• [^] # Re: Dans un registre similaire...

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal 1984. Évalué à 6.

    Je ne sais plus quel politique l'a dit il y a quelques jours mais je suis convaincu que le problème n'est pas dans la lourdeur des peines, il est dans l'automatisme.

    Est-ce que vous pensez vraiment faire peur à un lycéen si vous lui dites qu'en insultant son professeur il risque 6 mois de prison ferme ? C'est tellement démeusuré que ça ne fait peur à personne.
    Dites lui qu'il aura à faire un pointage quotidient au commissariat, qu'il aura deux heures de netoyage dans les rues à faire deux samedis de suite ... là ça commence à réfléchir un peu plus.

    Cinq ans pour un vol d'auto-radio ? oui, ça aussi c'est démeusuré. Par contre si les gens on l'assurance qu'il y aura poursuite(*) à chaque fois qu'une enquète abouti(**), là ça devient plus gênant.

    Si vraiment je devais lutter par la répréssion, la première chose que je ferai, c'est justement baisser les peines des délits un peu partout. Des peines crédibles et réalistes ça fait beaucoup plus peur qu'un maximum disproportionné que le coupable ne pense jamais atteindre (peut être à tort mais c'est un autre débat).

    * et ** : Je dis bien "poursuite", pas "condamnation", la condamnation dépend des preuves, du contexte, du fait qu'on ait arrêter la bonne personne. Critiquer le nombre de condamnations comme certains ministres de l'intérieur c'est avoir une bien drole conception de la justice. Il est normal que quand on n'a pas de quoi condamner on ne condamne pas. Par contre il est extrêment fréquent que les plaintes ne soient pas déposées par dissuasion de l'administration, ou qu'elles soient classées sans suite, ou que les remises de peines régulières fassent qu'au final il n'y a pas de peine du tout. Et là le problème il est au niveau de nos préfets (pour le classement des plaintes), des bureaux de polices (pour l'enregistrement), et du couple exécutif/législatif pour les remises de peines/graces automatiques chaque année.