• # Vive les brevets....

    Posté par . En réponse au journal L'impression 3D à la maison. Évalué à 10.

    Travaillant depuis près de 10 ans dans le domaine du prototypage rapide, je doute très très fort que ce genre de machine parvienne un jour à un coût raisonnable sur nos bureaux.
    Pourquoi ?
    Tout simplement par ce que toutes les technologies ont été complètement verrouillées par des brevets, que, pour faire simple, se partagent 3 grands constructeurs 3D systems, EOS et Stratasys. Leur position par rapport à toute entreprise innovante est en gros : allez-y, developpez, mais attention, si vous vous avisez de commercialiser un truc, on vous coulera en justice avant même que vous ayez vendu une machine !
    Resultat, la machine à 1000 euros, on en parle de puis 5 ans, techniquement, rien n'empèche d'ajouter un axe z à une imprimante jet d'encre, ou de fondre un thermoplastique à l'aide d'une source laser ou autre. En tout cas rien ne justifie techniquement des coûts machine d'entrée de gamme de plus 10 000 ¤.

    Ceci est donc tout à fait symptomatique de l'utilisation "moderne" des brevets, non plus comme un moyen de protectino de l'innovation, mais comme une rente de situation pour les acteurs les plus puissants, le permettant de bloquer toute innovation.

    Pour en revenir à la machine en question, il s'agit d'un système de type SLS (R) (selective laser sintering) : un faisceau lumineux concentré ( dans ce cas une simple source halogène focalisée ) vient fondre une poudre de polyamide (PA12-12). Vu la source employée, la résolution doit être assez faible (0,5 mm ?) et l'état de surface assez granuleux. Les caractéristiques mécaniques sont plutôt bonnes. En revanche, le matériau est assez bon marché, mais assez dur à se procurer pour un particulier ( il s'agit de poudre destinée à des revêtements de surface de plastification de pièces métalliques ). Il est possible d'y ajouter des charges métalliques ( poudres d'alu ou de cuivre ) ou de billes de verre.

    Bricoler une machine de ce type n'est pas bien compliqué. En revanche, il n'existe pas à ma connaissance de logiciel libre permettant de générer les couches à partir d'un fichier STL. C'est bien dommage, car cela serait une première étape intéressante, et permettrait de constituer un moyen de pression non négligeable.

    D'ailleurs si cela peut motiver des gens, je suis prêt à coordonner un projet de ce type, et à travailler sur la conception d'une machine "open-source" !