L'interview de Prodi ce matin
-Quel sera votre premiere action à la tete du gouvernement ?
"Diminuer l'imposition sur le travail et donner de la flexibilité au marché
du travail pour créer du dynamisme"
Je persiste et signe : Romano Prodi est l’un des principaux faussaires de l’Europe sociale et je n’ai aucune confiance en ce chantre du néolibéralisme. Le programme néolibéral de Berlusconi est loin d’être achevé, et son dynamisme connaîtra certainement un essor débordant avec Romano Prodi.
Un sondage récent réalisé par l’institut GlobalScan pour l’Université du Maryland, dans 20 pays différents, sur le thème de l’économie de marché, a fait l’objet de nombreux commentaires, notamment depuis qu’il a été repris par Le Figaro dans son édition du 25 mars. Par exemple, Denis Jeambar l’a évoqué dans un éditorial de L’Express, ou encore Alain Lambert, ex-ministre, avait publié un article sur ce même sujet sur AgoraVox. La quasi-totalité des commentaires va dans le même sens : les Français sont d’incorrigibles réfractaires à l’économie de marché, seuls au monde à ne pas en percevoir les bienfaits, comme en témoigne encore la citation suivante tirée d’un article du Monde paru le 4 avril sur le CPE : « Selon un sondage de l’institut GlobalScan [...] une pensée unique antilibérale domine et étrangle le débat public français, en le coupant d’idées réformistes qui pourtant existent et fonctionnent ailleurs en Europe ».
1) on accepte le principe de l'économie de marché comme positif, et on cherche à améliorer et à embelir la société dans ce cadre-là. Ce qui n'empêche pas par ailleurs de rester ouvert aux expériences, aux alternatives, et de tracer des utopies concrètes pour le moyen et le long terme. Ce qui n'empêche pas non plus de dénoncer le lobbying des grosses firmes, le cynisme de certains, bref, de s'attaquer au pouvoir de l'argent. Par contre, cela signifie que l'on accepte de flexibiliser de façon intelligente le marché du travail.
2) on considère que l'économie de marché est le problème, qu'il est impossible d'améliorer la société tant que l'on ne remet pas en cause le capitalisme, et que l'on doit à tout prix lui mettre des bâtons dans les roues, le limiter par tous les moyens, et de poser les bases d'un autre monde. Dans ce cadre, on analyse toute tentative d'adaptation des lois à l'évolution du capitalisme comme une regression sociale, une arnaque cynique, une attaque de classe pour soumettre davantage le salariat à ses exploiteurs. Et par exemple, on considère que toute simplification des licenciements est immorale, alors que l'on pourrait dans le cadre de la première démarche l'accepter, et demander d'avantage de droit par ailleurs pour compenser cette évolution.
A tort ou à raison, en Europe, seuls les français ont majoritairement adopté la deuxième démarche ;-) Chirac n'oserait par exemple pas dire ce que disent les dirigeants socialistes des autres pays européens, même s'il le pense très fort. Quant au CPE, c'est finalement un compromis bancal entre la position 1 et 2, et une magouille politique pour flexibiliser le code du travail en douce alors que les français n'en veulent pas. Mais, ont-ils vraiment raison ou sont-ils paranos ?
Télérama : C’est donc la promesse de l’école au sens large qui n’est plus tenue.
François Dubet : Je crois que les jeunes sont victimes de trois mécanismes. Le premier, c’est évidemment la massification de l’offre scolaire, qui est une bonne chose en termes de niveau général de la population, mais qui aurait dû s’accompagner, pour être réellement efficace, d’un changement de la nature même du système scolaire et universitaire. Sur vingt ans, toutes les tentatives de réformes un peu sérieuses ont échoué. Deuxième mécanisme : nous sommes dans un pays où les syndicats sont plutôt faibles et centrés sur le monde relativement protégé de la fonction publique et des très grandes entreprises. Ce monde-là, très légitimement d’ailleurs, se défend, et quand il se défend il externalise la précarité. Il la transforme en une sorte de variable d’ajustement. Troisième mécanisme : en France, le patronat s’est fort bien accommodé de cette situation en disant : produisez-moi les salariés dont j’ai besoin, le reste n’est pas de ma responsabilité. Les jeunes sont donc victimes du blocage du système scolaire, de la faiblesse des stratégies syndicales strictement défensives et de la stratégie patronale qui peut penser que cette situation lui convient. Je comprends que les jeunes soient un peu « énervés ».
# Un point de vue français sur Prodi ?
Posté par Séverin Tagliante-Saracino . En réponse au journal [HS] [CPE] L'avis d'un étranger. Évalué à 0.
-Quel sera votre premiere action à la tete du gouvernement ?
"Diminuer l'imposition sur le travail et donner de la flexibilité au marché
du travail pour créer du dynamisme"
http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2325
http://www.agoravox.fr/forum.php3?id_article=8633
Il y a deux démarches finalement :
1) on accepte le principe de l'économie de marché comme positif, et on cherche à améliorer et à embelir la société dans ce cadre-là. Ce qui n'empêche pas par ailleurs de rester ouvert aux expériences, aux alternatives, et de tracer des utopies concrètes pour le moyen et le long terme. Ce qui n'empêche pas non plus de dénoncer le lobbying des grosses firmes, le cynisme de certains, bref, de s'attaquer au pouvoir de l'argent. Par contre, cela signifie que l'on accepte de flexibiliser de façon intelligente le marché du travail.
2) on considère que l'économie de marché est le problème, qu'il est impossible d'améliorer la société tant que l'on ne remet pas en cause le capitalisme, et que l'on doit à tout prix lui mettre des bâtons dans les roues, le limiter par tous les moyens, et de poser les bases d'un autre monde. Dans ce cadre, on analyse toute tentative d'adaptation des lois à l'évolution du capitalisme comme une regression sociale, une arnaque cynique, une attaque de classe pour soumettre davantage le salariat à ses exploiteurs. Et par exemple, on considère que toute simplification des licenciements est immorale, alors que l'on pourrait dans le cadre de la première démarche l'accepter, et demander d'avantage de droit par ailleurs pour compenser cette évolution.
A tort ou à raison, en Europe, seuls les français ont majoritairement adopté la deuxième démarche ;-) Chirac n'oserait par exemple pas dire ce que disent les dirigeants socialistes des autres pays européens, même s'il le pense très fort. Quant au CPE, c'est finalement un compromis bancal entre la position 1 et 2, et une magouille politique pour flexibiliser le code du travail en douce alors que les français n'en veulent pas. Mais, ont-ils vraiment raison ou sont-ils paranos ?
http://www.telerama.fr/debats/edito.asp?art_airs=M0603271559(...)