La notion de « base » est mathématique, pas culturelle.
Je veux dire que personne n'a dit « on va utiliser la base N ». D'abord parce que le processus de « décision » est long, ensuite parce qu'une « base », il faut savoir ce que c'est (et c'est très récent comme notion1).
Les gens comptent avec ce qu'ils ont sous la main (les doigts, les articulations, des cailloux...). Ils inventent des noms pour les nombres les plus courants (genre « un », « deux », « trois », « beaucoup »). Ils inventent parfois des règles pour inventer d'autres noms facilement ou éviter d'avoir à le faire. Les sages/sorciers/vieux du coin ajoutent une touche de philosophie, de religion (« 3 c'est cool », « les doigts, c'est sacré »...).
Et, donc, avec l'usage, la tradition, les considérations philosophiques ou religieuses, les considérations pratiques, les influences extérieures, les lois de la phonologie et de la phonétique, certaines langues se retrouvent avec des « bases ».
On peut noter que les bases que l'on trouve dans les langues ne sont pas forcément celles que l'on retrouve dans les sociétés qui les utilisent. P.ex. le système monétaire pré-1961 au Royaume-Uni comportait des divisions duodécimales (12) et doubles-décimales (20) alors que l'anglais a une base dix.
On peut aussi s'intéresser aux « irrégularités » dans les nombres : l'anglais devient régulier à partir de 13 (twelve, thirteen, forteen...), l'espagnol 16 (quinze, diez y seis...) et le français 17 (seize, dix-sept...).
[^] # Re: russe
Posté par Sylvain Sauvage . En réponse au journal Progrès dans l'équipe de traduction du jeu Wormux. Évalué à 3.
Je veux dire que personne n'a dit « on va utiliser la base N ». D'abord parce que le processus de « décision » est long, ensuite parce qu'une « base », il faut savoir ce que c'est (et c'est très récent comme notion1).
Les gens comptent avec ce qu'ils ont sous la main (les doigts, les articulations, des cailloux...). Ils inventent des noms pour les nombres les plus courants (genre « un », « deux », « trois », « beaucoup »). Ils inventent parfois des règles pour inventer d'autres noms facilement ou éviter d'avoir à le faire. Les sages/sorciers/vieux du coin ajoutent une touche de philosophie, de religion (« 3 c'est cool », « les doigts, c'est sacré »...).
Et, donc, avec l'usage, la tradition, les considérations philosophiques ou religieuses, les considérations pratiques, les influences extérieures, les lois de la phonologie et de la phonétique, certaines langues se retrouvent avec des « bases ».
On peut noter que les bases que l'on trouve dans les langues ne sont pas forcément celles que l'on retrouve dans les sociétés qui les utilisent. P.ex. le système monétaire pré-1961 au Royaume-Uni comportait des divisions duodécimales (12) et doubles-décimales (20) alors que l'anglais a une base dix.
On peut aussi s'intéresser aux « irrégularités » dans les nombres : l'anglais devient régulier à partir de 13 (twelve, thirteen, forteen...), l'espagnol 16 (quinze, diez y seis...) et le français 17 (seize, dix-sept...).
1 : Leibniz ?