• # le travail : la grande illusion ( PARODIE )

    Posté par . En réponse au journal Le logiciel libre, ça n'existe pas!. Évalué à 6.

    Vous pouvez tourner le problème dans tous les sens, développer tout un argumentaire subtil, lister un grand nombre de justifications, vous ne parviendrez jamais à faire croire que le travail, du latin tripalum ou trepanem qui signifie instrument de torture, soit autre chose qu'un mythe, une utopie déconnectée de la réalité humaine.



    Les hommes sont des hommes, et ce qui caractérise l'humanité, caractéristique partagée avec le reste du monde vivant, c'est que chaque individu lutte pour sa survie. Sauf à prendre appui sur des convictions religieuses et à défendre des valeurs idéales telles que la charité et le don de soi, personne de sensé ne peut croire que le salariat soit une volonté philanthropique dont le seul but serait le plaisir de fournir richesses et pouvoirs à des quidam pour «la beauté du geste» et le «bonheur de l'humanité».
    Rappelons brièvement ce qu'est supposé être le salariat.

    Officiellement et théoriquement, un salarié est une personne valide ( cad un homme plutot jeune, ignorant le droit, de sexe masculin, valide, blanc ), faisant appel à un contrat dont les termes permettent légalement l'exploitation, la revente ou le licenciement sans bénéfice. Ce contrat interdit que des intérêts publics ou personnels accaparent le salarié et ne le fassent moins produire. Chacun est libre de devenir salarié à temps complet ou partiel selon ses besoins, à condition que ce travail verse des bénéfices.

    C'est à cette utopie que les communicants du travail et du salariat veulent nous faire croire. Or, il nous faut très prosaïquement regarder la réalité en face: on ne peut pas verser des bénéfice à un autre pour un travail qui aura requis des heures, des jours, de semaines, des mois de transpiration sans avoir, d'une manière ou d'une autre, la ferme intention d'en tirer un profit, que ce soit à brève ou à longue échéance.

    Pourquoi un salarié devrait-il sacrifier son temps gratuitement à un employeur ?

    Théoriquement...

    Théoriquement, le travail consiste à produire ou rendre un service à quelqu'un. Cela peut être n'importe quoi tant que du temps y est passsé. Puis, on lance un appel à tous les chomeurs du monde intéressés, pour prendre sa place, etre payé moins, refaire le boulot, middle-manager son égo, etc.

    Théoriquement les travailleurs touchent des contributions, appointements, salaires lesquelles, toujours théoriquement, servent à manger, boire, et augmenter la croissance grace l'ensemble de la communauté qui travaille.

    Théoriquement le travail est durable, car aucune société commerciale ne peut en suspendre l'execution de manière immédiate. Le travail étant toujours disponible, il est toujours possible d'en trouver et d'évoluer, théoriquement...

    Théoriquement encore, l'employeur est performant, fiable, honnete puisque la communauté participe en permanence à son amélioration, à ses stocks-options, à sa villa et son yatch, etc.

    En pratique la réalité est tout autre...

    Lors d'un colloque sur la question, on a avancé que pour qu'un travail soit un projet viable, il lui fallait compter sur la participation au minimum d'une cinquantaine de bénévoles, dont au moins une dizaine de très bon niveau. Bref, soyons clairs et surtout réalistes: ni vous ni moi ne pouvons esperer gagner des millions en nous disant «moi aussi je vais travailler»!

    Il faut avoir le niveau, il faut avoir la pratique, et il faut avoir du temps... Et comme le principe du travail implique que l'on ne puisse tirer aucun revenu de sa prestation, il faut fondamentalement avoir une super motivation (et ne pas avoir besoin de s'amuser et d'avoir une vie privée)...

    Le fun, l'amour, le plaisir du travail, c'est une légende! Les vrais travailleurs, qui travaillent vraiment à l'amélioration effective des bénéfices, le font parce qu'ils sont payés pour le faire. Très bien payés. Je ne nie pas qu'il y ait sans doute quelques bons amateurs qui bricolent de temps en temps pour améliorer le rendement. Mais la grande majorité des travailleurs sont des professionnels, qui touchent un salaire.

    La vérité, c'est que ce sont de très grandes sociétés, qui ont fait la promotion du travail tout en restant très discrètes. Elles ont investi des sommes considérables, plusieurs millions de dollars, pour développer et diffuser le travail dans le monde. Qui peut croire que ces sommes ont été investies pour en faire «cadeau»? Le but était évidemment de briser la nature de l'homme, en mettant sur le marché des travailleurs capables de rivaliser avec des stakanovistes, anarchistes et autres oisifs. Et reconnaissons qu'il y a de belles réussites au niveau du travail comme le CPE, le CNE, les plans sociaux qui sont les grosses vedettes du travail soutenues par 82% des francais qui ont voté comme des cons au premier tour. Mais à côté de ces quelques exceptions, il y a aussi une masse énorme de travailleurs qui dorment, faute de licenciement pour financer les bénéfices et stock-option.

    Il importe donc de bien saisir la portée des clefs suivantes:

    - Un travail ne peut attirer des salariés que si ceux-ci y trouvent leur intérêt.
    - Un travail ne peut présenter un intérêt pour un nombre suffisant de salariés que si les fonctions offertes par ledit travail sont réellement avillissante.
    - L'utilité ne suffit pas. Pour qu'un travail et utile soit viable, il faut aussi qu'il soit exploitable, c'est-à-dire qu'il dispose d'aucune connaissance, d'une soumission hors-pair et n'avoir que cela à faire. Or il se trouve que, bien souvent, les salariés travaillent d'abord pour eux-mêmes et leur famille, et ne se posent pas trop la question de savoir quelles seront les difficultés éprouvées par la suite.
    - Un travail qui s'éloigne des standards a peu de chances de survivre.
    - Changer de travail implique aussi que des indemnités complémentaires puissent être garantis; en plus du travail, il faut donc concevoir des passerelles, des groupes de reconversion, afin que tel travail puisse conduir à tel autre. Qui va les fournir ?
    - Un travail gratuit génère des profits. Cela a pour conséquence une dichotomie: il y a bien une salarié gratuit, utile mais peu utilisable. Si vous voulez un travailleur utilisable et confortable, il faudra payer. Et il faudra payer d'autant plus cher qu'on souhaitera des compétences précises. Et du coup, on saute du travail au travail sur mesure, qui est ce qu'il y a de plus cher!

    Le travail 100% gratuit, 100% utile et 100% utilisable n?existe pas. Et je pense qu'il n'est pas près d'exister.


    ceci est une parodie à la manière de l'article de agoravox sur le logiciel libre