• [^] # Re: démocratie

    Posté par (site web personnel) . En réponse au journal DADVsi les résultats. Évalué à 7.

    > La loi étant écrite par des hommes, elle ne peux être parfaite.

    Le point de vue du légaliste n'est pas de dire qu'elle est parfaite, c'est de dire que : si elle ne l'est pas il faut la changer mais entre temps, si les conséquences sont supportables, elle doit être respectée.

    L'idée c'est de dire que si on s'arroge le droit de dire qu'une loi ne doiot pas être respectée car non juste ou imparfaite, ça revient grosso modo à ne respecter les lois que si on est d'accord. Et dans cette logique le fait même d'avoir des lois n'a plus aucun sens.
    Les lois sont des règles qui s'appliquent à tous. Par principe certains penseront que telle ou telle loi n'est pas juste. Pourtant, le système marche que si tout le monde tente de respecter toutes les lois. C'est à dire que toi tu respectes la loi qui ne te plait pas et qu'en échange ton voisin respecte la loi qui ne lui plait pas mais qui a tes yeux est fondamentale.

    Le fait que la loi est bonne ou pas, imparfaite ou pas, n'a rien à voir avec le principe qu'il faille la respecter (même si présentée ainsi la phrase provoquera certainement des réactions). C'est la base même de nos pays et de nos démocraties.


    > Si trop de monde enfreigne la loi, c'est que la loi est mauvaise car
    > elle est néfaste au plus grand nombre. Elle sera retirée de fait.

    Tu t'engages peut être beaucoup. Beaucoup de monde enfreint ls stationnements payants ou interdit, doit'on les retirer ? Les prisons sont pleines de gens qui ont volé quelque chose, penses tu qu'on va retirer la loi sur le vol ?
    La loi est retiré si les députés pensent qu'elle est mauvaise et qu'ils ont eu une proposition de loi en ce sens, pas parce qu'elle est enfreinte.
    Une loi régulièrement enfreinte mais considérée par nos députés comme "juste" aura même plutot tendance à voir augmenter les peines encourues pour en forcer le respect.

    D'ailleurs, ce projet de loi en est l'exemple : c'est justement les infractions régulières qui ont conduit l'europe et les autres pays/groupes à légiférer ainsi.



    Dans notre pays on peut changer les lois quand elles sont mauvaises sans rien enfreindre. Profitons en, ce n'est pas le cas partout dans le monde.
    Vouloir violer la loi simplement parce qu'elle ne nous plait pas alors qu'on a les moyens de passer par des procédures démocratiques pour la changer c'est limite insultant pour ceux qui ont monté nos démocraties ou ceux qui n'y ont pas accès.




    > à l'absence de désobéissance civique. Le jour où celà arrive, les lois ne pourront plus être changé

    Mais c'est une énormité !
    Notre système permet encore de changer ses lois. Le fait de la respecter n'empêche pas qu'elle soit changée (heureusement).

    > est à l'absence de désobéissance civique. [...] car leur application repose
    > sur la peur (de la répression policière),

    Ca aussi c'est énorme.
    En quoi le fait d'appeler à respecter les lois base forcément le respect sur la peur ? Au contraire, il faudrait (dans l'idéal), que chacun comprenne que respecter toutes les lois est nécessaire, y compris les lois qu'on n'aime pas. Nécessaire parce qu'on vit ensemble et qu'on espère que le voisin respectera les lois auxquelles on tient (la vie en groupe est toujours un compromis entre ses envies, celles des autres, et les règles qui ne plaisent à personne mais qui sont nécessaires pour la cohésion). C'est (ou ça peut être) au contraire fonder le respect sur la comprehension su système et l'intelligence de chacun.


    Attention, ça ne veut pas dire que je suis fondamentalement contre le principe de désobéissance civique, mais je le réserve là où il est nécessaire. Le fait de ne simplement pas être d'accord avec une loi n'est pas pour moi suffisant (même si on n'est *vraiment* pas d'accord).
    Si demain la loi m'oblige à tuer mon voisin pour des prétextes bidons tu me trouveras le premier à violer la loi. Si demain la loi ne peut pas être changée tu me trouveras aussi. Si demain on juge bon de manifester et que cette manifestation est interdite trop de fois, je passerai peut être outre aussi. Mais si demain tout ça arrive ce n'est pas violer la loi que je tenterai de faire, c'est la révolution (changer le système et les gens qui y sont). Aujourd'hui c'est loin d'être nécessaire : nous "pouvons" changer la loi, à condition d'y mettre un peu de temps et de convaincre suffisament de personnes.