Il y a deux points de vue à mon sens, le point de vue commercial (vivre de son oeuvre) et le point de vue artistique.
J'écarte pour le moment le point de vue commercial: la fonction première d'une oeuvre d'art est d'exprimer un sentiment, pas de gagner sa vie.
D'un point de vue artistique, la modification pose de nombreux problèmes, à commencer par le censure: on ne compte plus les auteurs en avance sur leur temps qui ont choqué les bonnes moeurs de leur époque, et qui ont vu leurs oeuvres interdites ou massacrées. L'exemple qui me vient à l'esprit est le massacre de l'oeuvre de Tex Avery: le coffret contenant, soit disant, l'intégrale de ses dessins animés en a vu plusieurs censurés (en particuliers les scènes où les personnages, après une explosion, sont dessinés sous forme de noirs caricaturés avec de grosses lèvres), et d'autres purement et simplement supprimés. Heureusement un DVD non officiel circule sous le manteau avec les dessins animés manquants et sous leur forme originale. Ce problème de censure est très grave, et l'autorisation des modifications risque de faire perdre l'original dans les oeuvres dérivés. Maintenant, je pense que si, comme pour la GPL, il y a un historique précis de toutes modifications, et si surtout on peut retrouver facilement l'oeuvre originale, ce problème ne se pose pas.
En restant dans la vidéo, je trouve scandaleux de couper les films par d'interminables pages de publicité, ou de diffuser de longs films sur plusieurs jours, mais là c'est plus au public de ne pas se laisser faire et de voir l'oeuvre dans des conditions descentes.
Du côté des avantages, de nombreux on déjà été cités: traductions, adaptations, interprétations, etc.
Globalement, une licence libre me semble tout à fait viable d'un point de vue artistique, tant que les modifications sont répertoriées et que l'oeuvre originale est facilement accessible.
D'un point de vue commerciale maintenant, le mouvement libre est encore trop récent, et il y a trop de bouleversements actuellement (je pense notamment à l'encre électronique) pour être certain de la viabilité du Libre dans l'art. Une solution est de faire une sorte de licence Libre à retardement, à la ID software: l'oeuvre est diffusées sous licence libre après exploitation commerciale. Des solutions fonctionnent avec les livres: j'ai acheté des livres techniques sous licence libre pour le support (de l'auteur) et le support (physique). Mais si des technologies comme l'encre électronique approchent le confort d'un livre papier, est-ce que l'argument du confort du papier sera toujours valable ?
Après, il y a les alternatives, comme les concerts pour la musique. Mais le raisonnement n'est pas si simpliste qu'il y parait, et il faut prendre en compte les intermédiaires.
D'un point de vue commercial, je pense que le Libre a encore tout à prouvé, mais ça me parait viable sur le long terme.
Au final, je pense que les licences libres sont adaptées à l'art, mais je comprends tout à faire les artistes qui la refusent pour le moment. C'est un choix difficile à prendre... Maintenant être artiste, c'est peut être aussi savoir prendre des risques.
# Le Libre a sa place dans l'art
Posté par Goffi (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Modèle économique et justification de l'art libre ?. Évalué à 3.
J'écarte pour le moment le point de vue commercial: la fonction première d'une oeuvre d'art est d'exprimer un sentiment, pas de gagner sa vie.
D'un point de vue artistique, la modification pose de nombreux problèmes, à commencer par le censure: on ne compte plus les auteurs en avance sur leur temps qui ont choqué les bonnes moeurs de leur époque, et qui ont vu leurs oeuvres interdites ou massacrées. L'exemple qui me vient à l'esprit est le massacre de l'oeuvre de Tex Avery: le coffret contenant, soit disant, l'intégrale de ses dessins animés en a vu plusieurs censurés (en particuliers les scènes où les personnages, après une explosion, sont dessinés sous forme de noirs caricaturés avec de grosses lèvres), et d'autres purement et simplement supprimés. Heureusement un DVD non officiel circule sous le manteau avec les dessins animés manquants et sous leur forme originale. Ce problème de censure est très grave, et l'autorisation des modifications risque de faire perdre l'original dans les oeuvres dérivés. Maintenant, je pense que si, comme pour la GPL, il y a un historique précis de toutes modifications, et si surtout on peut retrouver facilement l'oeuvre originale, ce problème ne se pose pas.
En restant dans la vidéo, je trouve scandaleux de couper les films par d'interminables pages de publicité, ou de diffuser de longs films sur plusieurs jours, mais là c'est plus au public de ne pas se laisser faire et de voir l'oeuvre dans des conditions descentes.
Du côté des avantages, de nombreux on déjà été cités: traductions, adaptations, interprétations, etc.
Globalement, une licence libre me semble tout à fait viable d'un point de vue artistique, tant que les modifications sont répertoriées et que l'oeuvre originale est facilement accessible.
D'un point de vue commerciale maintenant, le mouvement libre est encore trop récent, et il y a trop de bouleversements actuellement (je pense notamment à l'encre électronique) pour être certain de la viabilité du Libre dans l'art. Une solution est de faire une sorte de licence Libre à retardement, à la ID software: l'oeuvre est diffusées sous licence libre après exploitation commerciale. Des solutions fonctionnent avec les livres: j'ai acheté des livres techniques sous licence libre pour le support (de l'auteur) et le support (physique). Mais si des technologies comme l'encre électronique approchent le confort d'un livre papier, est-ce que l'argument du confort du papier sera toujours valable ?
Après, il y a les alternatives, comme les concerts pour la musique. Mais le raisonnement n'est pas si simpliste qu'il y parait, et il faut prendre en compte les intermédiaires.
D'un point de vue commercial, je pense que le Libre a encore tout à prouvé, mais ça me parait viable sur le long terme.
Au final, je pense que les licences libres sont adaptées à l'art, mais je comprends tout à faire les artistes qui la refusent pour le moment. C'est un choix difficile à prendre... Maintenant être artiste, c'est peut être aussi savoir prendre des risques.