Larges questions... Sur la question du vote à bulletin secret, d'abord. Oui, sans doute, la forme la plus efficace pour garantir la légitimité est le vote à bulletin secret avec vérification de la carte d'étudiant. Problème multiples, alors : dans une fac, il est très courant que tout le monde ne dispose pas de la carte d'étudiants. Pour permettre à tous de voter, il faut des listings à jour. Bon courage pour les obtenir. Ensuite, les votes à bulletin secret prennent *longtemps* (vote + dépouillement). Une des critiques sur les AG est qu'elles durent déjà trop longtemps : on va éviter de faire pire.
Bref, pour répondre à ces problèmes, les universités ont mis en place des "référendum" à bulletin secret. Dans mon institut, ce vote a lieu jeudi. Cependant, n'oublions pas l'exemple que je donnais plus haut sur les AG où le débat (auquel assiste les étudiants qui veulent voter, donc plusieurs milliers d'entre eux) permet justement l'information et change considérablement la donne sur le vote. Cela rappelle un point fondamental : une élection n'est pas démocratique si elle ne donne pas lieu à une campagne ouverte et pluraliste au préalable. Ainsi, ces élections, où chaque étudiant est convoqué par lettre alors qu'une grande partie ne se sont pas rendus sur le campus depuis longtemps, et n'ont donc jamais été touchés par le travail d'information, ne font que refléter les "idées dans l'air" (je vais dire un gros mot : l'idéologie dominante). En étudiant un peu plus en détails le résultat de ces votes, on semble arriver très vite à cette conclusion : notamment, il semble que le blocage soit plus voté dans les petites structures dont la politisation n'est pas forcément polarisée, parce que la taille de la structure permet de garantir une large campagne.
Je suis persuadé qu'une élection avec 1% de votants est au moins aussi légitime qu'une élection avec 50% de votants dont la plupart n'ont pas été touchés par une quelconque campagne en rapport avec le vote. Et pour cette raison, les élections à bulletin secret ne me semblent pas la panacée, bien au contraire.
Sur le problème de la légitimité des syndicats... Sans aucun doute. Il faudrait cependant analyser plus en détails les pourcentages de participation, selon les secteurs, lieux et milieux. Je pense que le vote obligatoire est en revanche une c*nnerie, pour des raisons qui deviennent évidente quand on lit plus haut. Je crois que s'agissant du syndicalisme étudiant, le problème réside dans la réappropriation des facs par les étudiants : représentation accrue et avec de vrais pouvoirs, aide au développement de la vie associative et politique, information sur la façon dont fonctionnent les établissements (combien d'étudiants sont orientés "par défaut", faute d'information et d'entretiens adaptés...), etc., etc. Alors, peut-être, les étudiants ne seront plus des "visiteurs de cours" et seront plus d'1 à 2% à s'investir dans la vie de leur campus, de leur fac. Quand ça sera le cas, et là où c'est déjà le cas, les élections étudiantes regroupent plus des 5% de moyenne nationale. Mais le mouvement est plutôt inverse actuellement.
[^] # Re: PLUTOT l'ANPE QUE LE CPE !
Posté par Manuel Menal . En réponse au journal Le troll politique du jour. Évalué à 5.
Bref, pour répondre à ces problèmes, les universités ont mis en place des "référendum" à bulletin secret. Dans mon institut, ce vote a lieu jeudi. Cependant, n'oublions pas l'exemple que je donnais plus haut sur les AG où le débat (auquel assiste les étudiants qui veulent voter, donc plusieurs milliers d'entre eux) permet justement l'information et change considérablement la donne sur le vote. Cela rappelle un point fondamental : une élection n'est pas démocratique si elle ne donne pas lieu à une campagne ouverte et pluraliste au préalable. Ainsi, ces élections, où chaque étudiant est convoqué par lettre alors qu'une grande partie ne se sont pas rendus sur le campus depuis longtemps, et n'ont donc jamais été touchés par le travail d'information, ne font que refléter les "idées dans l'air" (je vais dire un gros mot : l'idéologie dominante). En étudiant un peu plus en détails le résultat de ces votes, on semble arriver très vite à cette conclusion : notamment, il semble que le blocage soit plus voté dans les petites structures dont la politisation n'est pas forcément polarisée, parce que la taille de la structure permet de garantir une large campagne.
Je suis persuadé qu'une élection avec 1% de votants est au moins aussi légitime qu'une élection avec 50% de votants dont la plupart n'ont pas été touchés par une quelconque campagne en rapport avec le vote. Et pour cette raison, les élections à bulletin secret ne me semblent pas la panacée, bien au contraire.
Sur le problème de la légitimité des syndicats... Sans aucun doute. Il faudrait cependant analyser plus en détails les pourcentages de participation, selon les secteurs, lieux et milieux. Je pense que le vote obligatoire est en revanche une c*nnerie, pour des raisons qui deviennent évidente quand on lit plus haut. Je crois que s'agissant du syndicalisme étudiant, le problème réside dans la réappropriation des facs par les étudiants : représentation accrue et avec de vrais pouvoirs, aide au développement de la vie associative et politique, information sur la façon dont fonctionnent les établissements (combien d'étudiants sont orientés "par défaut", faute d'information et d'entretiens adaptés...), etc., etc. Alors, peut-être, les étudiants ne seront plus des "visiteurs de cours" et seront plus d'1 à 2% à s'investir dans la vie de leur campus, de leur fac. Quand ça sera le cas, et là où c'est déjà le cas, les élections étudiantes regroupent plus des 5% de moyenne nationale. Mais le mouvement est plutôt inverse actuellement.