Ok, après avoir lu la moitié des commentaires, je pense que cela peut être pertinent de donner ma vision des choses. Moinssez moi si vous trouvez cela inutile.
Je suis actuellement étudiant sur Arles, petite ville du sud assez sympathique tout compte fait.
Comme j'ai légèrement horreur de regarder la télé, et que mes seules sources d'infos principales sont dlfp et quelques forums/blogs linux/ubuntu, je suis légèrement coupé du monde. Je ne m'étais donc pas forgé d'opinion sur le CPE et il en était de même pour la plupart de mes camarades (y'a pas un mot moins nul?) de formation, nous n'avions declenché aucun mouvement de grève.
Lundi, réunion/conférence initiée par le directeur de l'établissement. en gros il disait que dans sa région, on était le seul endroit de l'université d'aix-Marseille qui n'était pas grève, et qu'il se demandait pourquoi. Rajoutez à cela le fait qu'il nous annonce un soution des directeurs d'universités, et du blabla comme quoi faire la grève ne nous pénaliserait pas au niveau des cours/examens (pas de partiels chez nous, je suis en IUT)
En gros il passait pour un con auprès de ses collègues directeurs et il voulait nous voir faire grève.
Aussi minable que cela puisse être cela a déclenché quelques debats et la plupart des gens se sont donc forgés une opinion. Sur 4 formations (1 DUT informatique, notre DUT Services et Réseaux de Com, et 2 licences pro) seule la notre était très favorable à une grève. Après un vote qui eut lieu le lendemain, aucun blocage ne fut envisagé, mais notre section occuperait quand même les locaux pour monter un lieu d'informations sur notre vision du CPE.
Lundi, Mardi, Mercredi nous occupions donc les locaux sans vraiment géner personne. Sur 52 personnes de notre année de formation, au moins 10 ne venaient plus et restaient chez eux pour glander, 2 venaient avec l'objectif d'aller en cours (les profs refusaient de faire cours à 2 personnes), 20 venaient faire grève dans les locaux pour suivre le mouvement, et seul le reste se sentait vraiment concerné.
Mardi/Mercredi nous nous organisions pour descendre à Marseille rejoindre une manifestation, car un sitting dans des couloirs ca se tient pas 1 semaine. Finalement, le mouvement lycéen de Arles etait bien présent (chez les lycéens, malgrés plusieurs personnes vraiment "matures" et concernées menaient la chose mais la plupart le faisaient pour pas aller en cours ou alors pour le "fun"). On s'organisa donc pour une manifestation jeudi.
Ce matin donc, manifestation, aucun cassage, aucun débordement, mais une gène pas très importante au final. Avec en prime à la fin de la grève (quasi-entièrement organisée par nous et des lycéens) une tentative de récupération du mouvement par le maire (heureusement que dans son discours foireux il a fini par dire sous la pression qu'il nous soutenait, sinon on l'aurait bien volontiers lynché) ainsi que par la CGT, qui apparu magiquement à la fin de la manif.
Mes conclusions (enfin un truc constructif)
- Une grève en temps normal ne doit pas bloquer, seulement gêner le plus possible, mais avec une société actuelle basée sur les médias, le seul moyen d'être entendu (et encore, ca marche pas longtemps cf les banlieues) c'est de "faire bordel" comme disent les djeunz, et la sncf ou les routiers par exemple montrent bien cela.
Les lycées d'Arles etaient en grève depuis 2 semaines, pas une ligne dans le journal local. On (l'IUT) décide de se mettre en grève, et le lundi apres-midi la provence arrive. Leurs questions: "Vous comptez bloquer l'iut? Vous allez manifester et casser des trucs?" Ou alors "Vous voulez pas faire semblant d'être en colère pour la photo?"
A ceux qui disent que l'on ne devrait pas bloquer les fac, etc.. donnez-nous une bonne façon d'être entendus par le gouvernement
- Les lycéens ne sont pas tous des glandeurs/fumeurs de joints qu'il faut abbattre (au passage merci de penser ca de la jeunesse vous nous donnez une bonne vision de notre avenir)
- Les etudiants ne sont pas non plus des glandeurs/fumeurs de joint pour la plupart...
- Dans une grève, il y a (disons) bien 80% de suiveurs, je trouve que cela fait un nombre considérables de gens manipulés
- Par contre une grève avec une sensibilisation et explication du truc aux gens, ca se passe très bien.
- Que vaut un mois de travail perdu face à plusieurs années de precarité?
Je trouve cela vraiment egoiste de la part de certains de dire: Battez-vous sans nous et laissez nous travailler dans notre coin! On se bat pour _tout_ le monde, les jeunes les "vieux" les autres.
Un petit HS pour finir: je suis peut-être paranoïaque mais d'après moi le gouvernement profite très bien de notre mobilisation et la couverture mediatique enorme du truc ne les derange pas du tout: ok, sortez dans la rue, nous pendant ce temps on vous occupe et on va en profiter pour passer une loi liberticide qu'on etait pas arrivé à faire passer en douce fin décembre...
(la grippe aviaire/chikungugna arrive pas à cacher ca, il faut donc d'autres trucs pour le faire)
Malheureusement que faire? Arreter la mobilisation contre le CPE et essayer de faire parler de DADVSI? On doit choisir entre sécurtié de l'emploi ou liberté?
Ca serait bien que toutes les personnes concernées par DADVSI se fassent entendre (oui, vous qui travaillez dans l'informatique et les secteurs directement concernés -vu que tout le monde ets concerné par cette loi mais peu s'en preoccuppent-), car seule une mobilisation médiatique peut changer les choses sur cette loi. A ce propos je voudrait bien savoir si quelque chose se prepare car notre IUT tout entier est prêt à se mobiliser mais la on serait vraiment seuls.
Voila, désolé pour les fautes d'orthographe et la mise en forme à l'arrache.
# Mon opinion
Posté par Jean-Philippe (site web personnel) . En réponse au journal [HS] Le droit de grève. Évalué à 5.
Ok, après avoir lu la moitié des commentaires, je pense que cela peut être pertinent de donner ma vision des choses. Moinssez moi si vous trouvez cela inutile.
Je suis actuellement étudiant sur Arles, petite ville du sud assez sympathique tout compte fait.
Comme j'ai légèrement horreur de regarder la télé, et que mes seules sources d'infos principales sont dlfp et quelques forums/blogs linux/ubuntu, je suis légèrement coupé du monde. Je ne m'étais donc pas forgé d'opinion sur le CPE et il en était de même pour la plupart de mes camarades (y'a pas un mot moins nul?) de formation, nous n'avions declenché aucun mouvement de grève.
Lundi, réunion/conférence initiée par le directeur de l'établissement. en gros il disait que dans sa région, on était le seul endroit de l'université d'aix-Marseille qui n'était pas grève, et qu'il se demandait pourquoi. Rajoutez à cela le fait qu'il nous annonce un soution des directeurs d'universités, et du blabla comme quoi faire la grève ne nous pénaliserait pas au niveau des cours/examens (pas de partiels chez nous, je suis en IUT)
En gros il passait pour un con auprès de ses collègues directeurs et il voulait nous voir faire grève.
Aussi minable que cela puisse être cela a déclenché quelques debats et la plupart des gens se sont donc forgés une opinion. Sur 4 formations (1 DUT informatique, notre DUT Services et Réseaux de Com, et 2 licences pro) seule la notre était très favorable à une grève. Après un vote qui eut lieu le lendemain, aucun blocage ne fut envisagé, mais notre section occuperait quand même les locaux pour monter un lieu d'informations sur notre vision du CPE.
Lundi, Mardi, Mercredi nous occupions donc les locaux sans vraiment géner personne. Sur 52 personnes de notre année de formation, au moins 10 ne venaient plus et restaient chez eux pour glander, 2 venaient avec l'objectif d'aller en cours (les profs refusaient de faire cours à 2 personnes), 20 venaient faire grève dans les locaux pour suivre le mouvement, et seul le reste se sentait vraiment concerné.
Mardi/Mercredi nous nous organisions pour descendre à Marseille rejoindre une manifestation, car un sitting dans des couloirs ca se tient pas 1 semaine. Finalement, le mouvement lycéen de Arles etait bien présent (chez les lycéens, malgrés plusieurs personnes vraiment "matures" et concernées menaient la chose mais la plupart le faisaient pour pas aller en cours ou alors pour le "fun"). On s'organisa donc pour une manifestation jeudi.
Ce matin donc, manifestation, aucun cassage, aucun débordement, mais une gène pas très importante au final. Avec en prime à la fin de la grève (quasi-entièrement organisée par nous et des lycéens) une tentative de récupération du mouvement par le maire (heureusement que dans son discours foireux il a fini par dire sous la pression qu'il nous soutenait, sinon on l'aurait bien volontiers lynché) ainsi que par la CGT, qui apparu magiquement à la fin de la manif.
Mes conclusions (enfin un truc constructif)
- Une grève en temps normal ne doit pas bloquer, seulement gêner le plus possible, mais avec une société actuelle basée sur les médias, le seul moyen d'être entendu (et encore, ca marche pas longtemps cf les banlieues) c'est de "faire bordel" comme disent les djeunz, et la sncf ou les routiers par exemple montrent bien cela.
Les lycées d'Arles etaient en grève depuis 2 semaines, pas une ligne dans le journal local. On (l'IUT) décide de se mettre en grève, et le lundi apres-midi la provence arrive. Leurs questions: "Vous comptez bloquer l'iut? Vous allez manifester et casser des trucs?" Ou alors "Vous voulez pas faire semblant d'être en colère pour la photo?"
A ceux qui disent que l'on ne devrait pas bloquer les fac, etc.. donnez-nous une bonne façon d'être entendus par le gouvernement
- Les lycéens ne sont pas tous des glandeurs/fumeurs de joints qu'il faut abbattre (au passage merci de penser ca de la jeunesse vous nous donnez une bonne vision de notre avenir)
- Les etudiants ne sont pas non plus des glandeurs/fumeurs de joint pour la plupart...
- Dans une grève, il y a (disons) bien 80% de suiveurs, je trouve que cela fait un nombre considérables de gens manipulés
- Par contre une grève avec une sensibilisation et explication du truc aux gens, ca se passe très bien.
- Que vaut un mois de travail perdu face à plusieurs années de precarité?
Je trouve cela vraiment egoiste de la part de certains de dire: Battez-vous sans nous et laissez nous travailler dans notre coin! On se bat pour _tout_ le monde, les jeunes les "vieux" les autres.
Un petit HS pour finir: je suis peut-être paranoïaque mais d'après moi le gouvernement profite très bien de notre mobilisation et la couverture mediatique enorme du truc ne les derange pas du tout: ok, sortez dans la rue, nous pendant ce temps on vous occupe et on va en profiter pour passer une loi liberticide qu'on etait pas arrivé à faire passer en douce fin décembre...
(la grippe aviaire/chikungugna arrive pas à cacher ca, il faut donc d'autres trucs pour le faire)
Malheureusement que faire? Arreter la mobilisation contre le CPE et essayer de faire parler de DADVSI? On doit choisir entre sécurtié de l'emploi ou liberté?
Ca serait bien que toutes les personnes concernées par DADVSI se fassent entendre (oui, vous qui travaillez dans l'informatique et les secteurs directement concernés -vu que tout le monde ets concerné par cette loi mais peu s'en preoccuppent-), car seule une mobilisation médiatique peut changer les choses sur cette loi. A ce propos je voudrait bien savoir si quelque chose se prepare car notre IUT tout entier est prêt à se mobiliser mais la on serait vraiment seuls.
Voila, désolé pour les fautes d'orthographe et la mise en forme à l'arrache.