• [^] # Re: J'en profite,

    Posté par (Mastodon) . En réponse au journal Wikipedia as a complex network. Évalué à 8.

    Sur quel critères ? un questionnaire ? l'orientation sexuelle ? le style de vie , la religion ?

    Le critère est simple: avoir un degré élevé dans le graphe de relations sexuelles, ce que j'avais résumer par "coucher avec tout le monde". Que tu parles de religion m'intrigue au plus haut point.

    Ensuite, les exemples de cas problématiques que tu donnes sont toujours des exemples où le détenteur du vaccin, donc le médecin, fait preuve de préjugés débiles. En principe, un médecin responsable et compétent ne supposerait pas que le chef de famille est monogame, que l'ado boutonneuse est vierge, et que la fille en mini-jupe est une salope. Toujours en principe, une campagne de vaccination sélective serait dirigée par des questionnaires effectués en aveugle, pour éviter justement les préjugés. Bref, je ne pense pas qu'on envisage de soumettre le choix des premiers vaccinés au vote du public par SMS.

    Deuxième point: dans un raisonnement où le nombre de vaccins est limité, on n'a pas pour objectif de vacciner tous les "routeurs" ou de ne vacciner que les "routeurs". L'objectif est d'utiliser le peu de vaccins disponibles de manière efficace, mais pas forcément de manière optimale. Même dans un scénario imparfait où on manque des cibles importantes, il vaut toujours mieux viser les "routeurs" que viser au hasard.

    le choix des "routeurs" supposés pose vraiment trop de problemes ethiques et sociaux pour que tout ceci soit anodin.

    Déjà, à partir du moment où tu as moins de vaccins que d'individus, tu as un problème d'éthique assez gênant: il faut choisir à qui les donner. Le choix aléatoire est le seul équitable, mais s'il empêche de stopper l'épidémie, alors il est mauvais. Rien que pour ça, il faut s'intéresser à la question, il faut étudier les réseaux sociaux, la diffusion des virus. Il faut proposer des solutions théoriques, et ensuite se demander si on peut les mettre en pratique.

    Maintenant, le problème social du tabou sur le sexe, c'est le problème qu'ont les sociologues pour faire une étude normale. C'est pour ça que j'y faisais référence plus haut, de manière un peu trop brève. Si les sociologues peuvent faire une étude fiable sur les réseaux de relations sexuelles, c'est parce qu'ils disposent des outils nécessaires, et on peut utiliser ces outils. Si un sociologue peut faire avouer à un type sous couvert d'anonymat qu'il couche avec toutes ses secrétaires, alors un épidémiologue peut le faire aussi.

    Au final, je pense que le problème technique est négligeable, d'autant plus que si le manque de vaccins apparaît ce sera en Afrique, où des équipes médicales sont déployées depuis longtemps et effectuent déjà ce genre de travail. Si on veut, on peut globalement "viser juste". La décision finale est un problème d'éthique, et ce n'est pas aux scientifiques de décider. Leur boulot c'est de proposer des solutions viables, et la société en fait ce qu'elle veut.

    (Pff, que j'ai tapé de texte ce soir... la prochaine fois je parlerai de canards sauvages qui ont la grippe, ça évitera les problèmes d'éthique, et ça aura exactement le même contenu scientifique =)