Bien sûr que les gens s'intéressent à autre chose que le people. C'est pour ça qu'il est regrettable que les élections soient ce qu'elles sont !
Non, ce n'est pas avant tout la faute des médias qui ne sont qu'une caisse de raisonnance, c'est l'élection elle-même d'un homme au suffrage universel qui personnalise à outrance et pourrit le débat qui devient un débat de personnes (Bayrou dont le mérite principal est d'être "ni Ségo ni Sarko" monte sur son tracteur, il gagne 3% dans les sondages) et non d'idées.
Il ne s'agit pas que de défendre mon(a) candidat(e) même si c'est important.
Ca va plus loin que ça : je suis pour qu'on ait enfin une vraie démocratie, comme dans les autres pays d'Europe, c'est à dire un régime parlementaire primo-ministériel.
J'ai assisté aux élections de 2005 en Allemagne, et c'était vraiment très différent de ce qu'on nous sert en France. On n'y votait pas pour Merkel, Schröder, Fischer, Lafontaine. On y votait pour son député qui siégerait au Bundestag et pour un parti qui est le plus près de nos idées. Et bien ça change tout.
Oh bien sur, il y avait des sondages mais les intentions de vote pour un parti étant largement plus stables que celles pour un homme ou une femme, on était loin de l'hystérie que cause l'élection présidentielle.
Vu qu'il n'y a réellement que 5 partis un par grand courant de pensée (les deux grands conservateur et social-démocrate, et les 3 à 10% : libéraux, verts, extrême-gauche) les émissions étaient très raisonnablement pluralistes et 80% des émissions portaient sur des questions de fond (chez nous ce serait plutôt 20%). Comme nous votons pour un homme ou une femme et qu'il y a plus d'Egos que de courant de pensées, il est impossible d'avoir une converture médiatique pertinente et pluraliste. Du coup, il y a une division impitoyable entre les supposés "Grands Candidats" et les tous aussi supposés "Petits Candidats". Mais qu'est-ce qu'un Grand Candidat ? Est-ce quelqu'un qui a de grandes idées qui par exemple a un plan réaliste et satisfaisant permettant de relancer la construction européenne ? Ou est-ce un jeu de "tiercé, quarté, quinté plus" sur le thème lui "peut gagner" ? Dans ce cadre il est plus important d'arriver à se faire inviter en prime time sur TF1 pendant 3 heures pour faire passer le message qu'on fait partie des Grands Candidats que d'avoir quelquechose à dire. C'est pervers.
Enfin dans une vraie démocratie comme l'allemande, les coalitions sont à négocier avant les élections ce qui permet un véritable exercice de la volonté populaire. En France, on ne sait pas sur quel contrat les verts, le PCF et le PS s'associeraient en cas de victoire. C'est encore pire avec Bayrou, on ne sait pas s'il s'allierait avec l'UMP ou avec le PS et les verts. Vive l'opportunisme !
Finalement, la dernière élection saine qu'on ait eu est celle des législatives de 1997 où l'on était le plus près de ce régime parlementaire primo-ministériel que j'appele de mes voeux. Mais elle était due à une bizzarerie de la Ve (la cohabitation) à laquelle la réforme du quinquennat a mis fin. Dès lors, il y avait un choix majeur à faire pour savoir quelle élection, législative ou présidentielle, déciderait de l'autre. Jospin qui pensait que la France était structurellement à droite mais qu'elle ne voterait pas pour un candidat aussi discrédité que Chirac a fait le choix de la peopolisation et de la marginalisation des idées. Je pense vraiment que c'est une catastrophe structurelle qui explique nos déboires actuels.
[^] # Re: Logique
Posté par Minos . En réponse au journal présidentielle et déficit de la sécu. Évalué à 8.
Non, ce n'est pas avant tout la faute des médias qui ne sont qu'une caisse de raisonnance, c'est l'élection elle-même d'un homme au suffrage universel qui personnalise à outrance et pourrit le débat qui devient un débat de personnes (Bayrou dont le mérite principal est d'être "ni Ségo ni Sarko" monte sur son tracteur, il gagne 3% dans les sondages) et non d'idées.
Il ne s'agit pas que de défendre mon(a) candidat(e) même si c'est important.
Ca va plus loin que ça : je suis pour qu'on ait enfin une vraie démocratie, comme dans les autres pays d'Europe, c'est à dire un régime parlementaire primo-ministériel.
J'ai assisté aux élections de 2005 en Allemagne, et c'était vraiment très différent de ce qu'on nous sert en France. On n'y votait pas pour Merkel, Schröder, Fischer, Lafontaine. On y votait pour son député qui siégerait au Bundestag et pour un parti qui est le plus près de nos idées. Et bien ça change tout.
Oh bien sur, il y avait des sondages mais les intentions de vote pour un parti étant largement plus stables que celles pour un homme ou une femme, on était loin de l'hystérie que cause l'élection présidentielle.
Vu qu'il n'y a réellement que 5 partis un par grand courant de pensée (les deux grands conservateur et social-démocrate, et les 3 à 10% : libéraux, verts, extrême-gauche) les émissions étaient très raisonnablement pluralistes et 80% des émissions portaient sur des questions de fond (chez nous ce serait plutôt 20%). Comme nous votons pour un homme ou une femme et qu'il y a plus d'Egos que de courant de pensées, il est impossible d'avoir une converture médiatique pertinente et pluraliste. Du coup, il y a une division impitoyable entre les supposés "Grands Candidats" et les tous aussi supposés "Petits Candidats". Mais qu'est-ce qu'un Grand Candidat ? Est-ce quelqu'un qui a de grandes idées qui par exemple a un plan réaliste et satisfaisant permettant de relancer la construction européenne ? Ou est-ce un jeu de "tiercé, quarté, quinté plus" sur le thème lui "peut gagner" ? Dans ce cadre il est plus important d'arriver à se faire inviter en prime time sur TF1 pendant 3 heures pour faire passer le message qu'on fait partie des Grands Candidats que d'avoir quelquechose à dire. C'est pervers.
Enfin dans une vraie démocratie comme l'allemande, les coalitions sont à négocier avant les élections ce qui permet un véritable exercice de la volonté populaire. En France, on ne sait pas sur quel contrat les verts, le PCF et le PS s'associeraient en cas de victoire. C'est encore pire avec Bayrou, on ne sait pas s'il s'allierait avec l'UMP ou avec le PS et les verts. Vive l'opportunisme !
Finalement, la dernière élection saine qu'on ait eu est celle des législatives de 1997 où l'on était le plus près de ce régime parlementaire primo-ministériel que j'appele de mes voeux. Mais elle était due à une bizzarerie de la Ve (la cohabitation) à laquelle la réforme du quinquennat a mis fin. Dès lors, il y avait un choix majeur à faire pour savoir quelle élection, législative ou présidentielle, déciderait de l'autre. Jospin qui pensait que la France était structurellement à droite mais qu'elle ne voterait pas pour un candidat aussi discrédité que Chirac a fait le choix de la peopolisation et de la marginalisation des idées. Je pense vraiment que c'est une catastrophe structurelle qui explique nos déboires actuels.