• [^] # Re: Hum

    Posté par . En réponse au journal RFID : une pétition pour une consultation en Français. Évalué à 1.

    Dis donc, quand les gens ne sont pas d'accord avec toi, il ne faut pas partir systématiquement du postulat qu'ils sont un peu gamins ou malcomprenants.

    D'abord, tu as prétendu que rien n'a été fait pour simplifier le francais, ce qui est faux :

    http://fr.wikisource.org/wiki/Rapport_du_Conseil_sup%C3%A9ri(...)

    Ensuite, le point de désaccord, c'est que tu n'as pas pu t'empêcher de faire une publicité comparative entre le francais si compliqué et la légendaire simplicité de l'anglais.

    Pour moi cette simplicité légendaire, c'est une légende, mais je suis prêt à que tu me démontres l'inverse.

    - tu as un micro ? Enregistre le poème "English is tough stuff" que je cite plus haut, téléverse-le sur un site comme http://dailymotion.com et montre-moi que la prononciation anglaise n'a pas de secret pour toi.

    - peux-tu lire et éventuellement réfuter ce ce rapport Miscommunication between pilots and air traffic control (Mauvaise communication entre les pilotes et les contrôleurs aériens), http://minilien.com/?YfQnNnXZjq

    R. Kent Jones y met en lumière que le choix de l'anglais en 1951 par l'Organisation de l'aviation civile internationales'est fait au détriment de la sécurité des passagers. Les phrases standardisées utilisées par les contrôleurs aériens aux États-Unis d'Amérique peuvent être mal comprises, en raison d'ambiguïtés, de mauvaises dénominations et d'illogismes. Bilan : de nombreuses catastrophes aériennes dues à l'anglais. La conclusion de l'auteur, pilote lui-même, est que l'incapacité de la langue anglaise à n'être pas ambiguë doit conduire l'OACI à changer de langue.

    - que réponds-tu aux arguments soulevés par le linguiste Claude Piron http://claudepiron.free.fr/articlesenfrancais/linguistes2.ht(...)

    L'anglais est une langue très difficile. Au début, elle paraît simple, parce qu'il n'y a pas beaucoup de formes grammaticales à mémoriser. Mais plus on progresse, plus on se rend compte que cette facilité initiale est fallacieuse, jusqu'à ce qu'on finisse par prendre conscience de l'impossibilité d'arriver à une maîtrise parfaite de la langue, qui permettrait de se sentir sur un pied d'égalité avec les personnes de langue anglaise. «So much that is being said is correct, so little is right» («Ils forment tant de phrases correctes, mais si peu qui sonnent juste»), dit l'écrivain George Steiner au sujet d'étudiants étrangers censés avoir atteint en anglais un niveau opérationnel. (8) En fait, une maîtrise comparable à celle d'un anglophone de naissance ne peut être atteinte que si l'on vit assez longuement dans un environnement où tout le monde parle anglais. Les personnes de langue germanique atteignent souvent une meilleure maîtrise que les autres, parce que l'anglais appartient à la même famille que leur langue maternelle, mais la différence par rapport aux «natifs» n'en est pas moins considérable même chez elles.

    [...]

    L'énorme difficulté de l'anglais tient à une foule d'incohérences qui n'apportent rien à la communication. Dans la majorité des langues qui s'écrivent avec un alphabet, il suffit de connaître quelques règles d'orthographe pour pouvoir écrire correctement un mot que l'on sait prononcer. En anglais, l'orthographe n'a rien de facile, et il faut apprendre la prononciation, notamment la place de l'accent, avec chaque mot. Le a ne se prononce pas de la même manière dans nation et national, ni le i dans wild et wilderness, alors que dans les deux cas le second dérive du premier. Le groupe ict se prononce d'une façon dans depict, d'une autre dans indict. Si la plupart des Occidentaux non anglophones prononcent mal sweatshirt et Reagan, c'est parce que rien ne permet de deviner comment les lettres ea vont se prononcer. La mise en mémoire de la prononciation et de l'orthographe de chaque nouveau mot appris représente pour tout élève d'anglais une somme d'énergie considérable. Le mot «aberrant» est justifié pour qualifier ce décalage entre écriture et prononciation, puisqu'il est absent de la plupart des langues et que cela n'affecte absolument pas la communication. À une époque où l'on tente de convaincre les populations des avantages de la rationalisation dans les entreprises, il est vraiment étrange de choisir pour communiquer, parmi toutes les langues disponibles, une langue où le rapport efficacité/coût est aussi défavorable.

    [...]

    Un autre aspect de l'anglais qui ajoute encore à l'effort à faire pour maîtriser la langue est son immense lexique. D'une part, il contient un nombre de synonymes dont se passent agréablement la plupart des langues. On ne maîtrise pas l'anglais si l'on ignore que `lire' se dit read, (9) mais aussi peruse, qu'à côté d'inevitable il y a unavoidable, à côté de menace, threat. D'autre part, il n'y a souvent aucun rapport de forme entre un mot et ce qui, dans l'immense majorité des autres langues, est un dérivé : comparez l'anglais tooth / dentist au français dent>dentiste, à l'allemand Zahn>Zahnartzt, à l'arabe asnân>tubîb al-asnân, au persan dandan > dandansaz, au japonais ha>haisha, au chinois ya >yayi, au malais gigi>doktor gigi.

    Comparer arme > désarmement (allemand : Waffe >Entwaffnung ; russe : oru ̧ie > razoru ̧enie) à l'anglais weapon / disarmament. Il n'y a aucun rapport de forme entre year et annual, city et urban, moon et lunar (comparez avec l'Esperanto: jaro> jara, urbo > urba, luno > luna). Mémoriser toutes ces incohérences représente un effort d'autant plus décourageant que l'élève ne peut s'empêcher de comparer avec sa propre langue ; il se rend ainsi compte qu'elles ne sont nullement nécessaires pour qu'une langue puisse jouer le rôle qu'on attend d'elle : assurer une bonne intercompréhension. En outre, elles compliquent le travail de la mémoire. L'insertion de ces incohérences dans le cerveau exige la mise en place de réflexes conditionnés. Or, ceux-ci ne tardent pas à s'effilocher quand ils cessent d'être quotidiennement renforcés : il suffit d'un an ou deux hors d'un milieu anglophone pour que les formes sans lien mnésique se dissolvent et qu'une bonne partie de l'acquis linguistique devienne difficile à retrouver, ce qui empêche de parler couramment.