> sur la forme : il y a ici beaucoup d'imprécations et pas beaucoup d'arguments.
Bon. Alors :
- les arguments d'autorité : le consortium ObjectWeb qui regroupe des grands industriels français ainsi que Sun et des dizaines de milliers de citoyens européens pas forcément tous "intégristes du libre" ni faisant partie "d'associations de consommateurs" se sont prononcés clairement contre la directive eucd et plus spécifiquement POUR le maintien de l'article 7 dans sa forme actuelle.
- les arguments économiques : l'industrie musicale est à l'heure actuelle en situation d'oligopole (4 acteurs qui se partagent le marché). En association avec le monopole de Microsoft et la force de frappe écrasante de Sony et consort, il me semble très utopiste d'espérer que la concurrence et le marché règlent le problème comme des grands. La concurrence est de fait rendue impossible justement par l'inclusion des DRM, qui placent des barrières à l'entrée sur le marché insurmontables. Croire que le consommateur pourra se défendre fait de plus doucement sourire quand on lit les amendements qui excluent le recours à la commission pour l'interopérabilité venant des particuliers, ne laissant cette possibilité qu'aux entreprises.
- les arguments éthiques : l'informatique est un outil. Elle devrait amener une plus grande liberté aux hommes, les déchargeant des tâches pénibles et répétitives, facilitant les transmissions et offrant des nouvelles perspectives d'accès au savoir (entre autres). Avec les DRM, elle devient le lieu d'une lutte de pouvoir, de contrôle, où l'outil n'est plus sous le contrôle de son utilisateur mais sous celui de son producteur. A travers l'outil, c'est l'homme qui se retrouve contrôlé, non pas par l'outil lui-même (du moins c'est une autre question - nous éviterons ici le débat philosophique sur "l'homme est-il asservi à la machine ?", merci), mais par un autre homme. Mais il s'agit là d'un argument éthique comme je l'ai dit, et à ce titre, je réalise bien qu'il n'est pas pris en compte par la loi.
> 2) sur le fond : il n'a pas tout à fait tort quand il qualifie le texte d'abscon.
> En particularité, l'étendue de son champ d'application ne me paraît pas claire.
Je dirais que c'est au tribunal de trancher (mais je ne suis pas juriste, loin de là). Ou alors, à M. Charasse de préciser la portée du texte, si c'est le problème. On ne supprime pas un article voté à l'unanimité.
Le texte me semble quant à moi très clair, il spécifie que les MTP (DRM) doivent posséder une interface publiquement spécifiée. Quant à savoir ce qu'est exactement une MTP, c'est à cette même loi de le définir, puisque précisément elle en condamne le contournement, et l'article 7 en question n'a rien à voir là-dedans. Le champ d'application en découle naturellement : tout ce qui est MTP doit être fourni avec une interface publique. Je ne vois pas le problème (mais je manque peut-être de notions juridiques).
Enfin, il parle aussi de mesure "absurde". Je ne vois pas ce qui est absurde dans le fait de donner des garanties aux entreprises et au citoyen.
> 3) sur la démocratie représentative : on ne peut pas applaudir quand il y a des
> francs-tireurs à l'UMP et crier "qu'est ce que c'est beau quand la démocratie
> fonctionne" et simultanément fustiger le PS parce qu'un des sénateurs s'écarte de la
> discipline du groupe.
Oui et non. Je ne fustige pas Charasse d'avoir usé de son indépendance (je suis plutôt pour, même si là je déteste son amendement - d'où les "larmes" évoquées dans mon article).
Par contre, je fustige les personnes que j'ai eu au téléphone, à qui j'ai fait part de mon inquiétude précisément sur ce sujet (à savoir, la présence d'électons libres au PS qui joueraient contre leur camp), et qui m'ont dit et répété : tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien.
Ca, je ne supporte pas, j'estime que le minimum c'est d'avoir l'honnêteté de dire "vous savez, chaque sénateur est libre, on ne sait jamais", chose que je n'ai pas entendue une seule fois en de nombreux coups de fils - d'où la régurgitation accompagnant les sécrétions lacrymales.
[^] # Re: Réflexions
Posté par MrLapinot (site web personnel) . En réponse au journal [DADVSI] Amendement 73 de Michel Charasse. Évalué à 2.
Bon. Alors :
- les arguments d'autorité : le consortium ObjectWeb qui regroupe des grands industriels français ainsi que Sun et des dizaines de milliers de citoyens européens pas forcément tous "intégristes du libre" ni faisant partie "d'associations de consommateurs" se sont prononcés clairement contre la directive eucd et plus spécifiquement POUR le maintien de l'article 7 dans sa forme actuelle.
- les arguments économiques : l'industrie musicale est à l'heure actuelle en situation d'oligopole (4 acteurs qui se partagent le marché). En association avec le monopole de Microsoft et la force de frappe écrasante de Sony et consort, il me semble très utopiste d'espérer que la concurrence et le marché règlent le problème comme des grands. La concurrence est de fait rendue impossible justement par l'inclusion des DRM, qui placent des barrières à l'entrée sur le marché insurmontables. Croire que le consommateur pourra se défendre fait de plus doucement sourire quand on lit les amendements qui excluent le recours à la commission pour l'interopérabilité venant des particuliers, ne laissant cette possibilité qu'aux entreprises.
- les arguments éthiques : l'informatique est un outil. Elle devrait amener une plus grande liberté aux hommes, les déchargeant des tâches pénibles et répétitives, facilitant les transmissions et offrant des nouvelles perspectives d'accès au savoir (entre autres). Avec les DRM, elle devient le lieu d'une lutte de pouvoir, de contrôle, où l'outil n'est plus sous le contrôle de son utilisateur mais sous celui de son producteur. A travers l'outil, c'est l'homme qui se retrouve contrôlé, non pas par l'outil lui-même (du moins c'est une autre question - nous éviterons ici le débat philosophique sur "l'homme est-il asservi à la machine ?", merci), mais par un autre homme. Mais il s'agit là d'un argument éthique comme je l'ai dit, et à ce titre, je réalise bien qu'il n'est pas pris en compte par la loi.
> 2) sur le fond : il n'a pas tout à fait tort quand il qualifie le texte d'abscon.
> En particularité, l'étendue de son champ d'application ne me paraît pas claire.
Je dirais que c'est au tribunal de trancher (mais je ne suis pas juriste, loin de là). Ou alors, à M. Charasse de préciser la portée du texte, si c'est le problème. On ne supprime pas un article voté à l'unanimité.
Le texte me semble quant à moi très clair, il spécifie que les MTP (DRM) doivent posséder une interface publiquement spécifiée. Quant à savoir ce qu'est exactement une MTP, c'est à cette même loi de le définir, puisque précisément elle en condamne le contournement, et l'article 7 en question n'a rien à voir là-dedans. Le champ d'application en découle naturellement : tout ce qui est MTP doit être fourni avec une interface publique. Je ne vois pas le problème (mais je manque peut-être de notions juridiques).
Enfin, il parle aussi de mesure "absurde". Je ne vois pas ce qui est absurde dans le fait de donner des garanties aux entreprises et au citoyen.
> 3) sur la démocratie représentative : on ne peut pas applaudir quand il y a des
> francs-tireurs à l'UMP et crier "qu'est ce que c'est beau quand la démocratie
> fonctionne" et simultanément fustiger le PS parce qu'un des sénateurs s'écarte de la
> discipline du groupe.
Oui et non. Je ne fustige pas Charasse d'avoir usé de son indépendance (je suis plutôt pour, même si là je déteste son amendement - d'où les "larmes" évoquées dans mon article).
Par contre, je fustige les personnes que j'ai eu au téléphone, à qui j'ai fait part de mon inquiétude précisément sur ce sujet (à savoir, la présence d'électons libres au PS qui joueraient contre leur camp), et qui m'ont dit et répété : tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien.
Ca, je ne supporte pas, j'estime que le minimum c'est d'avoir l'honnêteté de dire "vous savez, chaque sénateur est libre, on ne sait jamais", chose que je n'ai pas entendue une seule fois en de nombreux coups de fils - d'où la régurgitation accompagnant les sécrétions lacrymales.