• [^] # Re: T'as un sens de l'humour...

    Posté par . En réponse au journal Aide pour blague au bureau. Évalué à 10.

    > Les prudhommes sont à l'avantage des salariés.

    C'est un (gros) cliché et un cliché inexact...

    Faire circuler ce genre de légende est assez irresponsable et vraiment dangereux parce que la conséquence directe c'est qu'on se retrouve avec des salariés qui arrivent comme des fleurs aux Prud'hommes, souvent sans avocat, et qui se font étriller et se retrouvent plus abimés qu'ils ne l'étaient précédemment...

    Si je devais corriger cet énoncé je dirais ça plutôt comme ça :

    "
    A.
    Dans la très grande majorité des cas, l'employeur est en tort ce qui explique que le plus souvent les décisions sont globalement favorables aux salariés.
    "Le plus souvent" parce que :
    - 1°) quand l'employé est en tort, l'employeur parvient généralement à le démontrer et que
    - 2°) même quand l'employé est dans son bon droit, s'il débarque comme une fleur à l'audience il peut se faire ratatiner vilainement.
    Votre ami, vermine oisive et nécessiteuse, c'est donc la loi de 1991 et son décret d'application :
    http://vosdroits.service-public.fr/particuliers/N11885.xhtml(...)

    B.
    Surtout, les jugements des Prud'hommes sont le plus souvent "globalement" favorables aux employés (les avocats travaillaistes parlent souvent de "côte mal taillée" pour des décisions qui ménagent la chèvre et le chou et n'indemnisent que partiellement le préjudice de l'employé).
    Car il s'agit dans tous les cas d'une juridiction paritaire (aucun juge pro ne siège ne première instance : seulement des élus salariés et des élus employeurs à égalité) et les conseillers patronaux ne sont pas là pour ruiner les employeurs de leur ressort : généralement, s'ils acceptent de donner raison à l'employé, ils s'efforcent souvent de minimiser le niveau de l'indemnisation.
    bref, il y a rarement des jackpots aux Prud'hommes, les sommes importantes qui sont versées à l'occasion étaient tout simplement dues (par ex. : indemnités d'ancienneté en cas de licenciement non fautif).

    C.
    Enfin il existe un très fort aléa géographique, certains conseils étant plus "durs" que d'autres notamment compte tenu de la rigidité/exigence des magistrats professionnels qui connaissent (=auront à examiner) des dossiers en appel.
    "

    Là on sort de la légende et on se rapproche d'un énoncé sérieux à défaut d'être démontrable. Et mettre en avant deux, trois, dix cas individuels n'est pas de nature à l'invalider .

    Yojik77