Ceux qui font de l'escalade ont conscience du danger: d'ailleurs dans 99% des cas ils sont assurés et les normes fixées pour leur matériel sont draconniennes. S'ils n'avaient pas peur, ils ne prendraient aucune précautions particulières. Tu parlais peut-être des grimpeurs non assurés ? Ceux-ci sont extrèmement minoritaires, et j'attire ton attention sur le fait que beaucoup d'entre eux disent aimer ca pour ressentir "le frisson" (autrement dit les émotions liées à la peur). C'est donc qu'ils la ressentent bel et bien, même s'ils n'obéissent pas à cette dernière. Ou alors c'est qu'ils ne la ressente pas, mais qu'ils ont conscience du danger, et qu'ils le gère (cf. plus bas dans ce post). En d'autre terme, la peur est une motivation certaine, mais certainement pas une motivation impérative.
Imagine qu'un vendeur de corde veuille vendre plus de cordes. Il pourrait dramatiser les statistiques des accidents mortels survenus chez les grimpeurs qui ne s'assurent pas. Par souci de sécurité, les grimpeurs seraient plus nombreux à s'équiper et changeraient plus souvent leurs cordes, obéissant à cette peur, qu'elle soit justifiée ou pas. Ce n'est bien évidemment pas forcément le cas, mais c'est ce qui rends possible un conflit d'intéret. La sécu informatique, c'est pareil. Je ne dis pas du tout que ce qu'ont dit les consultants d'HSC était faux, loin de moi cette prétention, mais je dit par contre que c'etait le travail du journaliste de se placer en tier de confiance entre le telespectateur lambda et eux, car ces derniers ont un intérêt commercial à surestimer légèrement la peur de l'intrusion (cf. les entreprises qui mettent la clé sous la porte en moyenne 2 ans après avoir été hackées).
Tu as raison cependant, j'ai été un peu rapide: il y a bien une différence entre l'existence d'un danger, la conscience du danger, et la peur. La différence entre le premier et les deux autre, c'est que l'existence du danger est un facteur objectivable, là ou conscience du danger et peur sont des émotions humaines devant ce danger objectivable. Un bon exemple c'est justement les grimpeurs sans assurance. Ce qui différencie la peur et la conscience du danger, c'est la gestion du risque, ce qui suppose de poser objectivement ces risques et de prendre les mesures nécessaires pour le limiter le plus possible. C'est pour cela que je disais que la recherche d'objectivité est la seule possibilité pour résoudre un problème complexe, cf. point 2.
[^] # Re: Boarf
Posté par aurel (site web personnel, Mastodon) . En réponse au journal Les conflits d'intérêt. Évalué à 1.
Imagine qu'un vendeur de corde veuille vendre plus de cordes. Il pourrait dramatiser les statistiques des accidents mortels survenus chez les grimpeurs qui ne s'assurent pas. Par souci de sécurité, les grimpeurs seraient plus nombreux à s'équiper et changeraient plus souvent leurs cordes, obéissant à cette peur, qu'elle soit justifiée ou pas. Ce n'est bien évidemment pas forcément le cas, mais c'est ce qui rends possible un conflit d'intéret. La sécu informatique, c'est pareil. Je ne dis pas du tout que ce qu'ont dit les consultants d'HSC était faux, loin de moi cette prétention, mais je dit par contre que c'etait le travail du journaliste de se placer en tier de confiance entre le telespectateur lambda et eux, car ces derniers ont un intérêt commercial à surestimer légèrement la peur de l'intrusion (cf. les entreprises qui mettent la clé sous la porte en moyenne 2 ans après avoir été hackées).
Tu as raison cependant, j'ai été un peu rapide: il y a bien une différence entre l'existence d'un danger, la conscience du danger, et la peur. La différence entre le premier et les deux autre, c'est que l'existence du danger est un facteur objectivable, là ou conscience du danger et peur sont des émotions humaines devant ce danger objectivable. Un bon exemple c'est justement les grimpeurs sans assurance. Ce qui différencie la peur et la conscience du danger, c'est la gestion du risque, ce qui suppose de poser objectivement ces risques et de prendre les mesures nécessaires pour le limiter le plus possible. C'est pour cela que je disais que la recherche d'objectivité est la seule possibilité pour résoudre un problème complexe, cf. point 2.