• [^] # Chronique du matin... chagrin

    Posté par . En réponse à la dépêche Crash sur le World Trade Center. Évalué à 10.

    Il faisait beau sur la ville ce matin là. La moitiée de la ville était en t-shirt...

    Il était administrateur système. Il était venu tôt au boulôt pour backuper les données de la boîte avant que les collègues ne saturent le réseau.

    Elle était secrétaire, elle montait dans l'ascensceur pour rejoindre son boulot.

    Il était étudiant, il était venu tôt, fou de joie d'avoir décroché ce stage dans cette grosse boite.

    Il était cadre, vingt ans qu'il ramait 14 heures par jour, mais il y était arrivé à ce poste qu'il convoitait.

    Lui en avait marre, "encore un mois et je démissionne" disait-il...

    Et puis...

    Il avait pris l'avion pour aller à New-York. Son boss l'avait prévenu: "ramène ce contrat ou je te vire!"

    Et puis...

    C'est vous, c'est moi, qui en avions marre que le traitement de notre dossier traîne. Alors on est allé directement au siège de la boîte pousser notre gueulante...

    Et puis...

    Lui était pompier volontaire. Quand on lui a annoncé la nouvelle, il n'y a d'abord pas cru. Mais il est monté dans le camion. Sur place, il a vu les gens qui courraient, ceux qui appelaient à l'aide, ceux qui sautaient, les flammes. Alors il a grimpé la tour aussi vite que possible. Il n'a jamais atteint son but...

    Inutile de raconter ce qui a suivit, vous le connaissez tous par coeur.

    C'est vous, c'est moi, dans notre vie quotidienne, avec nos espoirs, nos peurs, nos colères et nos haines. Tombés sous les coups d'une haine plus forte encore. Une haine aveugle. Frappés dans notre chair pour frapper l'imaginaire de tous. Vous auriez pu être là. Peut-être pas là à New-York, mais dans les flammes, car le terrorisme frappe n'importe qui, n'importe où. Vous, ici, demain peut-être...

    Intégristes, extrémistes, terroristes de tout poil, quel importance... Qui a fait ça n'est pas le problème immédiat, on en est réduit à spéculer sur du vent...

    Mais par pitié, avant de parler pensez à eux.

    Car eux, c'est moi, c'est vous...

    Il faisait beau sur New-York ce matin là...