• [^] # Re: Le piratage, c'est m@l !

    Posté par . En réponse au journal Une nouvelle saison de chasse commence.... Évalué à 1.

    autant faire son marché d'oeuvres non-libres sur le net gratos c'est pas très respectueux des gens qui ont bossés dessus.

    La sacro-sainte loi... Elle n'a pas valeur d'absolu cette loi ! Il est vrai que cela soulève un problème d'ordre moral. Que faire lorsque l'on pense que la loi est illégitime ?


    La technique est plutôt du coté des pirates cette fois.
    Pirate = voleur ici

    Pirate, voleur, ... Toujours ce vocabulaire archaïque. Je ne vois pas au nom de quoi les téléchargeurs hors-la-loi devraient être comparés à des pirates. Quant à les qualifier de voleurs, c'est tout simplement fallacieux. Contrefacteurs est le terme exact, tout le monde le sait maintenant.


    [Contrefaire], c'est la voie facile pour les utilisateurs.

    Ou alors, c'est la tendance naturelle des choses. Un aspect concret de l'adage « information wants to be free ». La culture, c'est par définition quelque chose qui est partagé entre les gens. Les objets culturels sont le support de cette culture, et c'est dans notre nature des gens de vouloir les partager. D'où le principe des concerts, des salles de cinéma, des soirées films entre amis ou en famille. Qui n'a jamais voulu faire écouter un album à ses connaissances après avoir été charmé par celui-ci ? Ou encore de faire lire un livre ?

    On va me rétorquer que les réseaux p2p ne s'apparentent pas à du partage. Je répondrai que je ne connais personne qui laisse en partage des oeuvres qu'il n'apprécie pas ! Beaucoup règlent les priorités de façon à ce que ce soient leurs fichiers préférés qui monopolisent la bande passante de téléversement. Et avant l'avènement du téléchargement, on pouvait observer le même genre de phénomène de partage à l'échelon local. Ce n'était pas du p2p mais du main-à-main :op.


    D'un autre coté, "la peur" peut pousser à développer la musique libre et le logiciel libre.

    Super. On va se retrouver avec deux sortes d'objets culturels et de connaissance. D'un côté le libre, de l'autre le propriétaire plus difficilement accessible mais dans lequel se trouvera toujours des oeuvres de qualité et/ou populaires. Dans le cas des logiciels, ce n'est pas très grave. Le LL a démontré qu'il pouvait généralement atteindre la parité fonctionnelle par rapport au propriétaire. Mais pour le reste, la parité est souvent impossible et cela cause un problème de taille : la culture et la connaissance ont vocation à être partagés ! C'est ce qui nous lie intellectuellement ! D'où la merveilleuse expression qui veut que ce sont plus des liens intellectuels que des biens intellectuels.


    Je suis pour la fin du piratage pour débloquer la situation hypocrite dans laquelle nous sommes terrés.

    L'hypocrisie elle ne me semble pas être du côté auquel tu penses. Comme tu l'as fait remarqué, les étals de DVD ne cessent de grandir, on achète de plus en plus de sonneries de GSM, tout ceci alors que le pouvoir d'achat diminue. Le citoyen radin, j'y crois pas. Les gens achètent toujours les albums qui leur plaisent, avec la jolie pochette, pour mettre dans leur audiothèque. Ils vont encore au cinéma, aux concerts, ils louent encore des DVD entre potes ou en famille. La vérité c'est que les organismes privés d'investissement culturel sont toujours aussi riches, malgré le téléchargement. On voit toujours des groupes de musique percer, et il arrive souvent que ce soit via le bouche-à-oreille, qui a de nos jours trouvé un fabuleux vecteur : internet.

    Certaines études dont on entend souvent parler (mais j'aimerais bien un pointeur si quelqu'un a) montrent que les plus gros téléchargeurs sont souvent les plus gros consommateurs de culture. C'est une thèse qui se voit en tout cas confirmée par mon expérience personnelle. Je télécharge beaucoup de musique et de séries télévisées, mais ma passion c'est le cinéma. Une grande partie de mon argent disparaît en scéances et en locations. Chez un copain également cinéphile, c'est sa vidéothèque de DVD qui lui coûte cher. Chez d'autres qui préfèrent la musique, ils consomment beaucoup d'entrées de concerts et de festivals, dans lesquels ils achètent directement des albums ou des produits dérivés. Tous téléchargent beaucoup.

    Le budget des gens n'est pas extensible à l'infini, et la culture est quelque chose de trop important que pour la borner en ces termes. Surtout que ce sont souvent ceux qui en ont le plus besoin qui ont le moins d'argent (jeunes et classes pauvres).


    Les produits en magasin sont remplis de CD-key, protection CD, activation internet, encryption, format de CDs non standard
    [il] va s'organiser un véritable flicage du net.

    Tout à fait, l'enjeu des industriels de la culture, c'est le contrôle de la consommation des contenus. L'enjeu des gouvernements de droite, c'est de préserver la capitalisation des contenus culturels (parce que devenir riche comme Crézus c'est bien) tout en contrôlant toujours plus l'internaute dans le cadre de ses lois sécuritaires (parce que préserver la sécurité c'est bien).

    Tu en veux aux téléchargeurs pour ça ? Demande-toi plutôt si ce qu'ils font est légitime, à défaut d'être légal. Demande-toi si ceux qui prétendent que la propriété intellectuelle est un vol sont si cons ou si à la masse que ça (et non, ça ne veut pas dire qu'ils sont communistes).

    Je voudrais bien encore parler des redistributions modifiées de contenus culturels, qui me paraissent plus que légitime et touchant à un des fondements de la créativité. Que ce soit dans les blogs vidéos qui commencent à percer, dans les rééditions de films qui font l'objet de communautés très intéressantes, dans les rééchantillonnages de musique chez les afficionados de la techno, ... Tout cela se fait dans l'illégalité la plus complète et ça me donne envie de vomir quand je vois que nous nous dirigeons toujours plus vers une PI pure et dure, insensée.



    Petite parenthèse HS :
    Quelle hypothèse plausible donner à ceux qui prennent le modèle avec gros disque dur?

    Beaucoup utilisent leur ipod comme disque dur portable, qui peut servir pour des activités parfaitement légales, comme par exemple apporter chez un ami les 2 go de vidéos de la semaine de ski. Si on conserve toutes les vidéos de ce genre, les photos HD prises par ci par là, tout en comptant une petite collection de musique, y a moyen de vite monter dans les go.