• [^] # Comment ça "Et alors ?" ?

    Posté par . En réponse au journal Téléchargement par P2P est vente des CD: pas de lien direct. Évalué à 6.

    Quelle ironie tout de même pour des défenseurs acharnés du logiciel libre et de la GPL toujours prompts à dénoncer la moindre violation de la GPL par des entreprises pas trop regardantes...

    Ah les généralisations...

    Il y a quand même une différence importante dans les deux situations que tu compares. Les téléchargeurs / échangeurs le font pour leur jouissance personnelle et celle de leur prochain, tandis que les entreprises violant la GPL en profitent financièrement.

    Sinon, oui, télécharger c'est de la désobéissance civique. Mais, de mon humble avis, avec une circonstance atténuante : celle de désobéir à un système qui n'est vraiment plus adapté à l'époque (plus besoin de support matériel) et qui a été détourné de son but d'origine. Ce but était, ici comme outre-manche, d'offrir un compromis entre le public et les auteurs, de manière à leur fournir un statut social et la possibilité de vivre de leur travail. C'est un but louable et qui doit encore être recherché, mais le problème est qu'aujourd'hui ce compromis s'est mué en "propriété intellectuelle", un terme qui choquait pourtant encore à la fin du XIXe siècle.

    Oui, je télécharge. Non, je n'ai pas honte. Je n'ai pas les moyens de me payer légalement tout ce dont je profite. Et même si je n'aime pas le système actuel de rétribution de la culture, je peux quand même avoir la conscience tranquille quant à la part de mon budget destinée à renflouer les comptes en banque des industries : Je vais beaucoup au cinéma et je loue beaucoup de films (ce qui me classe parmi ces gros téléchargeurs qui sont également gros acheteurs).

    Il faut se souvenir des radios illégales, qui auront mis du temps à se trouver une place dans la société. Et du combat des bibliothécaires, qui étaient accusés de tous les maux par les maisons d'édition. On parle ici d'objets culturels, du support de notre culture. Ils sont à nous, à tout le monde, ils font partie de nos références, ils teintent notre vie, nous aident à nous remettre en cause parfois, font évoluer les idées, ils créent des liens entre les gens. Que l'on parle d'histoires, de mélodies, d'images, elles nous appartiennent autant qu'à leurs auteurs, qui se sont d'ailleurs inspirés ou basés eux même sur les éléments de leur culture après les avoir intégrés profondément dans leur pensée, après se les être intensément appropriés. Ce qu'on ne peut pas leur retirer et qui les lie moralement à leur oeuvre par le biais de leur personnalité qui transparaît à travers elle, c'est leur paternité. Ce qu'on doit leur accorder, au niveau de l'organisation de la société, c'est la possibilité de vivre de leur travail qui profite à tous, et par là leur donner un statut, une reconnaissance. Mais il faut à tout prix empiéter le moins possible sur les droits naturels des gens, sur l'inéluctable copropriété régissant les objets culturels, si pas sur le plan juridique, au moins sur le plan naturel.

    àmha