En parlant de non-sens, j'en rajoute un qui m'a frappé dans les citations de l'Abbé Pierre qu'on lit ces temps-ci.
Il a écrit (aurait écrit?) que l'argument numéro un contre l'ordination de femmes prêtres est qu'il n'y avait pas de femmes parmi les apôtres. C'est un argument que j'ai, certes, déjà entendu, mais pas souvent.
On entend plus souvent dire que le prêtre a pour rôle de représenter Jésus au milieu des fidèles de sa paroisse (de son aumonerie, etc.). Et, Jésus ayant été un homme (du moins jusqu'au prochain bouquin de Dan Brown), il est naturel que son représentant le soit aussi.
J'ai également entendu, hier sur France Info, plusieurs personnes se plaindre de la situation des prêtres, dont plusieurs anciens prêtres (ceux qu'on nomme, assez abusivement je trouve, "défroqués"). Il y a une chose que je ne comprends pas complètement : le célibat des prêtres, ça n'a rien d'un scoop, ça fait un petit moment que ça dure. Ceux qui font le (difficile) choix de vouer leur vie à Dieu et au service des autres ne sont pas pris en traîtres : ce célibat fait partie des choses à peser dans le choix.
On a, bien évidemment, le droit de changer. Dans ce cas-là, on révise complètement son contrat, et pas seulement le volet qui nous intéresse. Un vendeur n'oserait même pas imaginer pouvoir se retracter sur une vente tout en gardant l'acompte qui lui a été versé. Alors quand j'entends des anciens prêtres regretter que l'Eglise ne leur ait pas permis de garder le beurre et l'argent du beurre, je me gratte un peu la tête.
Les seuls qui, selon moi, auraient des raisons de se sentir floués, c'est ceux qui ont été ordonné dans les années qui ont suivi mai 68, à l'époque où on entendait beaucoup parler de mariage des prêtres. Je peux comprendre que ceux-là aient choisi leur voie en pariant sur le fait que le célibat des prêtres ne tiendrait plus bien longtemps, et que leur déception n'en ait été que plus grande (surtout quand ils ont vu la position de JP2, pourtant attendu comme un vent de renouveau, sur le sujet).
Au passage, il y a mille et une façons de servir son église sans devenir prêtre. Et si on regrette parfois dans nos campagnes l'absence de ces derniers, c'est souvent dans des églises vides de fidèles. Je peux comprendre qu'un évéché ne se dépêche pas de muter des prêtres dans des paroisses sinistrées : cela contribue trop souvent à une grosse dépression du prêtre concerné. Alors que lorsqu'une communauté se bouge, elle reste rarement longtemps sans prêtre.
[^] # Re: Remarques
Posté par Larry Cow . En réponse au journal L'église et le sexe. Évalué à 1.
Il a écrit (aurait écrit?) que l'argument numéro un contre l'ordination de femmes prêtres est qu'il n'y avait pas de femmes parmi les apôtres. C'est un argument que j'ai, certes, déjà entendu, mais pas souvent.
On entend plus souvent dire que le prêtre a pour rôle de représenter Jésus au milieu des fidèles de sa paroisse (de son aumonerie, etc.). Et, Jésus ayant été un homme (du moins jusqu'au prochain bouquin de Dan Brown), il est naturel que son représentant le soit aussi.
J'ai également entendu, hier sur France Info, plusieurs personnes se plaindre de la situation des prêtres, dont plusieurs anciens prêtres (ceux qu'on nomme, assez abusivement je trouve, "défroqués"). Il y a une chose que je ne comprends pas complètement : le célibat des prêtres, ça n'a rien d'un scoop, ça fait un petit moment que ça dure. Ceux qui font le (difficile) choix de vouer leur vie à Dieu et au service des autres ne sont pas pris en traîtres : ce célibat fait partie des choses à peser dans le choix.
On a, bien évidemment, le droit de changer. Dans ce cas-là, on révise complètement son contrat, et pas seulement le volet qui nous intéresse. Un vendeur n'oserait même pas imaginer pouvoir se retracter sur une vente tout en gardant l'acompte qui lui a été versé. Alors quand j'entends des anciens prêtres regretter que l'Eglise ne leur ait pas permis de garder le beurre et l'argent du beurre, je me gratte un peu la tête.
Les seuls qui, selon moi, auraient des raisons de se sentir floués, c'est ceux qui ont été ordonné dans les années qui ont suivi mai 68, à l'époque où on entendait beaucoup parler de mariage des prêtres. Je peux comprendre que ceux-là aient choisi leur voie en pariant sur le fait que le célibat des prêtres ne tiendrait plus bien longtemps, et que leur déception n'en ait été que plus grande (surtout quand ils ont vu la position de JP2, pourtant attendu comme un vent de renouveau, sur le sujet).
Au passage, il y a mille et une façons de servir son église sans devenir prêtre. Et si on regrette parfois dans nos campagnes l'absence de ces derniers, c'est souvent dans des églises vides de fidèles. Je peux comprendre qu'un évéché ne se dépêche pas de muter des prêtres dans des paroisses sinistrées : cela contribue trop souvent à une grosse dépression du prêtre concerné. Alors que lorsqu'une communauté se bouge, elle reste rarement longtemps sans prêtre.