En France le seul fichier national est celui de la sécurité sociale. Même les flics n'ont pas accès à ce fichier (enfin c'était vrai jusqu'à il y a quelques années, ensuite il y a eu des tentative pour changer la loi et qu'ils y aient accès, je ne sais pas si ça a abouti finalement).
En grande partie, parce qu'on peut faire beaucoup de choses bien avec le traitement de données automatique (arrêter les dangereux terroristes pédophiles) mais aussi pas mal de choses pas bien (les assureurs ou les banquiers aimeraient bien pouvoir discriminer certains clients dont le "profil" est statistiquement moins "performant").
À ma connaissance d'ailleurs, il est curieux de constater que la mentalité aux Etats-Unis est très différente de celles de l'Europe sur la question ; en Europe, faire attention à sa vie privée est vu d'un mauvais oeil ("tu as quelque chose à te reprocher ?"), là-bas il y a une vraie méfiance vis-à-vis de la bureaucratie (même si elle n'est pas forcément moins bonne ou plus corrompue ; c'est plus du domaine culturel et lié à leur attachement viscéral à la liberté garantie à la fondation des Etats-Unis).
En pratique, il suffit de regarder autour de soi pour voir que les gens ne respectent pas toujours les règles ; les politiques, l'administration, la police, les grandes entreprises ne dérogent pas à ces pratiques. Il faut donc une juste proportion d'informations auxquelles ces gens ont accès pour faire le bien de la société, pour limiter les risques en cas de dérapage.
Le problème c'est qu'avec l'informatisation de la société et des données, le traitement automatique permet de démultiplier l'efficacité. Il va être de plus en plus difficile de lutter contre le fait que « avec la vidéosurveillance on pourrait repérer les actes des pédophiles et des terroristes pour les arrêter » (d'ailleurs ce serait sûrement mieux de les arrêter avant leur méfaits mais bon). De même, en Angleterre un énorme fichier d'empreintes génétiques est lentement constitué grâce à un prélèvement à chaque suspicion de crime (et peut-être de délit aussi, mais je ne suis pas sûr). Ca avait conduit par exemple à l'arrêt d'un type pour un crime grave en Angleterre alors qu'il était barman dans un autre pays au moment des faits (manque de précision du procédé pour prendre l'empreinte génétique) ; la « précision mathématique » de l'empreinte génétique avait longtemps convaincu du bien fondé de l'accusation de cet innocent. Que se passe-t-il si un assassin « salit » sa victime avec l'empreinte génétique de quelqu'un d'autre, de préférence quelqu'un avec un parfait profil de suspect ?
# meuh
Posté par gc . En réponse au journal Liberticide et compagnie. Évalué à 3.
En grande partie, parce qu'on peut faire beaucoup de choses bien avec le traitement de données automatique (arrêter les dangereux terroristes pédophiles) mais aussi pas mal de choses pas bien (les assureurs ou les banquiers aimeraient bien pouvoir discriminer certains clients dont le "profil" est statistiquement moins "performant").
À ma connaissance d'ailleurs, il est curieux de constater que la mentalité aux Etats-Unis est très différente de celles de l'Europe sur la question ; en Europe, faire attention à sa vie privée est vu d'un mauvais oeil ("tu as quelque chose à te reprocher ?"), là-bas il y a une vraie méfiance vis-à-vis de la bureaucratie (même si elle n'est pas forcément moins bonne ou plus corrompue ; c'est plus du domaine culturel et lié à leur attachement viscéral à la liberté garantie à la fondation des Etats-Unis).
En pratique, il suffit de regarder autour de soi pour voir que les gens ne respectent pas toujours les règles ; les politiques, l'administration, la police, les grandes entreprises ne dérogent pas à ces pratiques. Il faut donc une juste proportion d'informations auxquelles ces gens ont accès pour faire le bien de la société, pour limiter les risques en cas de dérapage.
Le problème c'est qu'avec l'informatisation de la société et des données, le traitement automatique permet de démultiplier l'efficacité. Il va être de plus en plus difficile de lutter contre le fait que « avec la vidéosurveillance on pourrait repérer les actes des pédophiles et des terroristes pour les arrêter » (d'ailleurs ce serait sûrement mieux de les arrêter avant leur méfaits mais bon). De même, en Angleterre un énorme fichier d'empreintes génétiques est lentement constitué grâce à un prélèvement à chaque suspicion de crime (et peut-être de délit aussi, mais je ne suis pas sûr). Ca avait conduit par exemple à l'arrêt d'un type pour un crime grave en Angleterre alors qu'il était barman dans un autre pays au moment des faits (manque de précision du procédé pour prendre l'empreinte génétique) ; la « précision mathématique » de l'empreinte génétique avait longtemps convaincu du bien fondé de l'accusation de cet innocent. Que se passe-t-il si un assassin « salit » sa victime avec l'empreinte génétique de quelqu'un d'autre, de préférence quelqu'un avec un parfait profil de suspect ?