c'était juste pour dire que si l'on est contre les RFID parce que l'abus est possible, alors on devrait aussi être contre le P2P pour les mêmes raisons.
Oui. Et non : le P2P donne aux consommateurs un contre-pouvoir sur les grandes entreprises dont le but à l'heure actuelle est de traire ceux-ci comme des vaches à lait. Les consommateurs n'ont en revanche rien à gagner de l'apparition des marqueurs RFID : ces derniers sont synonymes d'automatisation supplémentaire, donc de compression de personnel (tout au moins le personnel faiblement qualifié), et de surveillance accrue de la population (oui, je sais, je suis très schematique ici, mais je n'ai pas encore pensé en détail au sujet).
On peut argumenter que le P2P conduit aussi les magasins de disque à la faillite, mais l'automatisation à outrance n'est pas le fait du P2P, c'est un mouvement généralisé (disparition des caissiers dans les banques et monnaie électronique, développement du commerce en ligne, robotisation des usines, suppression des secrétaires (et report de leur charge de travail sur les autres employés)...)
est-ce que le piratage est dû aux réseaux P2P, à l'essor de l'informatique qui permet de transformer ces CD-audios et DVD en fichier informatique, à l'essor de l'adsl qui permet d'accélerer les échanges ?
Le passage de l'analogique au numérique a rendu la copie sans perte possible. La démocratisation des ordinateurs et des graveurs (CD/DVD) et des supports a permis à n'importe qui d'effectuer des copies sans perte. La démocratisation du format MP3 a permis de faciliter l'échange de fichiers musicaux (standardisation du format et réduction des besoins en bande passante/volume de stockage) et celle d'Internet permet de le faire sans nécessiter de rencontrer l'autre (dispartion du support physique). L'apparition de Napster a permis de facilement trouver un correspondant qui possède les fichiers qu'on souhaite télécharger, et le développement des accès à Internet à haut débit a rendu le téléchargement bien plus rapide.
Avant Napster (1999), on allait sur IRC (mais c'était un truc de geeks), encore avant on cherchait sur le Web (1996). Avant Internet, on échangeait des CD gravés (1994), encore avant ça on échangeait des disquettes ou on utilisait les BBS (1991). Avant ça, on échangeait des cassettes entre copains (1986).
La copie non autorisée est aussi vieille que la copie elle-même. Le P2P n'est pas responsable des copies illicites, ce sont les utilisateurs qui sont les responsables, et ils étaient des copieurs avant l'apparition du P2P. Cependant, les systèmes P2P sont le moteur de l'accroissement exponentiel du volume de copies échangées, en supprimant les deux difficultés principales : trouver une source, et effectuer l'échange. Napster a été le premier logiciel (à ma connaissance) à complètement automatiser la recherche de la source et l'échange, et à fournir un outil utilisable par le commun des utilisateurs de Windows. C'est une évolution logique des outils disponibles (avant Napster, il y a eu un autre système (dont j'ai oublié le nom), issu du monde Apple, qui permettait de diffuser des listes de ce qu'on a à partager, et de faciliter l'accès aux fichiers : c'était un système intermédiaire entre FTP individuels et P2P). Le concept de P2P est apparu, et on ne le fera pas disparaître du jour au lendemain, et surtout pas en édictant des lois : une loi n'a jamais fait disparaître un concept de la mémoire des gens.
Est-ce qu'avec l'arrivée de système de fichier/base de données comme celui annoncé dans vista, on ne pourrait pas imaginer la possibilité d'échanger des fichiers avec une recherche facilité (se basant sur la base de donnée) ?
Oui, on peut l'imaginer, et on pourra développer un logiciel qui s'interface entre la base de données et le serveur Web pour offrir un moteur de recherche public des fichiers, et qui met en place un répertoire partagé virtuel contenant les fichiers qui sont le résultat de la recherche, afin de facilement leur téléchargement. On peut aussi imaginer que ce moteur de recherche soit disponible au niveau du domaine Windows, et qu'on puisse effectuer la recherche non pas sur une machine, mais sur chacune des machines du domaine, et copier les fichiers avec la même facilité. On peut tout imaginer, et on peut presque tout coder.
[^] # Re: ben c'est comme tout
Posté par Matthieu Weber . En réponse au journal RFID: liberté, sécurité ?. Évalué à 3.
Oui. Et non : le P2P donne aux consommateurs un contre-pouvoir sur les grandes entreprises dont le but à l'heure actuelle est de traire ceux-ci comme des vaches à lait. Les consommateurs n'ont en revanche rien à gagner de l'apparition des marqueurs RFID : ces derniers sont synonymes d'automatisation supplémentaire, donc de compression de personnel (tout au moins le personnel faiblement qualifié), et de surveillance accrue de la population (oui, je sais, je suis très schematique ici, mais je n'ai pas encore pensé en détail au sujet).
On peut argumenter que le P2P conduit aussi les magasins de disque à la faillite, mais l'automatisation à outrance n'est pas le fait du P2P, c'est un mouvement généralisé (disparition des caissiers dans les banques et monnaie électronique, développement du commerce en ligne, robotisation des usines, suppression des secrétaires (et report de leur charge de travail sur les autres employés)...)
Le passage de l'analogique au numérique a rendu la copie sans perte possible. La démocratisation des ordinateurs et des graveurs (CD/DVD) et des supports a permis à n'importe qui d'effectuer des copies sans perte. La démocratisation du format MP3 a permis de faciliter l'échange de fichiers musicaux (standardisation du format et réduction des besoins en bande passante/volume de stockage) et celle d'Internet permet de le faire sans nécessiter de rencontrer l'autre (dispartion du support physique). L'apparition de Napster a permis de facilement trouver un correspondant qui possède les fichiers qu'on souhaite télécharger, et le développement des accès à Internet à haut débit a rendu le téléchargement bien plus rapide.
Avant Napster (1999), on allait sur IRC (mais c'était un truc de geeks), encore avant on cherchait sur le Web (1996). Avant Internet, on échangeait des CD gravés (1994), encore avant ça on échangeait des disquettes ou on utilisait les BBS (1991). Avant ça, on échangeait des cassettes entre copains (1986).
La copie non autorisée est aussi vieille que la copie elle-même. Le P2P n'est pas responsable des copies illicites, ce sont les utilisateurs qui sont les responsables, et ils étaient des copieurs avant l'apparition du P2P. Cependant, les systèmes P2P sont le moteur de l'accroissement exponentiel du volume de copies échangées, en supprimant les deux difficultés principales : trouver une source, et effectuer l'échange. Napster a été le premier logiciel (à ma connaissance) à complètement automatiser la recherche de la source et l'échange, et à fournir un outil utilisable par le commun des utilisateurs de Windows. C'est une évolution logique des outils disponibles (avant Napster, il y a eu un autre système (dont j'ai oublié le nom), issu du monde Apple, qui permettait de diffuser des listes de ce qu'on a à partager, et de faciliter l'accès aux fichiers : c'était un système intermédiaire entre FTP individuels et P2P). Le concept de P2P est apparu, et on ne le fera pas disparaître du jour au lendemain, et surtout pas en édictant des lois : une loi n'a jamais fait disparaître un concept de la mémoire des gens.
Oui, on peut l'imaginer, et on pourra développer un logiciel qui s'interface entre la base de données et le serveur Web pour offrir un moteur de recherche public des fichiers, et qui met en place un répertoire partagé virtuel contenant les fichiers qui sont le résultat de la recherche, afin de facilement leur téléchargement. On peut aussi imaginer que ce moteur de recherche soit disponible au niveau du domaine Windows, et qu'on puisse effectuer la recherche non pas sur une machine, mais sur chacune des machines du domaine, et copier les fichiers avec la même facilité. On peut tout imaginer, et on peut presque tout coder.