• [^] # Re: loi & liberté

    Posté par . En réponse au journal La position d'Alternative Libérale sur les logiciels libres. Évalué à -2.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Lacordaire

    « Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit », 52e Conférence de Notre-Dame, 1848.

    « Tout ce qui s'est fait de grand dans le monde, s'est fait au cri du devoir ; tout ce qui s'y est fait de misérable s'est fait au nom de l'intérêt. »

    « La liberté n'est possible que dans un pays où le droit l'emporte sur les passions. »

    « L'injustice appelle l'injustice ; la violence engendre la violence. »

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    http://www.herodote.net/

    "Religieux dominicain, avocat de formation puis prêtre, Henri Lacordaire tente de concilier le christianisme et le libéralisme politique. Ses conférences de Notre-Dame ont un vif retentissement chez les jeunes gens de l'école romantique.
    Élu député de gauche à l'Assemblée constituante en 1848, Lacordaire démissionne après les émeutes ouvrières de mai et juin 1848."

    Donc si j'ai bien compris, le libéralisme classique est avant tout une théorie politique humaniste qui revendique la liberté pour les individus à une époque où c'est une nouveauté. De nombreux militants en faveur des droits de l'homme et de la liberté dans le monde, mais pas tous évidemment, s'inscrivent dans cette filiation idéologique.

    Si le libéralisme classique est avant tout politique, sa mauvaise réputation est venu avec son programme économique. Face aux revendications de sécurité sociale naissante, les économistes libéraux semblent opposer la liberté contractuel, l'économie de marché, la protection de la propriété privée, la limitation des prérogatives de l'Etat en matière économique...

    A cette époque pourtant, il n'est pas incompatible d'être à la fois libéral et animé des plus grandes préoccupations sociales, d'être à la fois pour une économie de marché, non planifié, et à la fois pour des aménagements qui permettent une meilleure justice sociale. Il ne faut pas oublier que le débat se cristalise alors entre d'un côté le libéralisme partisan de la liberté et du plus grand-nombre face au monarchisme et au conservatisme partisan de la méthode forte et de l'ordre. Et que l'économie n'est finalement qu'accessoire. Mais déjà à l'époque c'est compliqué, il y a notamment déjà des divisions au sujet de la propriété intellectuelle ;-) Et ça devient de plus en plus n'importe quoi.

    Mais le libéralisme est peu à peu diabolisé comme étant l'ennemi de la classe ouvrière par Marx. Il ne serait porteur que d'un projet de liberté formelle, tandis que le socialisme viserait une liberté effective, mais pas forcément pour tout de suite ;-)

    Du coup, le mot libéralisme a beaucoup évolué. Il s'est attiré les sympathies de ses ennemis d'hier, face à l'ennemi commun : le marxisme. On retrouve ce courant aujourd'hui sous le terme de libéraux-conservateur. Pour simplifier, c'est Georges W. Bush, ou plus exactement ce que ferait Bush s'il avait les plein pouvoir.

    Le mot Libéralisme a aussi été attribué aux économiste qui préconisait la réduction du rôle économique de l'Etat à son maximum. On parle de libéralisme économique. Mais là encore c'est compliqué : Keynes se disait libéral, mais Hayek le considère comme l'ennemi du libéralisme. La encore, ça part dans tous les sens, mais disons pour simplifier : le marché fait mieux que l'Etat en matière d'économie. Mais ça n'empêche pas certains économistes libéraux de parler de sécurité sociale, le revenu d'existence, d'externalités positives et négatives, et finalement de nuancer.

    Puis pour dérégulariser n'importe comment, le plus vite possible, idéologiquement, le FMI et bien d'autres se sont servi de ces économistes, souvent prix nobel, pour justifier leur action. Les conséquences ont été catastrophique, et sont en partie à l'origine de la naissance du mouvement altermondialiste. Et la réputation du libéralisme en a pris un coup.

    Malgrès tout cela on trouve encore aujourd'hui des libéraux "sociaux", pragmatiques, qui veulent changer de modele social, et considère les blocages actuels de la société française comme problématique. Et qui revendique l'héritage d'humanisme et de confiance en l'être humain du libéralisme politique classique. On peut être en désaccord avec eux, mais ils ne sont pas cyniques.

    Mais on trouve aussi des libéraux qui veulent moins de social, croyant qu'il suffit de dire aux gens de devenir responsables et de laisser faire. Ca ne semble pas laisser de deuxième chance après un accident de parcours, et c'est justement rejeté par quasiment tout le monde. On trouve encore plus extremiste : pour la disparation complête de toute puissance publique (état, etc...). Chaque courant de pensée a ses extrmistes, toujours naïfs mais également toujours potentiellement dangereux. Et puis les "néolibéraux", ceux qui finalement utilisent le mot "libéral" pour continuer leur affaire sans chercher de solution aux problèmes du monde.

    Voilà, on comprends mieux que le mot "libéralisme" ait mauvaise réputation, et que dès qu'on l'entend on pense au "Renard libre dans le poulailler libre". Mais pourtant il y a des gens qui proposent de ré-examiner le libéralisme politique et économique, qui propose finalement un nouveau modele social plus proche du modèle Danois, et on va probablement tous passer à côté. A tort ou à raison.

    Evidemment leur position sur le CPE n'est pas très populaire en ce moment :
    http://www.alternative-liberale.fr/articles/060314_averon_cp(...)
    http://www.liberte-cherie.com/a1948-La_vraie_precarite_c_est(...)

    La multiplication des contrats spécifiques ne fait que multiplier la hiérarchie des guichets pour trouver un emploi. Tout en bas de l’échelle, la file d’attente pour les contrats hyper-précaires. Tout en haut, la forteresse des CDI. Alors qu’en bas, le statut de vulnérabilité est dévalorisant comparativement à celui d’en haut, le statut hyper-protégé du CDI incite à garder son poste, à ne pas prendre de risque de peur de perdre tous les avantages liés à ce statut, quitte à refuser d’anticiper sur les difficultés du secteur dans lequel on travaille. Notre système de planification complexe est celui de l’humiliation et de la peur.?