• [^] # Re: Profitons de l'expérience des autre bordel!

    Posté par . En réponse au journal La liberté de vous l'enlever. Évalué à 10.

    Ton barratin, tu le sors d'où ?

    Je dis ça, c'est juste que j'habitais là-bas entre juillet 2001 et aout 2002, et je peux te confirmer que tout ce que tu viens de dire n'est qu'à moitié vrai.

    Le FMI n'a jamais imposé la partité peso-dollar, vrai moteur de la crise, par exemple. Tu oublies complètement l'aveuglement du peuple argentin, incapable de comprendre qu'ils vivaient à crédit depuis des années et surtout rejetant tout changement de politique. Carlos Menem aurait dû être jetté du pouvoir depuis longtemps, mais le peuple a mis très longtemps à le comprendre.

    des lois sécuritaires et liberticides sont votées

    Je veux bien que tu m'en cites une seule.

    Une nuit les banques décident que l'Argentine est en faillite, bloquent les comptes courants de toute la population d'Argentine et quittent le pays.

    Ca, c'est faux, c'est le gouvernement, en accord avec les banques qui elles même faisaient faillite, qui a bloqué le retrait des comptes pour des montants supèrieurs à 1500 pesos par mois. Presque toutes les petites banques ont de toute façon fait faillite à cause du retrait massif des Argentins qui avaient pris peur de la dévaluation qui allait forcément arriver. Je bossais à l'époque pour un labo pharmaceutique (donc un gros méchant capitaliste). Pendant la crise, ils ont perdu 74% de chiffre d'affaire en pesos (soit pratiquement 90% en dollars), vendant à perte pendant près de 2 ans sans aucun licenciement ni augmentation de tarif.

    Aguas Argentinas (détenu par Suez, fournisseur potable de Buenos Aires) perd de l'argent depuis 5 ans, et ce n'est que maintenant qu'ils ont décidé de partir.

    La crise de l'Argentine, c'est surtout mental, on leur a fait croire qu'ils étaient les meilleurs du monde pendant des années, le retour à la réalité a fait très mal. Le premier réflexe est de rejeter la faute entière au FMI, alors que ce n'est que très partiellement vrai, mais au moins ça évite de prendre ses responsabilités.

    bien qu'il y'ait toujours un état en Argentine (qui est passé a gauche) des "comités de quartiers"

    Mouais, dire que Kirchner est à gauche, c'est un peu comme dire que les démocrates au états-unis sont des socialistes, c'est très approximatif. Les comités de quartier (en fait marchés de trocs) existent depuis une dizaine d'années en fait, mais ce n'est qu'il y a trois ans qu'ils ont eu droit à quelques échos dans la presse.

    Sinon, pour finir, j'aimerais bien que tu m'explique le phénomène des délocalisations en Argentine, vu que la main-d'oeuvre, du fait de la dévaluation, est quatre fois moins cher qu'en France, que les employés sont qualifiés (gratuité de l'université pour tous).

    Sinon, c'est facile de rejeter la politique du FMI en prenant des exemples, mais on oublie facilement les pays pour lesquels ça a marché. Typiquement, la Lettonie, si tu compares sa situation maintenant avec celle d'il y a dix ans, tu verras la différence, et eux aussi ont suivi le FMI à 100%.