Un point de vue très personnel, que je n'aurais pas posté si je ne pensais pas qu'il éclaire un peu la situation d'un certain nombre de gens face à Linux.
Je fais de l'info à titre amateur depuis 9 ans, j'aime bien bidouiller, mais j'ai conclu, après plusieurs essais, que programmer n'était pas du tout mon truc. Sur PC, j'ai commencé sous Ms-Dos (appris à la main "help blabla"), et je reste, aujourd'hui, sous Windows (j'entends déjà les huées). Je tâte régulièrement (mais pas fréquemment) de Linux depuis 1997, histoire de voir "où ça en est", je suis de très loin l'actualité Linux.
Malgré ça, je suis encore réfractaire. Pourquoi ? Pour une raison principale très con, on est bien d'accord : la simple force de l'habitude. Je pourrais très bien mettre en place un dual-boot, mais les années d'utilisation de Windows font que j'y suis parfaitement à l'aise (je ne rentrerai pas dans le débat de savoir si la GUI est intuitive ou pas : ce qui compte c'est qu'elle est, maintenant, naturelle pour moi) : interface, problèmes rencontrés, applications, me sont parfaitement familiers.
A chaque fois que je repasse sous Linux, je suis à la fois :
1.) Surpris des progrès effectués, clairement (le dernier test auquel je me suis livré, la Mandrake 8, m'a totalement bluffé au niveau facilité d'installation ; quand la version graphique marche, elle est sans problème meilleure que celle de Windows).
2.) Agacé par le fait de devoir retrouver mes marques dans une optique qui n'est PAS, fondamentalement, celle d'un utilisateur lambda : architecture de base client/serveur (et je ne parle pas que d'X : organisation des répertoires...), nombre de binaires et de librairies monstrueux (et je fais pourtant une sélection manuelle des paquetages, mais étant donné les dépendances...).
3.) Pas franchement épaté par les performances et le multitâche pour des tâches courantes, quoi qu'on en dise. En mode console, je ne dis pas, mais en utilisant un desktop, la rapidité fond comme neige au soleil (point de vue général strictement personnel et pas très approfondi, je ne cherche pas à troller, je relate juste des impressions subjectives).
4.) Appâté par les possibilités purement techniques que j'aperçois mais dans lesquelles je ne m'aventure (presque) pas : quand ça rame un peu, je me rapelle que j'ai, derrière, un serveur MySQL et un Apache, entres autres (je fais un peu de PHP à l'occasion) pour être tout à fait bluffé, finalement, que ça tourne aussi bien. Et ça me donne envie de maîtriser les subtilités techniques de l'OS. De même, les possibilités graphiques d'un E ou de Nautilus me mettent franchement sur le cul.
5.) Enervé de ne pas retrouver l'équivalent de certaines applications Windows : je précise tout de suite que je ne prétends pas qu'elles n'existent absolument pas. Je dis simplement que sous Windows, j'ai, au fil des années, repéré pour chaque domaine qui m'intéresse un ou deux softs qui correspondent exactement à mes besoins et à mes goûts aussi bien sur le fond qu'au niveau de l'interface, etc... ce qui n'est forcément pas le cas pour Linux. Pendant longtemps, ne supportant pas Netscape, j'avais beau en essayer plusieurs autres, je n'avais pas trouvé un browser à mon goût (avec Opera, ça va mieux). Aujourd'hui, je peux parfaitement me tromper, mais y'a-t-il un viewer/browser d'images qui vaille AcdSee (Electric Eyes n'est, à mon sens, ni aussi commode ni aussi rapide) ? En matière de lecture de vidéos, je n'ai pas non plus eu l'impression d'une offre simple et de bon niveau (mais je peux me tromper, bien sûr, encore une fois, ce n'est qu'une expérience personnelle). Ce que je voulais souligner, c'est que la logithèque Windows est telle, dans les applications grand public, que chacun peut trouver exactement ce qui lui convient.
Pour conclure, je ne prétends pas que Linux ne puisse pas servir pour des utilisateurs lambda, au contraire : à la limite, quelqu'un ne faisant que quelques actions de base en mode graphique, ce n'est guère différent sous Linux et sous Windows si tout est déjà configuré d'origine.
En revanche, pour quelqu'un qui maîtrise parfaitement son environnement Windows, a des habitudes prises depuis un nombre conséquent d'années, connaît sur le bout des doigts ses logiciels : passer à Linux, aussi tentant cela soit-il sur certains points, n'est pas forcément une décision évidente. Et je ne parle pas, ici, de convivialité de l'interface, de cohérence des apllications... mais bien du fait que pour en tirer le maximum (de très loin supérieur à Windows, on est bien d'accord), il faut un investissement en temps conséquent.
J'ai en effet plein de bonnes raisons de passer à Linux : j'aimerais configurer au plus fin mon shell et automatiser plein de tâches, pouvoir faire tourner en permanence un certain nombre de serveurs, peaufiner comme un malade mon interface graphique... mais je n'ai vraiment, vraiment plus envie de me taper en permanence des "man blabla", consulter des how-to et discuter sur des tas de forum sur la façon de compiler le dernier driver NVidia pour avoir l'accélération 3D sous X ! Je ne prétends pas avoir raison, au contraire, j'envie ceux qui ont l'enthousiasme de se lancer là-dedans... mais ce n'est pas mon cas. Je n'exclus pas non plus d'y passer à moyen terme : à chaque fois que je replonge dedans, je me familiarise un peu plus avec les notions Unix, les logiciels disponibles, etc.
Voilà, je tenais juste à signaler un point qui à mon avis réduit la diffusion de votre OS favori : l'inertie due à l'habitude, aussi bête cela soit-il. En m'investissant, je serai certainement plus content sous Linux ; mais avec un effort 10 fois moindre, je fais l'essentiel de ce que je veux faire avec mon micro, même s'il m'arrive de pester face à un écran bleu. C'est con, mais c'est à mon avis un facteur non négligeable, indépendamment de tout considération rationnelle sur les performances techniques, l'aspect financier ou quoi que ce soit d'autre.
[^] # [Beaucoup trop long] Le point de vue d'un linux-néophyte depuis longtemps ;-)
Posté par Anonyme . En réponse à la dépêche Comment convertir les utilisateurs windows ?. Évalué à 0.
Je fais de l'info à titre amateur depuis 9 ans, j'aime bien bidouiller, mais j'ai conclu, après plusieurs essais, que programmer n'était pas du tout mon truc. Sur PC, j'ai commencé sous Ms-Dos (appris à la main "help blabla"), et je reste, aujourd'hui, sous Windows (j'entends déjà les huées). Je tâte régulièrement (mais pas fréquemment) de Linux depuis 1997, histoire de voir "où ça en est", je suis de très loin l'actualité Linux.
Malgré ça, je suis encore réfractaire. Pourquoi ? Pour une raison principale très con, on est bien d'accord : la simple force de l'habitude. Je pourrais très bien mettre en place un dual-boot, mais les années d'utilisation de Windows font que j'y suis parfaitement à l'aise (je ne rentrerai pas dans le débat de savoir si la GUI est intuitive ou pas : ce qui compte c'est qu'elle est, maintenant, naturelle pour moi) : interface, problèmes rencontrés, applications, me sont parfaitement familiers.
A chaque fois que je repasse sous Linux, je suis à la fois :
1.) Surpris des progrès effectués, clairement (le dernier test auquel je me suis livré, la Mandrake 8, m'a totalement bluffé au niveau facilité d'installation ; quand la version graphique marche, elle est sans problème meilleure que celle de Windows).
2.) Agacé par le fait de devoir retrouver mes marques dans une optique qui n'est PAS, fondamentalement, celle d'un utilisateur lambda : architecture de base client/serveur (et je ne parle pas que d'X : organisation des répertoires...), nombre de binaires et de librairies monstrueux (et je fais pourtant une sélection manuelle des paquetages, mais étant donné les dépendances...).
3.) Pas franchement épaté par les performances et le multitâche pour des tâches courantes, quoi qu'on en dise. En mode console, je ne dis pas, mais en utilisant un desktop, la rapidité fond comme neige au soleil (point de vue général strictement personnel et pas très approfondi, je ne cherche pas à troller, je relate juste des impressions subjectives).
4.) Appâté par les possibilités purement techniques que j'aperçois mais dans lesquelles je ne m'aventure (presque) pas : quand ça rame un peu, je me rapelle que j'ai, derrière, un serveur MySQL et un Apache, entres autres (je fais un peu de PHP à l'occasion) pour être tout à fait bluffé, finalement, que ça tourne aussi bien. Et ça me donne envie de maîtriser les subtilités techniques de l'OS. De même, les possibilités graphiques d'un E ou de Nautilus me mettent franchement sur le cul.
5.) Enervé de ne pas retrouver l'équivalent de certaines applications Windows : je précise tout de suite que je ne prétends pas qu'elles n'existent absolument pas. Je dis simplement que sous Windows, j'ai, au fil des années, repéré pour chaque domaine qui m'intéresse un ou deux softs qui correspondent exactement à mes besoins et à mes goûts aussi bien sur le fond qu'au niveau de l'interface, etc... ce qui n'est forcément pas le cas pour Linux. Pendant longtemps, ne supportant pas Netscape, j'avais beau en essayer plusieurs autres, je n'avais pas trouvé un browser à mon goût (avec Opera, ça va mieux). Aujourd'hui, je peux parfaitement me tromper, mais y'a-t-il un viewer/browser d'images qui vaille AcdSee (Electric Eyes n'est, à mon sens, ni aussi commode ni aussi rapide) ? En matière de lecture de vidéos, je n'ai pas non plus eu l'impression d'une offre simple et de bon niveau (mais je peux me tromper, bien sûr, encore une fois, ce n'est qu'une expérience personnelle). Ce que je voulais souligner, c'est que la logithèque Windows est telle, dans les applications grand public, que chacun peut trouver exactement ce qui lui convient.
Pour conclure, je ne prétends pas que Linux ne puisse pas servir pour des utilisateurs lambda, au contraire : à la limite, quelqu'un ne faisant que quelques actions de base en mode graphique, ce n'est guère différent sous Linux et sous Windows si tout est déjà configuré d'origine.
En revanche, pour quelqu'un qui maîtrise parfaitement son environnement Windows, a des habitudes prises depuis un nombre conséquent d'années, connaît sur le bout des doigts ses logiciels : passer à Linux, aussi tentant cela soit-il sur certains points, n'est pas forcément une décision évidente. Et je ne parle pas, ici, de convivialité de l'interface, de cohérence des apllications... mais bien du fait que pour en tirer le maximum (de très loin supérieur à Windows, on est bien d'accord), il faut un investissement en temps conséquent.
J'ai en effet plein de bonnes raisons de passer à Linux : j'aimerais configurer au plus fin mon shell et automatiser plein de tâches, pouvoir faire tourner en permanence un certain nombre de serveurs, peaufiner comme un malade mon interface graphique... mais je n'ai vraiment, vraiment plus envie de me taper en permanence des "man blabla", consulter des how-to et discuter sur des tas de forum sur la façon de compiler le dernier driver NVidia pour avoir l'accélération 3D sous X ! Je ne prétends pas avoir raison, au contraire, j'envie ceux qui ont l'enthousiasme de se lancer là-dedans... mais ce n'est pas mon cas. Je n'exclus pas non plus d'y passer à moyen terme : à chaque fois que je replonge dedans, je me familiarise un peu plus avec les notions Unix, les logiciels disponibles, etc.
Voilà, je tenais juste à signaler un point qui à mon avis réduit la diffusion de votre OS favori : l'inertie due à l'habitude, aussi bête cela soit-il. En m'investissant, je serai certainement plus content sous Linux ; mais avec un effort 10 fois moindre, je fais l'essentiel de ce que je veux faire avec mon micro, même s'il m'arrive de pester face à un écran bleu. C'est con, mais c'est à mon avis un facteur non négligeable, indépendamment de tout considération rationnelle sur les performances techniques, l'aspect financier ou quoi que ce soit d'autre.