela dit, j'imagine qu'il existe aussi de vrais antilibéraux).

    Le vrai libéral (en économie) est celui qui va défendre les mesures permettant de favoriser un marché concurrentiel qui garantit le maximum de libertés à tous les acteurs économiques, d'où le nom. Comme la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres, cela suppose une certaine réglementation, la même pour tout le monde, évidemment. Le crédo du libéral, c'est que l'efficacité économique (meilleure productivité, prix en baisse, innovation, ...) va émerger naturellement de cet état de concurrence libre et non faussée... Cela est souvent vrai, parfois faux (personnellement, je pense qu'une petite dose de dirigisme bien senti de temps en temps ne peut pas faire de mal !).

    Transposé au monde des brevets, le dogmatique défendrait une brevetabilité à la dure, où l'on est pas trop regardant sur la qualité et où le monopole conféré va durer. Le libéral préférerait une brevetabilité a minima encourageant l'innovation, mais empêchant les positions dominantes. Certains antilibéraux de gauche, voudraient, eux, j'imagine, complètement supprimer les brevets.