C'est simple. Pour faire le bien, les croyants ont besoin de croire en une force paternel toute puissante.
Au lieu de se baser sur l'humain ou la moral, il préfaire une force externe.
Et à raison. Sur quoi peut se baser le concept de "fraternité", par exemple, s'il n'y a pas quelque chose qui rend "frères et soeurs", genre une filiation (humaine, au travers des générations ou d'une tradition, divine, au travers d'une religion) ?
L'humanité ? L'expérience montre que le simple fait d'être humain n'apporte aucune "garantie" de dignité et de considération par ses pairs, donc difficilement de fraternité. Sauf là où on veut bien la voir selon les intérêts du moment.
La morale ? basée sur quoi ? la généralisation ? celle sur laquelle les régimes totalitaires du XXème se sont reposés pour justifier leurs organisations massives, sans finesse et sans humanité ? basée sur le rationalisme, alors ? même résultat pratique désastreux.
Une morale humaniste alors ? C'est à dire, humaniste ? en quoi peut-on dire que tuer un individu est bien ou mal ? Peut-on dire qu'il vaut mieux tuer un individu innocent si cela permet d'en sauver des milliers / d'expier une faute collective ? un simple calcul numérique ? une tradition ? une "promesse" ? mais que se passe-t-il si les milliers d'autres qui se déchargent sur le bouc émissaire innocent sont des salauds, coupables de crimes innommables ?
L'appartenance à une communauté particulière ? cela ne fait que repousser le problème entre communautés, sauf si celles-ci peuvent avoir un modus videndi, chacun chez soi, et un respect mutuel dépassant des clivages fondamentaux (ce qui est l'exercice quotidien des diplomates).
Alors, pour "faire le bien" (c'est à dire ?), sur quoi se fonder ? La réponse, bordel, c'est tout simplement qu'on n'en sait globalement foutrement rien du tout, et qu'on a tous des idées différentes là-dessus.
Qu'au moins, on puisse en discuter, converser, et non pas encore et davantage s'anathèmer, et d'abord estimer les choses à leurs fruits réels (et non pas seulement fantasmés - ce qui présuppose encore un discernement assez exceptionnel aujourd'hui).
Tout çà pour dire que c'est un chouia plus compliqué que de dire "bouh, la religion, c'est pas bien, c'est con", et que c'est un peu rapide de foutre à la poubelle, sans manifestement les connaître, des traditions et évolutions philosophiques _et_ religieuses qui ont déjà plusieurs siècles derrière eux, qui ont sans doute aussi de bonnes raisons, ne serait-ce qu'une seule (pas seulement de mauvaises) d'être encore là.
Est-ce qu'une mère Thérésa ou un Abbé Pierre suffit pour contre balancé le mal fait ?
Qui a prétendu le contraire ? Est-ce qu'un monde sans mère Thérésa ou l'abbé Pierre se porterait mieux ? ils l'auraient sans doute souhaité. Seulement voilà, ils étaient là, et ils ont refusé de ne rien faire ; et à les écouter, il y avait une raison bien particulière à cela, pour eux.
[^] # Re: Réponse d'un catholique convaincu
Posté par romain . En réponse au journal [HS] Pour un athéisme de combat. Évalué à 4.
L'humanité ? L'expérience montre que le simple fait d'être humain n'apporte aucune "garantie" de dignité et de considération par ses pairs, donc difficilement de fraternité. Sauf là où on veut bien la voir selon les intérêts du moment.
La morale ? basée sur quoi ? la généralisation ? celle sur laquelle les régimes totalitaires du XXème se sont reposés pour justifier leurs organisations massives, sans finesse et sans humanité ? basée sur le rationalisme, alors ? même résultat pratique désastreux.
Une morale humaniste alors ? C'est à dire, humaniste ? en quoi peut-on dire que tuer un individu est bien ou mal ? Peut-on dire qu'il vaut mieux tuer un individu innocent si cela permet d'en sauver des milliers / d'expier une faute collective ? un simple calcul numérique ? une tradition ? une "promesse" ? mais que se passe-t-il si les milliers d'autres qui se déchargent sur le bouc émissaire innocent sont des salauds, coupables de crimes innommables ?
L'appartenance à une communauté particulière ? cela ne fait que repousser le problème entre communautés, sauf si celles-ci peuvent avoir un modus videndi, chacun chez soi, et un respect mutuel dépassant des clivages fondamentaux (ce qui est l'exercice quotidien des diplomates).
Alors, pour "faire le bien" (c'est à dire ?), sur quoi se fonder ? La réponse, bordel, c'est tout simplement qu'on n'en sait globalement foutrement rien du tout, et qu'on a tous des idées différentes là-dessus.
Qu'au moins, on puisse en discuter, converser, et non pas encore et davantage s'anathèmer, et d'abord estimer les choses à leurs fruits réels (et non pas seulement fantasmés - ce qui présuppose encore un discernement assez exceptionnel aujourd'hui).
Tout çà pour dire que c'est un chouia plus compliqué que de dire "bouh, la religion, c'est pas bien, c'est con", et que c'est un peu rapide de foutre à la poubelle, sans manifestement les connaître, des traditions et évolutions philosophiques _et_ religieuses qui ont déjà plusieurs siècles derrière eux, qui ont sans doute aussi de bonnes raisons, ne serait-ce qu'une seule (pas seulement de mauvaises) d'être encore là.
Qui a prétendu le contraire ? Est-ce qu'un monde sans mère Thérésa ou l'abbé Pierre se porterait mieux ? ils l'auraient sans doute souhaité. Seulement voilà, ils étaient là, et ils ont refusé de ne rien faire ; et à les écouter, il y avait une raison bien particulière à cela, pour eux.