C'est mignon d'utiliser un terme à la mode et surtout bien stigmatisé, mais ça ne fait pas très sérieux.
Non seulement ce n'est pas sérieux, mais c'est dangereux.
À embrouiller les esprits en anémiant leur vocabulaire et leurs raisonnements, on en fait des masses dociles.
J'aimerais bien voir une caricature d'un Jesus flingant des médecins pratiquant l'avortement avec un sigsauer, pour voir si on aurait droit à une telle agitation.
Bah... disons qu'il serait compréhensible que cela choque :
- ça n'aurait pas beaucoup de sens (dans ce qu'elle représente, factuellement, ni dans le message qu'elle prétendrait faire passer),
- ce serait de la provocation simple (d'autant plus de par la juxtaposition de symboles),
- ce serait inutile (provoquer pour provoquer... à part foutre le bordel, ça fait quoi ?).
Et certainement, cela provoquerait une certaine agitation. Et après tout, c'est ce que voudrait le dessinateur, dans ce cas :
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent d'une telle déformation, d'un tel amalgame ;
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent qu'on s'en émeuve, ou qui se moquent de ceux qui se sentent humiliés par l'atteinte faite à un/des symboles significatifs à leurs yeux ;
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent qu'on s'émeuve qu'on s'en émeuve,
- etc. jusqu'à ce que la sauce devienne insipide et qu'on passe à autre chose.
Pour toutes ces raisons, le "scandale" d'une telle chose ne serait pas tant dans la chose elle-même que dans la volonté manifestement délétère qui se trouve derrière.
Même, fût cette volonté constructive, elle s'y serait sacrément mal prise.
Ce qui m'inquiète aujourd'hui, ce n'est pas tant les discussions que l'on rencontre (il n'est déjà pas si mal de pouvoir discuter), mais l'attitude, l'inclinaison des esprits qui tiennent des discours sans écouter, sans volonté de (re)connaissance et de dialogue.
Ce n'est pourtant pas ce qui manque d'un bord comme de l'autre. Mais comme en de maintes occasions, ce sont les grandes gueules et les incendiaires qui prennent la parole en premier, et en prime-time.
On se retrouve à un stade où l'individualisme pousse les gens à dire "moi, moi, moi", non plus pour leur bien-être matériel, mais encore pour leur bien-être intellectuel et spirituel ; que nul ne saurait contredire, par sa seule pensée ou présence.
Le respect, bordel, ça commence par la reconnaissance et l'écoute de l'autre comme semblable, mais différent.
[^] # Re: Détournement PC de vocabulaire
Posté par romain . En réponse au journal Le procès des caricatures de Mahomet. Évalué à 4.
À embrouiller les esprits en anémiant leur vocabulaire et leurs raisonnements, on en fait des masses dociles.
Bah... disons qu'il serait compréhensible que cela choque :
- ça n'aurait pas beaucoup de sens (dans ce qu'elle représente, factuellement, ni dans le message qu'elle prétendrait faire passer),
- ce serait de la provocation simple (d'autant plus de par la juxtaposition de symboles),
- ce serait inutile (provoquer pour provoquer... à part foutre le bordel, ça fait quoi ?).
Et certainement, cela provoquerait une certaine agitation. Et après tout, c'est ce que voudrait le dessinateur, dans ce cas :
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent d'une telle déformation, d'un tel amalgame ;
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent qu'on s'en émeuve, ou qui se moquent de ceux qui se sentent humiliés par l'atteinte faite à un/des symboles significatifs à leurs yeux ;
- l'agitation de ceux qui s'émeuvent qu'on s'émeuve qu'on s'en émeuve,
- etc. jusqu'à ce que la sauce devienne insipide et qu'on passe à autre chose.
Pour toutes ces raisons, le "scandale" d'une telle chose ne serait pas tant dans la chose elle-même que dans la volonté manifestement délétère qui se trouve derrière.
Même, fût cette volonté constructive, elle s'y serait sacrément mal prise.
Ce qui m'inquiète aujourd'hui, ce n'est pas tant les discussions que l'on rencontre (il n'est déjà pas si mal de pouvoir discuter), mais l'attitude, l'inclinaison des esprits qui tiennent des discours sans écouter, sans volonté de (re)connaissance et de dialogue.
Ce n'est pourtant pas ce qui manque d'un bord comme de l'autre. Mais comme en de maintes occasions, ce sont les grandes gueules et les incendiaires qui prennent la parole en premier, et en prime-time.
On se retrouve à un stade où l'individualisme pousse les gens à dire "moi, moi, moi", non plus pour leur bien-être matériel, mais encore pour leur bien-être intellectuel et spirituel ; que nul ne saurait contredire, par sa seule pensée ou présence.
Le respect, bordel, ça commence par la reconnaissance et l'écoute de l'autre comme semblable, mais différent.