• [^] # Re: Mon avis

    Posté par . En réponse au journal J'aimerais qu'on m'explique. Évalué à 8.

    L'essence des LL, c'est elur philosophie : en très gros préférer le partage et la synergie entre tous les développeurs et les utilisateurs, plutôt que le conflit systèmatique pour verouiller les utilisateurs.

    Évidemment, la seconde optique permet une rente de monopole, et est donc préféré par les capitalistes matérialistes.

    La première attitude, la libérale, est plus recpectueuse de chacun. L'idéal, c'est donc la license BSD : ultra-permissive, tu peux faire ce que tu veux, y compris forker en verouillé.

    Quand tu passes des idées à la pratique, tu confrontes l'apparente pureté des idées à la réalité et, inévitablement, tu trouves des failles dans la réalisation du beau dessin. C'est là qu'on renonce à une partie de la pureté pour accéder à son reste : c'est le pragmatisme. Mais évidemment, l'action change les circonstances, du coup, il faut retrouver le bon compromis, voir renouveller l'idéal de pureté d'abord.

    un premier compromis est la GPL : elle impose certaines restrictions (obligation de forker sous GPL, par exemple) qui sont jugés nécessaires pour faie avancer els autres libertés. Dans les faits, le logiciel libre est massivement sous GPL, sans nier l'importance des logiciels sous d'atre license.

    À l'intérieur de la GPL, il y a différentes versions qui montrent l'évolution souhaitée par leurs créateurs. La license dominante montre l'évolution effective. Par exemple, la GPLv1 me semble bien obsolète en notre temps. Quant à la GPLv3, il faudra voir, on ne peut savoir à l'avance si elle aura le succés de la v2.

    Si on se dit que le pragmatisme, finalement c'est l'essentiel, et qu'on jette l'idéal, alors on finit par se dévitaliser, par perdre son essence. Parce qu'on ne devient plus une vision fécondant le réel, mais un jouet du réel. Bref, avant de trouver la bonne voie, on va peut-être essayer toutes les mauvaises. Il faut se méfier d'une vision simpliste des choses style chacun fait ce qu'il veut et tout sera cool !, même la liberté d'expression mérite une vision claire (pure ;-) de ce qu'elle est pour qu'elle ne devienne pas le cheval de troie de ceux qui veulent l'annéantir.
    La différence entre une quète de pureté véritable et une quète de paradigme confortable pour pas s'faire chier, c'est que la première cherche des doutes, alors que la seconde cherche des certitudes. (n'oublie pas de me citer quand tu reprendra la formule ;-).

    Comparaison n'est pas raison. Je te le prouve en reprenant ton exemple sur la religion.
    Prenons le fondamentalisme incontournable du moment, celui de l'islam : l'islamisme.
    Quand on observe les talibans, bons specimens pour l'étude de l'islamisme car ils sont particulièrement basiques et facilitent donc leur approche intellectuelle, on observe que s'ils mesurent la barbe des passants à 10 cm minimum sinon il y a punition, pour se conformer à la vie du prophète crue parfaite, c'est bien un acte d'application de paradigme selon lequel on ne doit pas interpréter sa vie, mais là où il devient évident que leur paradigme est bancal et où cela ne constitue qu'un succédané pitoyable, c'est que pour faire respecter l'interdit, il patrouille en 4x4 avec des AK 47, pas vraiment comme le prophète, sauf grosse interprétations. Ils ne veulent pas la Vérité, ils veulent imposer leurs visions de la réalité…

    Ça nous ramène au principe de réalité : quand tu concrétises un paradigme supposé cohérent, tu révèles ses failles, parfois qu'après coups, mais ça arrive toujours. Or, ces failles sont des causes qui trouvent forcèment un chemin pour avoir des consèquences : sinon on ne les voit pas et ne sont donc pas des failles. Les failles se répercutent donc sur des personnes, ces personnes, soit obligent les autres à en tenir compte, soit prennent sur elles. Mais si d'autres savent comment combler ces failles, elles sont avantagés et prennent l'ascendant sur le paradigme faillible antérieur.

    Par exemple, avant l'esclavage et le travail forcé était plus que répandu : c'était la norme. Mais quand on a compris que faire supporter ainsi cette incohérence entre ce que certains veulent et ce qu'ils font, un processus s'est enclenché : Au Moyen-Âge, on remarqua qu'il valait mieux taxer une partie de la production des serfs et ainsi payer des types à faire les travaux de service public (route, moulin, etc…) on était bien plus productif que par la réquisition et le travail forcé.
    Je ne dis pas que aussitôt tout devient rose, attention ! Mais petit à petit, en Europe on abandona le travail forcé, jusque dans les prisons aujourd'hui (quoique que la spartialité de leur ordinaire pourrait laisser supposer que ce n'est pas vraiment le cas. Ça l'est bien plus que du temps du bagne, je crois que nous sommes au moins d'accord dessus). Bien sûr, beaucoup ont cru que les personnes de couleurs ne pouvaient travailler autrement et ont repris l'ancien paradigme pour eux. Mais quasiment au final, aujourd'hui, à part la République du Myanmar, pas mal de camps de prisonniers chez les dictatures comem les Lao-gaï, des cas sporadiques encore ailleurs, on voit par rétrospective que l'ancien paradigme est vraiment à l'agonie. Les travailleurs libres les supplantent, très lentement, soit, mais sûrement…
    Et bien il fût une époque où on était incapable de penser autrement qu'avec l'esclavage comme base social.
    La prochaine étape semble clairement l'amélioration des conditions générales de l'emploi et de l'entrepreunariat en génral, pour qu'un travailleur libre ne soit piégé face à un unique détenteur de ressources, comme on a pu le voir avec l'essor du capitalisme plus ou moins libéral, que tente de recréer à la bonne échelle le tout récent prix Nobel de la paix avec le micro-crédit.

    Là, tu auras remarqué deux principes sous-jacent à ce sous-jacent principe de réalité (les deux principes sont donc sous-sous-jacents ;-) :

    1 Si on en veut pas qu'une conscience soit chargée de tout et se laisse aller à la paresse de décréter vite fait mal fait, il faut que les autres consciences soient libres d'agir pour qu'elles puissent prendre en compte plus d'éléments de la réalité, sous peine d'incohérence entre le pradigme et la réalité.

    Un bon exemple de marche vers la liberté individuelle est Microsoft : MS doit son succés à l'ordinateur individuel (Personal Computer, c'est ça un PC) et la liberté du matériel, contrairement à un Commodor un Amstrad ou un Macintosh, tout n'est pas liés : logiciels et matériels, on peut prendre un clavier USB d'un cloneur taïwanais sans problème pour son IBM-PC. Et qu'est-ce qui remet en cause MS aujourd'hui ? La liberté que procure le LL, à travers Internet bien sûr, basés sur des protocols et logiciels libres (combien de solution LAMP choisie pour être serveur web ? À ma connaisance 75%), à travers ceux qui se base dessus comme Google, à travers Apple qui fait des PCs même si ça s'appelle des Macs (Par exemple, il n'est plus nécessaire d'acheter un clavier avec connecteur Apple. Un Mac Mini et un clavier PC en USb fonctionne parfaitement) et qui réutilise massivement le LL pour le sous-système de Mac OS X ou KHTML pour faire Webkit dans Safari, et enfin, les bureaux libres eux-mêmes. Que fait MS pendant ce temps là ? Il se crispe avec la BSA, TCPA, HDCP, WGA, etc. : cette fois-ci le sens de l'histoire est contre lui…

    2 L'expérience humaine creuse un sillon qu'on pourrait appeler la grande convergence : toujours plus d'éléments de la réalité sont reliés et harmonisés plutôt que laissés en conflit. C'est la marche de l'Histoire.

    On remarque le paradoxe d'un double mouvement d'atomisation et de fusion de l'humanité. Un peu comme internet, ou on est chacun sur son ordinateur, tout seul, mais en même temps reliés à tout le monde quasiment. Internet d'ailleurs baés sur des libristes ;-)…

    Bon, j'espère que cette page de philosophie pédagogique ;-) vous a plu, que vous l'avez trouvée de qualité et pas trop longue surtout que j'en perds l'envie de me relire X-D, et qu'au moins, ça suffise à démonter le paradigme de ce glazman qui pense que ceux qui sont philosophiquement libristes et pas pragmatiquement corporate* ne sont que des «intégristes fanatiques».

    * http://glazman.org/weblog/dotclear/index.php?2006/10/14/2150(...)
    Je préfèrerais mille fois une vraie compétition à niveau égal entre une dizaines de boîtes commerciales faisant du soft propriétaire plutôt que l'alternative "propriétaire ou GPL".


    D'autres questions ploum ?