• # À propos de tes inquiètudes...

    Posté par . En réponse au journal Quelque chose de malsain dans le monde du desktop libre. Évalué à 1.

    «Face à ces tendances, je commence à m'inquiéter de la présence des entreprises (et de leurs intérêts économiques) dans le monde GNU/Linux. Ceci se ferait-il à l'encontre de la communauté ? Debian est pour l'instant l'une de mes distributions préférées (pas la première, mais presque), est-elle ou restera-elle indépendante pour autant des prérogatives de la conquète de parts de marché ?»

    Je comprends ce que tu veux dire, mais il faut replacer tous ces éléments dans leurs perspectives.

    D'abord, tu part de la décision d'une entreprise pour toutes les juger. Or elles sont très diverses.
    Novell est une débutante en activité Linux, c'est elle qui fait une erreur que tu abhorres. Elle a fait une grossière erreur dans la plus pur logique propriétaire (il faut concentrer, toujours plus concentrer et de tout) Mais les autres comme Red Hat ou Mandriva ont plus d'expérience et ne font pas cette erreur. Ces vielles sociétés ont certains archaïsmes qui te font croire que les buts des entreprises et de la communauté sont incompatibles.

    Or la petite dernière, Canonical, ne cesse de monter et a une structure radicalement différente : le commandement est une dyarchie, avec Canonical Ltd. comme entreprise soutenant son vivier qui est la part de marché d'Ubuntu. Celle-ci étant gérée par la Fondation Ubuntu, doté d'un trèsor de guerre permettant de voir venir et de ses employés, ses structures, ses équipements nécessaires pour faire vivre Ubuntu. Si à l'avenir Canonical disparaissait, Ubuntu n'en subirait que très peu le contre-coup, elle ne serait pas décapité et privé de tous ses moyens.

    Cette indépendence structurelle empêche le genre de décision anti-libriste que tu dénonçais. Kubuntu est parti pour être une distribution aussi importante qu'Ubuntu, comme dit dans un message précédent, politique commerciale en accord ou non.

    Pour revenir à Suse-Novell, j'observe qu'ils sont en difficultés financières, et que les marchés leur conseillent de se recentrer sur leur activités les plus rentables c'est-à-dire...
    le boulot fourni par les activités Linux ! Les marchés ne sont pas à diaboliser. De plus, l'équipe de Novell qui ne semble donc pas extrêmement brillante ne m'étonnerait pas si elle avait pris la tête de Suse, car il y avait déjà eu un antécédent pas très libriste jusqu'à la création d'Open Suse, rappelez-vous...

    Il est malheureux que les néophytes de Novell en matière du libre fasse des dégâts lors de leurs premières passes d'armes, mais ce n'est pas suffisant pour avoir tes inquiètudes.

    Microsoft et Apple sont des entreprises. C'est vrai. Mais il est vrai également que les suivantes le sont aussi : Red Hat, Mandriva, Canonical, IBM, Google, Sun, et bien d'autres, qui aident, plus ou moins mais significativement, la communauté...

    L'avenir est au libre, j'en suis persuadé. Mais les tenants du passé ont parfois du mal à se réinventer...