Il faut voir aussi une autre réalité : le nombre de petites boites (on va dire un effectif inférieur à 100 personnes, ce qui représente plus de 90% des entreprises en France) qui ont une peur maladive d'embaucher, de crainte de ne pas pouvoir gérer en cas de perte de l'une de ses rentrées d'argent.
Combien de PME peuvent perdre jusqu'à 50% de leur chiffre en 2 mois ? Une majorité. Pour une SSII ca n'est pas simple, mais alors que dire des entreprises qui doivent en plus gérer un véritable outil de production.
Deux choix alors : on embauche et on sert les fesses parce que ca peut vouloir dire fermer et renvoyer tout le monde à la maison à la moindre alerte (le coût d'un licenciement économique est tel que certaines entreprises n'ont même pas les moyen de le faire), ou embaucher avec plus de flexibilité et voir l'avenir avec plus de serenité.
Bien sûr, dans un monde idéal, on embauche, on trouve des contrats sur un claquement de doigts, et une fois arrivé à un certain rythme de croisière il suffit de ne rien changer. C'est malheureusement bien loin d'être le cas dans la réalité. Il y a aussi beaucoup de boite qui se demandent à un moment donné comment elles vont pouvoir payer les gens en fin de mois, et d'autres qui se demandent comment choisir entre refuser du travail ou prendre le risque de ne pas pouvoir gérer leur croissance.
La gestion des ressources dans une activité de service est un problème incroyablement complexe, dans une SSII 90% des coûts c'est le salaire des gens, les possibilité de s'en sortir en limitant les dégats sont donc bien minces en dehors de la réduction d'effectifs ...
C'est con à dire, mais pour sauver des boites, il faut aussi pouvoir conserver une taille adaptée à la charge de travail, et pour créer de l'emploi, il ne faut pas avoir à calculer 3 mois si on peut se le permettre et ensuite ne plus dormir parce qu'on a signé un nouveau contrat.
Licencier des gens compétents et passer son temps à former en permanence de nouveaux arrivants, c'est une système sans interêt aucun pour une PME.
Là où il manque une chose avec le CPE, c'est sans doute un système à l'Anglaise où le mode de recrutement est très souple, la possibilité de terminer un contrat aussi, mais où casser un contrat sans raisons très valables est sévèrement puni. On ne parle que rarement de cet aspect quand on critique ce système, mais un "Industrial Tribunal" peut coller sans sourciller une amende de plus de 65 000 Euros pour licenciement sans cause sérieuse (et pas dans les délais pitoyables de nos cher prud'hommes).
La souplesse des embauches peut être une aide à la création d'emploi mais il est clair qu'il manque sans doute un volet sur les conditions de départ.
Il est tentant de vouloir prendre une position ferme pour ou contre le PCE, pour ma part j'ai bien du mal à me faire une opinion ...
[^] # Re: Euh ...
Posté par Maillequeule . En réponse au journal Le CPE, menace pour l'avenir professionnel des jeunes !. Évalué à 10.
Combien de PME peuvent perdre jusqu'à 50% de leur chiffre en 2 mois ? Une majorité. Pour une SSII ca n'est pas simple, mais alors que dire des entreprises qui doivent en plus gérer un véritable outil de production.
Deux choix alors : on embauche et on sert les fesses parce que ca peut vouloir dire fermer et renvoyer tout le monde à la maison à la moindre alerte (le coût d'un licenciement économique est tel que certaines entreprises n'ont même pas les moyen de le faire), ou embaucher avec plus de flexibilité et voir l'avenir avec plus de serenité.
Bien sûr, dans un monde idéal, on embauche, on trouve des contrats sur un claquement de doigts, et une fois arrivé à un certain rythme de croisière il suffit de ne rien changer. C'est malheureusement bien loin d'être le cas dans la réalité. Il y a aussi beaucoup de boite qui se demandent à un moment donné comment elles vont pouvoir payer les gens en fin de mois, et d'autres qui se demandent comment choisir entre refuser du travail ou prendre le risque de ne pas pouvoir gérer leur croissance.
La gestion des ressources dans une activité de service est un problème incroyablement complexe, dans une SSII 90% des coûts c'est le salaire des gens, les possibilité de s'en sortir en limitant les dégats sont donc bien minces en dehors de la réduction d'effectifs ...
C'est con à dire, mais pour sauver des boites, il faut aussi pouvoir conserver une taille adaptée à la charge de travail, et pour créer de l'emploi, il ne faut pas avoir à calculer 3 mois si on peut se le permettre et ensuite ne plus dormir parce qu'on a signé un nouveau contrat.
Licencier des gens compétents et passer son temps à former en permanence de nouveaux arrivants, c'est une système sans interêt aucun pour une PME.
Là où il manque une chose avec le CPE, c'est sans doute un système à l'Anglaise où le mode de recrutement est très souple, la possibilité de terminer un contrat aussi, mais où casser un contrat sans raisons très valables est sévèrement puni. On ne parle que rarement de cet aspect quand on critique ce système, mais un "Industrial Tribunal" peut coller sans sourciller une amende de plus de 65 000 Euros pour licenciement sans cause sérieuse (et pas dans les délais pitoyables de nos cher prud'hommes).
La souplesse des embauches peut être une aide à la création d'emploi mais il est clair qu'il manque sans doute un volet sur les conditions de départ.
Il est tentant de vouloir prendre une position ferme pour ou contre le PCE, pour ma part j'ai bien du mal à me faire une opinion ...