• [^] # Re: EMI

    Posté par . En réponse au journal Nouvelle décision de justice contre le système anticopie d'un CD de Warner. Évalué à 1.

    Après avoir laissé mes coordonnés (les salauds, et voilà encore une adresse à prendre), ils m'ont envoyés une enveloppe pré-"timbrée", j'ai mis mon CD dedans mais je dois attendre 4 semaines avant de recevoir le CD copiable.

    Il faut quand même qu'ils sachent où t'envoyer l'enveloppe pré-timbrée, puis où te retourner la version « vrai CD ». Tu peux même changer d'adresse entre les deux (je l'ai fait ;-) en leur mettant un petit mot ; ils ont le neurone qu'il faut pour valider le changement.

    Après les quatre semaines (j'ai pas compté mais ça ressemblait à ça), tu reçois une nouvelle enveloppe contenant le disque que tu avais acheté, dans son boîtier d'origine avec le livret et tout, plus la version CD dans une pochette souple. A noter : il y a ton nom et ton prénom sur la nouvelle galette et virtuellement sur les morceaux aussi. Ils précisent même que ça s'appelle du watermarking.

    C'est justement à partir de ce moment qu'il devient important pour eux d'avoir tes coordonnées : s'ils repèrent ta marque sur un réseau ils peuvent venir te chercher. Pour ce qui est de l'utilisation de mes coordonnées en tant que base commerciale, par contre, je me souviens pas qu'on m'ait signalé mes droits relatifs à la loi informatique et libertés toussa... (peut-être sur le courrier, mais je ne l'ai plus ; tu peux confirmer si ça y est ou pas ? ) A voir après comment on fait valoir ça.

    Sauf que... ben oui, ça me fait un tout petit peu rire leur histoire. Admettons : je reçois une version de l'oeuvre sur un support sans drm, c'est éventuellement pour pouvoir bénéficier de mon droit à la copie privée, donc de laisser ma famille et mes amis recopier l'oeuvre. Si après, l'un deux diffuse le mp3 ou le ogg que je leur aurait filé... c'est sur moi que l'ayant droit (sacem, spedidam... ces gens là, quoi) va venir tapper, alors que je ne suis pas responsable de la diffusion, et encore moins du comportement des gens qui composent mon cercle familial ! Des avis sur la question ?

    D'une façon plus générale, j'aimerais bien qu'on m'explique un jour les propriétés de transitivité de ce droit de copie privée. Je veux dire, si je prends un morceau chez une personne au cercle familial de laquelle j'appartiens, ai-je le droit de faire circuler ce morceau à une personne de mon propre cercle familial ? Est-ce que ça irait jusqu'au point d'être vicieux au point de dire « oui, si cette troisième personne appartient au cercle familial de la première » ? J'ai pas le sentiment que la question soit purement anodine et pourtant j'ai pas souvenir de l'avoir jamais vu évoquée...

    Je ne sais pas si je dois les trainer en justice ou pas ?

    Mon opinion à ce sujet-là est que « t'inquiète pas que s'ils dépensent les quelques ¢ que représente ce "service", c'est justement pour pas pouvoir être traînés en justice ».

    Ce que j'espère à titre personnel, c'est qu'il y ait un jour suffisamment de gens qui y aient recours pour que ça commence à les gêner. Mais même ma mère, j'arrive pas à lui faire comprendre qu'il faut absolument qu'elle leur renvoie ces disques, même si elle arrive à les lire sur sa chaîne ;-(

    Le truc qui m'a fait marrer, par contre, c'était leur courrier. Celui là, il valait son pesant de cacahuètes et j'adorerais, si j'avais un peu plus de temps, leur faire une petite réponse de trois pages pour deux phrases ô combien malheureuses ! Malheureusement, je n'ai plus ce courrier (et une réponse travaillée collectivement serait peut-être plus intéressante).

    Juste pour vous donner une idée, dans la même phrase, ils mettaient « nos disques sont protégés par un système anti-copie pour empêcher la prolifération de copies électroniques de nos oeuvres » et « sans pour autant priver nos clients de leur droit à la copie privée ». Je vous laisse juger de la vacuité intellectuelle qui doit régner dans un cerveau capable de produire un enchaînement d'idées du genre « on veut vous empêcher de copier de cette façon, sans pour autant vous empêcher de copier de la façon qu'il vous plaira »... (C'est encore la bonne vieille confusion entre l'outil et ce qu'on pourrait en faire, ça.)

    Sinon, on ne m'avait pas parlé d'utiliser un logiciel particulier, quand je les avais appelés. En particulier, il me semble (mais ce n'est qu'un avis) que le fait de devoir passer par un outil spécifique, qu'il soit matériel ou logiciel, pour dupliquer une oeuvre représente une atteinte directe au même droit à la copie privée.