Je vais essayer de répondre au nom de l'auteur sans dire trop de bétise :-)
L'auteur ne confond pas commerce équitable et Max Havelaar, bien au contraire. Il explique tout au long de son livre l'amalgame qui est fait et qui n'est pas prêt de cesser. Le problème principal qui concours à cet amalgame est la labelisation commerce équitable par Max Havelaar. Ce faux label, car il faut bien l'appeler par son nom induit les consommateurs dans l'erreur car ils pensent en achetant le produit que le label leur garanti l'équité du produit. La loi française indique bien qu'il doit y avoir une séparation entre le rédacteur de la charte et le contrôleur. Or, je me répète mais c'est important, c'est Max Havelaar qui édicte les règles et qui fait les contrôles (qu'il fait payer cher aux producteurs). Donc il n'a aucun intérêt à ce que les contrôles soient négatifs. Il faut savoir que Max Havelaar est une association, mais qu'elle fait partie d'un trio, vous m'excuserez mais je ne me rappelle plus des 2 autres noms. Juste que les 2 autres ont été fondées pour répondre au problème du manque d'indépendance de la labelisation. Une des sociétés est censé contrôler les règles que Max Havelaar demandent aux producteurs, mais les liens de parentés sont très forts entre le trio (l'une des sociétés doit être mère des 2 autres...).
Ensuite un des problèmes qui concourt à l'amalgame est la publicité faite par Max H. Il faut savoir que Max H. a reçu de nombreuses subventions du gouvernement (qui veut développer le commerce équitable sans regarder en profondeur où il met l'argent). Cet argent a été utilisé en grande partie pour la publicité. Ce n'est pas en soit très répréhensif, il faut faire connaître le système au consommateur. Mais seul Max H. a reçu ses subventions. Les autres associations n'ont rien reçu (comme Minga).
Enfin la grande distribution qui vend du Max H. au rayon commerce équitable, et rien d'autre. Qu'en pense le consommateur ? que Max H. est un label sûr du commerce équitable ? qu'il est le commerce équitable ? que pour moi consommateur les produits labelisés me suffisent à me donner bonne conscience, les autres labels ne sont pas sûr ou alors issus de milieux écolos intégristes ? Je pense qu'il y a du vrai. Nous nous donnons au supermarché bonne conscience en achetant du commerce équitable (un paquet de café) tout en continuant à acheter du non-équitable.
Un point également important que l'auteur indique est que Max Havelaar ne conçoit le commerce équitable qu'entre le Nord et le Sud, les pays développés et les pays du Sud. Le commerce équitable pour lui ne peut être entre pays du Nord. Payer aux agriculteurs leurs produits à leur juste prix n'est pas prévu. Et je suis désolé de vous l'apprendre mais c'est maintenant inscrit dans la loi (merci au lobbying Max H.) du 2 aout 2005 ( http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/VisuNav?cidNav=28237&am(...) ), article 60. Je vous mets tout l'article
I. - Le commerce équitable s'inscrit dans la stratégie nationale de développement durable.
II. - Au sein des activités du commerce, de l'artisanat et des services, le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l'établissement de relations durables ayant pour effet d'assurer le progrès économique et social de ces producteurs.
III. - Les personnes physiques ou morales qui veillent au respect des conditions définies ci-dessus sont reconnues par une commission dont la composition, les compétences et les critères de reconnaissance des personnes précitées sont définis par décret en Conseil d'Etat.
Cette vision du commerce équitable n'est pas partagé par tous. Je vois que tu es plus impliqué que d'autre dans la démarche équitable car tu te renseignes sur la provenance, sur le caractère équitable du produit au lieu de faire confiance à un pseudo-label. Mais, je vais te décevoir, tu fais partie d'une minorité. La majorité pousse son caddie dans un supermarché, en rallant car son pouvoir d'achat diminue, que le chomage augmente, en achetant du boeuf bourré d'hormone, mais en se donnant bonne conscience en achetant du café équitable.
Je passe au second point, sinon je vais être trop long. L'auteur distingue bien la différence entre les produits équitables. Mais comment le consommateur final pourrait le faire ? Il n'existe pas à l'heure actuelle de label commerce équitable fiable et légal. Des travaux ont été entrepris avec l'AFNOR et plusieurs associations luttant pour le commerce équitable pour la mise en place d'un cahier des charges pour le commerce équitable. Le problème est que personne ne voit le commerce équitable de la même façon, et Max H. a trouvé que ce qu'il allait en sortir serait trop contraignant pour lui. Au final, rien en est sorti. Les travaux n'ont servi à rien. Le commerce équitable est reconnu aux yeux de la loi selon les 3 articles précédemment cités. Gloups !
Enfin le troisième point est lui aussi intéressant. Oui l'auteur a interrogé les autres acteurs du commerce équitable. Je trouve que l'auteur est bien renseigné, on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir fait de recherches. Un point sur lequel il apporte notre attention est sur le fait que l'on parle de produit équitable et non de produit issue d'une filière équitable. Peut-on considérer un produit comme équitable car on a donné 0,5¤ de plus à la coopérative (et non au producteur je le rappelle) sans revoir les conditions de travail des autres acteurs qui interviennent tout au long du parcours du produit ? Certaines associations reconnaissent qu'un produit ne pourra jamais être équitable à cause du problème du transport maritime. Une idée est alors de donner la proportion équitable du produit, du genre ce produit est équitable à 80%, celui-là à 5%... Cela pourrait aider le consommateur à choisir le produit le plus équitable et ainsi aider le plus grand nombre de travailleurs.
Avant de finir, je voudrais revenir sur un point important du discours de Max H. : les colporteurs, ces travailleurs qui récoltent le café dans les exploitations pour les emmener dans les coopératives. Max H. les considère comme des vautours car ils coûtent cher (0.5¤ environ). Il a donc décidé de faire sans eux, d'aller directement au producteur, d'être le maillon entre le producteur et le torréfacteur, pour ainsi économiser et redistribuer cet argent au producteur (??). Max H. pour son travail éreintant (?!) se fait payer 0.5¤ environ (tiens, le prix du colporteur !) et le producteur ne voit pas sa paye augmenter ! Il faut également savoir que le rôle du colporteur était très important car il était le lien social entre le producteur et la ville. Son rôle n'était pas principalement de récolter le café, il ramenait aux villageois nourriture, médicaments... Max H. en a décidé autrement et l'a mis au chômage forcé, est-ce équitable comme démarche, mettre un maillon important socialement au placard pour économiser 0.5¤ et ne rien dire aux supermarchés qui eux ont des marges beaucoup plus importantes ? bof....
Enfin, concernant l'équitable en grande distribution, le sujet est compliqué et épineux. Certes oui il faut pouvoir développer le commerce équitable en augmentant les volumes de vente. Mais n'est-ce pas se trahir en vendant de l'équitable dans un endroit tout sauf équitable ? le grand distributeur fait-il un effort en baissant sa marge ? non, pas du tout, il a même des marges plus importantes sur les produits équitables que non-équitable! Le sujet est compliqué car le paradoxe est dur à contourner. Il faudrait trouver d'autres solutions qui n'existent pas pour le moment.
Conclusion : non l'auteur n'est pas partisan de Max H. bien au contraire, il en montre toutes les abbérations. Je vous conseilles de vous tourner vers Minga par exemple qui il me semble défend des valeurs plus équitables (http://www.minga.net/rubrique.php3?id_rubrique=14 )
[^] # Re: shopping humanitaire
Posté par Matthieu . En réponse au journal Echange / occasion informatique. Évalué à 3.
L'auteur ne confond pas commerce équitable et Max Havelaar, bien au contraire. Il explique tout au long de son livre l'amalgame qui est fait et qui n'est pas prêt de cesser. Le problème principal qui concours à cet amalgame est la labelisation commerce équitable par Max Havelaar. Ce faux label, car il faut bien l'appeler par son nom induit les consommateurs dans l'erreur car ils pensent en achetant le produit que le label leur garanti l'équité du produit. La loi française indique bien qu'il doit y avoir une séparation entre le rédacteur de la charte et le contrôleur. Or, je me répète mais c'est important, c'est Max Havelaar qui édicte les règles et qui fait les contrôles (qu'il fait payer cher aux producteurs). Donc il n'a aucun intérêt à ce que les contrôles soient négatifs. Il faut savoir que Max Havelaar est une association, mais qu'elle fait partie d'un trio, vous m'excuserez mais je ne me rappelle plus des 2 autres noms. Juste que les 2 autres ont été fondées pour répondre au problème du manque d'indépendance de la labelisation. Une des sociétés est censé contrôler les règles que Max Havelaar demandent aux producteurs, mais les liens de parentés sont très forts entre le trio (l'une des sociétés doit être mère des 2 autres...).
Ensuite un des problèmes qui concourt à l'amalgame est la publicité faite par Max H. Il faut savoir que Max H. a reçu de nombreuses subventions du gouvernement (qui veut développer le commerce équitable sans regarder en profondeur où il met l'argent). Cet argent a été utilisé en grande partie pour la publicité. Ce n'est pas en soit très répréhensif, il faut faire connaître le système au consommateur. Mais seul Max H. a reçu ses subventions. Les autres associations n'ont rien reçu (comme Minga).
Enfin la grande distribution qui vend du Max H. au rayon commerce équitable, et rien d'autre. Qu'en pense le consommateur ? que Max H. est un label sûr du commerce équitable ? qu'il est le commerce équitable ? que pour moi consommateur les produits labelisés me suffisent à me donner bonne conscience, les autres labels ne sont pas sûr ou alors issus de milieux écolos intégristes ? Je pense qu'il y a du vrai. Nous nous donnons au supermarché bonne conscience en achetant du commerce équitable (un paquet de café) tout en continuant à acheter du non-équitable.
Un point également important que l'auteur indique est que Max Havelaar ne conçoit le commerce équitable qu'entre le Nord et le Sud, les pays développés et les pays du Sud. Le commerce équitable pour lui ne peut être entre pays du Nord. Payer aux agriculteurs leurs produits à leur juste prix n'est pas prévu. Et je suis désolé de vous l'apprendre mais c'est maintenant inscrit dans la loi (merci au lobbying Max H.) du 2 aout 2005 ( http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/VisuNav?cidNav=28237&am(...) ), article 60. Je vous mets tout l'article
I. - Le commerce équitable s'inscrit dans la stratégie nationale de développement durable.
II. - Au sein des activités du commerce, de l'artisanat et des services, le commerce équitable organise des échanges de biens et de services entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays en développement. Ce commerce vise à l'établissement de relations durables ayant pour effet d'assurer le progrès économique et social de ces producteurs.
III. - Les personnes physiques ou morales qui veillent au respect des conditions définies ci-dessus sont reconnues par une commission dont la composition, les compétences et les critères de reconnaissance des personnes précitées sont définis par décret en Conseil d'Etat.
Cette vision du commerce équitable n'est pas partagé par tous. Je vois que tu es plus impliqué que d'autre dans la démarche équitable car tu te renseignes sur la provenance, sur le caractère équitable du produit au lieu de faire confiance à un pseudo-label. Mais, je vais te décevoir, tu fais partie d'une minorité. La majorité pousse son caddie dans un supermarché, en rallant car son pouvoir d'achat diminue, que le chomage augmente, en achetant du boeuf bourré d'hormone, mais en se donnant bonne conscience en achetant du café équitable.
Je passe au second point, sinon je vais être trop long. L'auteur distingue bien la différence entre les produits équitables. Mais comment le consommateur final pourrait le faire ? Il n'existe pas à l'heure actuelle de label commerce équitable fiable et légal. Des travaux ont été entrepris avec l'AFNOR et plusieurs associations luttant pour le commerce équitable pour la mise en place d'un cahier des charges pour le commerce équitable. Le problème est que personne ne voit le commerce équitable de la même façon, et Max H. a trouvé que ce qu'il allait en sortir serait trop contraignant pour lui. Au final, rien en est sorti. Les travaux n'ont servi à rien. Le commerce équitable est reconnu aux yeux de la loi selon les 3 articles précédemment cités. Gloups !
Enfin le troisième point est lui aussi intéressant. Oui l'auteur a interrogé les autres acteurs du commerce équitable. Je trouve que l'auteur est bien renseigné, on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir fait de recherches. Un point sur lequel il apporte notre attention est sur le fait que l'on parle de produit équitable et non de produit issue d'une filière équitable. Peut-on considérer un produit comme équitable car on a donné 0,5¤ de plus à la coopérative (et non au producteur je le rappelle) sans revoir les conditions de travail des autres acteurs qui interviennent tout au long du parcours du produit ? Certaines associations reconnaissent qu'un produit ne pourra jamais être équitable à cause du problème du transport maritime. Une idée est alors de donner la proportion équitable du produit, du genre ce produit est équitable à 80%, celui-là à 5%... Cela pourrait aider le consommateur à choisir le produit le plus équitable et ainsi aider le plus grand nombre de travailleurs.
Avant de finir, je voudrais revenir sur un point important du discours de Max H. : les colporteurs, ces travailleurs qui récoltent le café dans les exploitations pour les emmener dans les coopératives. Max H. les considère comme des vautours car ils coûtent cher (0.5¤ environ). Il a donc décidé de faire sans eux, d'aller directement au producteur, d'être le maillon entre le producteur et le torréfacteur, pour ainsi économiser et redistribuer cet argent au producteur (??). Max H. pour son travail éreintant (?!) se fait payer 0.5¤ environ (tiens, le prix du colporteur !) et le producteur ne voit pas sa paye augmenter ! Il faut également savoir que le rôle du colporteur était très important car il était le lien social entre le producteur et la ville. Son rôle n'était pas principalement de récolter le café, il ramenait aux villageois nourriture, médicaments... Max H. en a décidé autrement et l'a mis au chômage forcé, est-ce équitable comme démarche, mettre un maillon important socialement au placard pour économiser 0.5¤ et ne rien dire aux supermarchés qui eux ont des marges beaucoup plus importantes ? bof....
Enfin, concernant l'équitable en grande distribution, le sujet est compliqué et épineux. Certes oui il faut pouvoir développer le commerce équitable en augmentant les volumes de vente. Mais n'est-ce pas se trahir en vendant de l'équitable dans un endroit tout sauf équitable ? le grand distributeur fait-il un effort en baissant sa marge ? non, pas du tout, il a même des marges plus importantes sur les produits équitables que non-équitable! Le sujet est compliqué car le paradoxe est dur à contourner. Il faudrait trouver d'autres solutions qui n'existent pas pour le moment.
Conclusion : non l'auteur n'est pas partisan de Max H. bien au contraire, il en montre toutes les abbérations. Je vous conseilles de vous tourner vers Minga par exemple qui il me semble défend des valeurs plus équitables (http://www.minga.net/rubrique.php3?id_rubrique=14 )