• [^] # Re: bah

    Posté par . En réponse au journal [HS] Le droit de grève. Évalué à 3.

    Wikipedia signale que la grève "vise à lutter contre une situation ou une mesure jugée inacceptable".

    Je me demande si cela a toujours été le cas?
    J'ai l'impression qu'au début du siècle (le XXème) c'était surtout pour les conditions de travail dans l'entreprise.
    Le fait que cela soit contre une mesure c'est plutôt récent, non?
    Curieusement cela me fait penser à un passage de présumé innocent à présumé coupable.
    La mesure est coupable et doit montrer patte blanche avant d'être mise en oeuvre.
    Nous arrivons alors à des cas où par exemple sur une rumeur de privatisation la SNCF fait grêve.
    Ce qui est rare est précieux et les grêves ou manifestations à outrance (où ça) perdent en impact.

    Comme il y a plusieurs moyens de protester, il faut savoir utiliser le meilleur.
    Pour les brevets logiciels au parlement européen, pas de grêves, mais une occupation de l'espace internet et des envois réguliers aux parlementaires.
    Pour le TCE, pas de grêves mais là aussi occuper l'espace internet. Rappelez-vous E. chouard.
    Pour DADVSI, pas encore de grêve...mais même si beaucoup considère que la loi qui en résulte est un échec (et c'en est un), grâce aux appels des internautes, un grand nombre de députés étaient au fait problème. Pas assez malheureusement. Mais une loi n'est là qu'en attendant l'autre.

    Pour le CPE, je pense que la grêve des étudiants et les manifestations n'étaient pas la bonne manière de protester.
    Le gouvernement dans sa légitimité ne bouge pas, les positions se radicalisent, les universités bloquées, les casseurs débarquent, les récupérations politiques, employés contre patrons, public contre privé...
    Quels finalités, soit le CPE est maintenu avec risques d'escalade ou de pourrissements.
    Soit le CPE est retiré, alors au pire le gouvernement ne fait rien avec les élections dans un an, (élections qui auraient pu voir un président annulant le CPE, en passant) au mieux un cycle de réflexion qui aurait de toutes façons eu lieu. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faut refondre en profondeur le code du travail et l'éducation...Le temps qu'ils y réfléchissent, discutent avec les syndicats, appliquent les lois et qu'il y ait un retour positif, cela prendra bien les 5 prochaines années du nouveau président.
    Résultat ceux qui manifestent maintenant se retrouvent sans rien jusqu'au premier CDI à 28ans (en moyenne).
    Enfin, sans rien, CDD, stages, interims...La routine quoi.

    Je n'ai pas la solution sur le meilleur moyen de protester mais il me semble qu'au niveau droit du travail, ce ne sont pas des lois qu'il faut mais un accord entre partenaires sociaux (représentatifs des travailleurs...hum).
    Les syndicats se seraient rassemblés (patronat et étudiants compris) d'eux mêmes comme des grands, auraient trouvés un compromis et l'auraient proposés au gouvernement, celui-ci l'aurait accepté, je pense.
    MHA