Bon, je vais encore jouer au défenseur de l'ordre établi (ohhh!)
Tout à fait d'accord.
Je trouve qu'il y a une dérive malsaine du libre en ce moment (mais je suppose que c'est un effet pervers de son succès).
Rappelons un peu les choses. L'informatique, parce qu'il était à l'origine universitaire et que dans le monde scientifique, l'échange est la règle (du moins dans la recherche dirigée par l'État... ce n'est pas le cas dans le privé ou dans l'armée), était aussi partagée (à savoir que tout le monde avait accès à tout et pouvait contribuer à l'amélioration). Puis sont arrivées les premières restrictions et par effet de bord, cela a entraîné le lancement d'une solution libre par RMS.
En 10 ans, un nombre varié de développeurs a mis au point un système d'exploitation complet, allant du noyau (Linux ou BSD), un shell (bash & co), une myriade d'outils (les GNU...), un formateur de textes (TeX), des langages de programmation variées et les outils qui vont avec (gcc, gdb, Perl, gtk, ...). Bref, tout cela a été possible grâce au fait qu'un grand nombre de dévelopeurs ont fait cela bénévollement sur leur temps libre ou bien payé par l'État (en ce qui concerne les universitaires).
Pourquoi cela a-t'il été possible ? Parce qu'en informatique, le coût du développement est uniquement basé sur le temps de développement. Il va de soit qu'il faut avoir un ordinateur mais ce dernier a un coût nul par rapport au temps passé pour la mise au point d'un logiciel. Il faut pour être honnête ajouter le coût des communications pour le transfert des logiciels. Mais pour être honnête aussi, vu que la plupart des développeurs étaient plus ou moins affiliés à l'université, ce coût-là était pris en charge sur le budget de l'État. Et le coût est nul aujourd'hui (même si ce n'est pas vrai pour tout le monde...).
Bref, l'informatique a ceci de magique et d'unique au monde qu'elle est une des rares activités pouvant être commerciales accessibles aussi bien au petit grouillot dans son garage qu'à un géant montrueux comme IBM. D'où le succès du logiciel libre qui s'est créé et perdure sur l'abnégation d'un certain nombre de développeurs qui ne se font pas payer en échange de leur savoir faire.
Il y a donc un marché explicite entre le développeur et l'utilisateur. « Je m'amuse à développer cela et tu peux l'utiliser comme tu veux. Si tu es sympa, tu m'écris pour me remercier et me donner un retour (sous forme de rapport de bogues ou bien tout simplement de désidérata à insérer dans une version ultérieure). Si cela me chante, je le ferai. » C'est tout. Il n'y a rien de plus si ce n'est l'assurance de pouvoir à tout moment conserver cet acquis et pouvoir remplacer un développeur qui en aurait marre par une autre solution (même commerciale) .
D'aucuns ont alors essayé de traduire cela sous forme de phylosophie ou que sais-je encore. Il n'y a rien de phylosophique là-dedans. Cela existe tant que l'échange perdurera et tant qu'il sera légal de le faire (d'où le danger des brevets).
D'autres ont essayé de traduire cela dans d'autres domaines d'activité. Ils ont créé le GNU Art pour tenter de rassembler une création artistique (quoique la programmation soit aussi un art :-)) sur le même principe que le logiciel libre. Il n'est pas évident que cela fonctionne aussi bien que le logiciel mais comme cela se base sur les mêmes principes, on ne sait jamais : le coût initial est assumé par l'artiste lui-même et ce coût est principalement dû aux heures de développement, c'est-à-dire à l'expression de l'artiste dans son savoir-faire. Encore une fois, ce coût est assumé par le développeur au profit de l'utilisateur.
D'autres ont ensuite décrété que cela pouvait s'appliquer à l'ensemble des activités commerciales puisque cela fonctionne avec le logiciel. C'est faux. Le logiciel a cette propriété remarquable d'avoir un coût de duplication quasi-nulle. On ne peut comparer cela à la fabrication d'un objet manufacturé (comme une voiture ou un ordinateur) qui coûte à la fois en matière première et en main-d'oeuvre de fabrication. C'est pourquoi un projet que le free-cpu n'aura pas forcément le succès de celui du logiciel car il s'agit d'un produit manufacturé. Toutefois, l'avantage dans ce cas sera l'absence de royalties à reverser, royalties qui grèvent singulièrement les prix de certains appareils modernes (sachez que lorsque vous achetez un décodeur, la moitié de son prix est dû aux différentes royalties).
Enfin, la dernière catégorie de personne est plus vicieuse. Sous prétexte du libre échangisme qui règne au sein du logiciel libre, et de par le fait qu'en informatique, il est particulièrement facile de dupliquer n'importe quoi, il s'est créé une communauté pour s'auto-justifier de tous les actes qui est possible de commettre et notamment le piratage à gogo. Il est vrai que cette pratique est particulièrement encouragée par les ténors commerciaux du monde informatique (qui y gagnent des partisans de fait pour permettre d'imposer leurs vues en entreprise et ainsi gagner des marchés plus juteux).
Sous prétexte que le coût de duplication de la musique numérique n'est pas plus élevé que celui du logiciel, ils se sont arrogés le droit de s'approprier ces musiques sans payer (comme ils ont l'habitude de le faire pour les logiciels) par simple téléchargement voire par recopie pure et simple du support physique (comme le cédérom). La compression au format mp3 a été un facteur déterminant dans ce procédé car il réduisait de façon drastique la taille des fichiers.
Bien sûr, il faut pour cela avoir bonne conscience alors, rien de tel que d'attaquer les maisons de disques comme on le fait pour MicroSoft ou Intel. « ils » dominent le monde donc ils sont des voleurs or si je vole un voleur, je suis un mec bien... C'est le syndrôme de Robin des Bois, sans le reversement aux pauvres.
Entendons-nous bien : je ne cherche pas à défendre les maisons d'éditions. Je crois même qu'elles font complètement fausse route en agissant de la sorte. Elles sont dirigeant par des vieux croulants qui ne comprennent pas (encore) les arcanes du monde moderne. Une diffusion large de tous leurs morceaux librement téléchargeable (car fortement dégradés) leur assureraient un succès immense car il a été prouvé que la diffusion massive et gratuite poussait les téléchargeurs à les acheter ensuite...
Bref, ne confondons pas tout : un voleur est un voleur et n'est pas excusable. On a ici un des nombreux effets pervers de la mondialisation. Les entreprises se concentrent... et pas toujours pour le bien du consommateur final. Si vous voulez de la musique libre (et il parait que cela existe...), tournez-vous vers les artites qui ont décidé de le faire. Mais ne forcez pas la main à ceux qui ne le veulent pas.
[^] # Re: Ce qui devait arriver arrivera... ou pas.
Posté par freePK . En réponse à la dépêche Lobbying pour un hardware régulé. Évalué à 10.
Tout à fait d'accord.
Je trouve qu'il y a une dérive malsaine du libre en ce moment (mais je suppose que c'est un effet pervers de son succès).
Rappelons un peu les choses. L'informatique, parce qu'il était à l'origine universitaire et que dans le monde scientifique, l'échange est la règle (du moins dans la recherche dirigée par l'État... ce n'est pas le cas dans le privé ou dans l'armée), était aussi partagée (à savoir que tout le monde avait accès à tout et pouvait contribuer à l'amélioration). Puis sont arrivées les premières restrictions et par effet de bord, cela a entraîné le lancement d'une solution libre par RMS.
En 10 ans, un nombre varié de développeurs a mis au point un système d'exploitation complet, allant du noyau (Linux ou BSD), un shell (bash & co), une myriade d'outils (les GNU...), un formateur de textes (TeX), des langages de programmation variées et les outils qui vont avec (gcc, gdb, Perl, gtk, ...). Bref, tout cela a été possible grâce au fait qu'un grand nombre de dévelopeurs ont fait cela bénévollement sur leur temps libre ou bien payé par l'État (en ce qui concerne les universitaires).
Pourquoi cela a-t'il été possible ? Parce qu'en informatique, le coût du développement est uniquement basé sur le temps de développement. Il va de soit qu'il faut avoir un ordinateur mais ce dernier a un coût nul par rapport au temps passé pour la mise au point d'un logiciel. Il faut pour être honnête ajouter le coût des communications pour le transfert des logiciels. Mais pour être honnête aussi, vu que la plupart des développeurs étaient plus ou moins affiliés à l'université, ce coût-là était pris en charge sur le budget de l'État. Et le coût est nul aujourd'hui (même si ce n'est pas vrai pour tout le monde...).
Bref, l'informatique a ceci de magique et d'unique au monde qu'elle est une des rares activités pouvant être commerciales accessibles aussi bien au petit grouillot dans son garage qu'à un géant montrueux comme IBM. D'où le succès du logiciel libre qui s'est créé et perdure sur l'abnégation d'un certain nombre de développeurs qui ne se font pas payer en échange de leur savoir faire.
Il y a donc un marché explicite entre le développeur et l'utilisateur. « Je m'amuse à développer cela et tu peux l'utiliser comme tu veux. Si tu es sympa, tu m'écris pour me remercier et me donner un retour (sous forme de rapport de bogues ou bien tout simplement de désidérata à insérer dans une version ultérieure). Si cela me chante, je le ferai. » C'est tout. Il n'y a rien de plus si ce n'est l'assurance de pouvoir à tout moment conserver cet acquis et pouvoir remplacer un développeur qui en aurait marre par une autre solution (même commerciale) .
D'aucuns ont alors essayé de traduire cela sous forme de phylosophie ou que sais-je encore. Il n'y a rien de phylosophique là-dedans. Cela existe tant que l'échange perdurera et tant qu'il sera légal de le faire (d'où le danger des brevets).
D'autres ont essayé de traduire cela dans d'autres domaines d'activité. Ils ont créé le GNU Art pour tenter de rassembler une création artistique (quoique la programmation soit aussi un art :-)) sur le même principe que le logiciel libre. Il n'est pas évident que cela fonctionne aussi bien que le logiciel mais comme cela se base sur les mêmes principes, on ne sait jamais : le coût initial est assumé par l'artiste lui-même et ce coût est principalement dû aux heures de développement, c'est-à-dire à l'expression de l'artiste dans son savoir-faire. Encore une fois, ce coût est assumé par le développeur au profit de l'utilisateur.
D'autres ont ensuite décrété que cela pouvait s'appliquer à l'ensemble des activités commerciales puisque cela fonctionne avec le logiciel. C'est faux. Le logiciel a cette propriété remarquable d'avoir un coût de duplication quasi-nulle. On ne peut comparer cela à la fabrication d'un objet manufacturé (comme une voiture ou un ordinateur) qui coûte à la fois en matière première et en main-d'oeuvre de fabrication. C'est pourquoi un projet que le free-cpu n'aura pas forcément le succès de celui du logiciel car il s'agit d'un produit manufacturé. Toutefois, l'avantage dans ce cas sera l'absence de royalties à reverser, royalties qui grèvent singulièrement les prix de certains appareils modernes (sachez que lorsque vous achetez un décodeur, la moitié de son prix est dû aux différentes royalties).
Enfin, la dernière catégorie de personne est plus vicieuse. Sous prétexte du libre échangisme qui règne au sein du logiciel libre, et de par le fait qu'en informatique, il est particulièrement facile de dupliquer n'importe quoi, il s'est créé une communauté pour s'auto-justifier de tous les actes qui est possible de commettre et notamment le piratage à gogo. Il est vrai que cette pratique est particulièrement encouragée par les ténors commerciaux du monde informatique (qui y gagnent des partisans de fait pour permettre d'imposer leurs vues en entreprise et ainsi gagner des marchés plus juteux).
Sous prétexte que le coût de duplication de la musique numérique n'est pas plus élevé que celui du logiciel, ils se sont arrogés le droit de s'approprier ces musiques sans payer (comme ils ont l'habitude de le faire pour les logiciels) par simple téléchargement voire par recopie pure et simple du support physique (comme le cédérom). La compression au format mp3 a été un facteur déterminant dans ce procédé car il réduisait de façon drastique la taille des fichiers.
Bien sûr, il faut pour cela avoir bonne conscience alors, rien de tel que d'attaquer les maisons de disques comme on le fait pour MicroSoft ou Intel. « ils » dominent le monde donc ils sont des voleurs or si je vole un voleur, je suis un mec bien... C'est le syndrôme de Robin des Bois, sans le reversement aux pauvres.
Entendons-nous bien : je ne cherche pas à défendre les maisons d'éditions. Je crois même qu'elles font complètement fausse route en agissant de la sorte. Elles sont dirigeant par des vieux croulants qui ne comprennent pas (encore) les arcanes du monde moderne. Une diffusion large de tous leurs morceaux librement téléchargeable (car fortement dégradés) leur assureraient un succès immense car il a été prouvé que la diffusion massive et gratuite poussait les téléchargeurs à les acheter ensuite...
Bref, ne confondons pas tout : un voleur est un voleur et n'est pas excusable. On a ici un des nombreux effets pervers de la mondialisation. Les entreprises se concentrent... et pas toujours pour le bien du consommateur final. Si vous voulez de la musique libre (et il parait que cela existe...), tournez-vous vers les artites qui ont décidé de le faire. Mais ne forcez pas la main à ceux qui ne le veulent pas.
PK, indécrotablement honnête