3°) tu pense que airbus dirais la meme chose si il y a un bug dans les commandes de vol?
oui il y a 200 morts mais les gens font des erreurs vous savez....
Oui mais il y a une différence fondamentale entre Airbus et Microsoft (mais ça s'applique à n'importe quel éditeur) qui s'appelle la responsabilité. Chaque action, de la conception jusqu'à la fin de la vie d'un avion est tracée (qui, quand, quoi, comment, pourquoi, etc.) et engage la responsabilité de son auteur, aussi bien civilement que pénalement. Et ce n'est pas le cas des éditeurs de logiciels courants. Forcément, quand on a une autorité de régulation sur le dos qui vient vérifier la qualité de tout ce que vous faites, sous peine de ne pas autoriser la mise sur le marché de l'avion, qu'on peut venir vous chercher parce qu'un ch'tit buffer overflow de rien du tout au milieu de votre million de lignes de code a contribué au crash d'un avion et fait 250 morts, et bien on met ce qu'il faut de procédure de contrôle qualité dessus pour que ça n'arrive pas. Et ça n'arrive pas.
Chez les gros éditeurs, on n'a rien de cela. Alors pourquoi investir dans la mise en place de tels process, qui sont très lourds et donc coûteux, alors que personne ne vous y oblige d'une part, et que le marché ne semble pas franchement prêt à en supporter le coût d'autre part ?
J'assistait récemment à une conférence d'un gars de chez Oracle (et je vais remettre ça avec une liste de question à jour dans pas longtemps ;)), nous expliquant façon Caliméro que la qualité logicielle c'est difficile, bla bla bla. Finalement, à la fin de la séance de questions, deux éléments qui contribuent amha fortement à la mauvaise qualité du code qu'on utilise tous les jours ressortent :
1. l'absence d'obligations règlementaires quant à la qualité du code produit
2. les décideurs ne sont pas prêts à supporter le coût induit par un véritable process de gestion qualité
Or, dans le cas d'Airbus, on a les deux. Dans le cas des grands éditeurs, aucun. Forcément, ça n'aide pas, et dans une certaine mesure, avec pas forcément énormément de cynisme (réalisme ?), c'est compréhensible. Ceci étant, on notera qu'il n'y a pas non plus le moindre début d'un engagement de la part de l'éditeur (cf. CLUF, licences d'utilisation, etc.), à part de belles promesses, des études vaseuses et des arguments éculés et largement contredits par les faits.
Il faut regarder les choses en face. Même un vendeur de pelles à tarte (honorable profession contre laquelle je n'ai rien) a plus d'obligations règlementaires d'un éditeur de logiciels. Et tant que ce genre de chose ne changera pas, je ne pense pas que la situation s'améliore énormément....
[^] # Re: Le pauvre...
Posté par Cédric Blancher . En réponse au journal Steve Gibson accuse Microsoft. Évalué à 7.
oui il y a 200 morts mais les gens font des erreurs vous savez....
Oui mais il y a une différence fondamentale entre Airbus et Microsoft (mais ça s'applique à n'importe quel éditeur) qui s'appelle la responsabilité. Chaque action, de la conception jusqu'à la fin de la vie d'un avion est tracée (qui, quand, quoi, comment, pourquoi, etc.) et engage la responsabilité de son auteur, aussi bien civilement que pénalement. Et ce n'est pas le cas des éditeurs de logiciels courants. Forcément, quand on a une autorité de régulation sur le dos qui vient vérifier la qualité de tout ce que vous faites, sous peine de ne pas autoriser la mise sur le marché de l'avion, qu'on peut venir vous chercher parce qu'un ch'tit buffer overflow de rien du tout au milieu de votre million de lignes de code a contribué au crash d'un avion et fait 250 morts, et bien on met ce qu'il faut de procédure de contrôle qualité dessus pour que ça n'arrive pas. Et ça n'arrive pas.
Chez les gros éditeurs, on n'a rien de cela. Alors pourquoi investir dans la mise en place de tels process, qui sont très lourds et donc coûteux, alors que personne ne vous y oblige d'une part, et que le marché ne semble pas franchement prêt à en supporter le coût d'autre part ?
J'assistait récemment à une conférence d'un gars de chez Oracle (et je vais remettre ça avec une liste de question à jour dans pas longtemps ;)), nous expliquant façon Caliméro que la qualité logicielle c'est difficile, bla bla bla. Finalement, à la fin de la séance de questions, deux éléments qui contribuent amha fortement à la mauvaise qualité du code qu'on utilise tous les jours ressortent :
1. l'absence d'obligations règlementaires quant à la qualité du code produit
2. les décideurs ne sont pas prêts à supporter le coût induit par un véritable process de gestion qualité
Or, dans le cas d'Airbus, on a les deux. Dans le cas des grands éditeurs, aucun. Forcément, ça n'aide pas, et dans une certaine mesure, avec pas forcément énormément de cynisme (réalisme ?), c'est compréhensible. Ceci étant, on notera qu'il n'y a pas non plus le moindre début d'un engagement de la part de l'éditeur (cf. CLUF, licences d'utilisation, etc.), à part de belles promesses, des études vaseuses et des arguments éculés et largement contredits par les faits.
Il faut regarder les choses en face. Même un vendeur de pelles à tarte (honorable profession contre laquelle je n'ai rien) a plus d'obligations règlementaires d'un éditeur de logiciels. Et tant que ce genre de chose ne changera pas, je ne pense pas que la situation s'améliore énormément....
Mes 0,02¤ du matin trop tôt.