Et puis si t'a des gamins n'esite* pas à les emmener dans tes periples, j'avais 6 ans et ma soeur 3 et pourtant ca reste graver dans nos mémoires.
J'y étais à peu près au même âge, et j'en ai gardé tout plein de souvenirs impérissables en effet. Mais c'était à l'époque où toutes les pistes n'étaient pas ouvertes et où mon père faisait partie de ceux qui les ouvraient justement, duc oup, il a rencontré des aborigènes qui n'avaient encore jamais vu l'homme blanc, et n'avaient pas encore été souillés par l'alcool, la fièvre de l'argent ou les maladies européennes :-)
* enfin, pour etre correcte il y a quand même des risques dans la nature : serpents, araignés, piranhas, félins...
Mais on y a survecu et on avait pas toujours les parents sur le dos.
C'est clair, la guyane c'est encore un endroit « sauvage » en comparaison de la France. Voici quelques unes des aventures dont je me rappelle :
- un caïman de 3 mètres de long dans le jardin (mon père en a survolé des spécimens de 5 à 6 mètres en hélicoptère plus haut sur le fleuve)
- un cochon sauvage qui a dévoré vivant le bébé de la voisine
- une migration de colonie de fourmis rouges, grosses comme le pouce d'un enfant, qui traverse la maison sur 5 mètres de large et pendant des jours entiers (des milliards de fourmis quoi)
- un couple de mygales ramenées du fin fond de la forêt après une expédition par mon père, qui pesaient plus d'1 kg chacune ! Elles avaient du mal à rentrer dans une boîte à chaussure les pattes complètement repliées, et une fois libérées, elles avait la superficie d'un gros saladier, ça change des mygales grosse comme la main que les journalistes de l'extrême nous présentent ;-)
- des « pirayes » (et non pas des piranas), qui sont moins agressifs que les piranhas et n'attaquent pas en bande, mais par contre sont beaucoup plus gros (jusqu'à 60 cm de diamètre)
- J'ai titillé en toute inconscience un serpent corail avec un petit bâton, et j'ai été sauvé in extremis par le coupe-coupe d'un soldat qui passait par là (le serpent corail et l'un, si ce n'est le, des plus venimeux de la planète, il tue en quelques minutes après une morsure)
- J'ai été mordu par une -petite- mygale (grosse comme le poing d'un adulte en jouant par terre (les mygales vivent dans des terriers, recouverts de feuilles, et sortent en trombe dès qu'une proie passe à leur portée) : beaucoup de fièvre, très douloureux, mais c'est tout.
- J'ai vu les plus beaux papillons de la planète, dont certains étaient énormes (je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je crois bien qu'il y en avaient qui mesuraient la taille d'une assiette), d'autres étaient super rares : des bleu métalisés, qui étaient attirés par les paquets de gitanes miroitant dans le soleil, ainsi que des tout petits papillons bleu blanc rouge noir.
- J'ai rencontré des peuplades isolées, dont la fille d'un des chefs était tombée amoureuse de moi (j'étais blond platine et un beau bébé à l'époque, c'était rare chez eux), elle m'a donc fabriqué et offert un carquois avec tout le nécessaire de chasse (2 arcs, flèches de chasse et de pêche), cadeau d'une valeur inestimable que j'ai toujours chez moi.
- Je mangeais un gros régime de bananes à moi tout seul en entier et en quelques jours à peine
- Je buvais de la bière, et accessoirement dans toutes les bouteilles que je trouvais, ce qui a valu une énorme frayeur à mes parents le jour où des ouvriers m'ont vu porter à la bouche une bouteille contenant un poison mortel. Le médecin a rassuré mes parents, si j'en avais bu la moindre goute, je serais déjà mort :-)
Les soldats du camp militaire où je me trouvais l'ont eu dure : j'étais un gamin de 4 ans extrêmement difficile. Mais bon, malgré tout, j'étais leur mascotte et ils m'adoraient ! Ils m'emmenaient partout avec eux. Cela dit, je leur en ai fait voir de toutes les couleurs !
Par exemple, j'ai repeint avec un pot de peinture blanche trouvé tous les camions du régiment (et moi avec, ainsi que la robe de soirée de ma mère, et pas mal d'autres choses sur mon trajet, dont le chien du régiment) la veille de la visite du général. Ils ont du bosser toute une nuit pour tout remettre en état. J'ai aussi détruit la moitié du service en crystal, qui était une pièce unique, de la femme du colonel, je me jettais sous les roues des camions qui passaient devant chez moi pour qu'il me passe dessus (les soldats avaient l'habitude, et avaient pour consigne de ne surtout pas donner de coup de volant et de seulement freiner). Faut dire que j'ai pris les plus belles raclées de ma vie là-bas, et pourtant je ne me souvient même pas de la moitié de mes conneries ;-)
Au point que 11 ans plus tard, à Djibouti, un militaire vienne voir mon père en lui demandant s'il était bien le père du petit garçon blond dont on lui avait narré les exploits pendant tout son séjour en guyane. C'était bien moi, et 10 ans après, j'étais encore une légende ! ;-) T'inquiète pas, ils me le rendaient bien ! Par exemple en me présentant un paquet de BN depuis le premier étage du mess, en me demandant de venir le chercher alors que je ne savait pas comment monter, ou en me faisant surveiller par le chien du régiment en me faisant croire qu'il était méchant. Si je ne lui envoyait pas son bâton, il allait me manger (j'ai réussi à m'enfuir après avoir jeté le bâton très loin, non sans une grosse frayeur d'enfant)
[^] # Re: mon conseil
Posté par Anonyme . En réponse au journal Humidité......... Évalué à 8.
J'y étais à peu près au même âge, et j'en ai gardé tout plein de souvenirs impérissables en effet. Mais c'était à l'époque où toutes les pistes n'étaient pas ouvertes et où mon père faisait partie de ceux qui les ouvraient justement, duc oup, il a rencontré des aborigènes qui n'avaient encore jamais vu l'homme blanc, et n'avaient pas encore été souillés par l'alcool, la fièvre de l'argent ou les maladies européennes :-)
C'est clair, la guyane c'est encore un endroit « sauvage » en comparaison de la France. Voici quelques unes des aventures dont je me rappelle :
- un caïman de 3 mètres de long dans le jardin (mon père en a survolé des spécimens de 5 à 6 mètres en hélicoptère plus haut sur le fleuve)
- un cochon sauvage qui a dévoré vivant le bébé de la voisine
- une migration de colonie de fourmis rouges, grosses comme le pouce d'un enfant, qui traverse la maison sur 5 mètres de large et pendant des jours entiers (des milliards de fourmis quoi)
- un couple de mygales ramenées du fin fond de la forêt après une expédition par mon père, qui pesaient plus d'1 kg chacune ! Elles avaient du mal à rentrer dans une boîte à chaussure les pattes complètement repliées, et une fois libérées, elles avait la superficie d'un gros saladier, ça change des mygales grosse comme la main que les journalistes de l'extrême nous présentent ;-)
- des « pirayes » (et non pas des piranas), qui sont moins agressifs que les piranhas et n'attaquent pas en bande, mais par contre sont beaucoup plus gros (jusqu'à 60 cm de diamètre)
- J'ai titillé en toute inconscience un serpent corail avec un petit bâton, et j'ai été sauvé in extremis par le coupe-coupe d'un soldat qui passait par là (le serpent corail et l'un, si ce n'est le, des plus venimeux de la planète, il tue en quelques minutes après une morsure)
- J'ai été mordu par une -petite- mygale (grosse comme le poing d'un adulte en jouant par terre (les mygales vivent dans des terriers, recouverts de feuilles, et sortent en trombe dès qu'une proie passe à leur portée) : beaucoup de fièvre, très douloureux, mais c'est tout.
- J'ai vu les plus beaux papillons de la planète, dont certains étaient énormes (je ne voudrais pas dire de bêtises, mais je crois bien qu'il y en avaient qui mesuraient la taille d'une assiette), d'autres étaient super rares : des bleu métalisés, qui étaient attirés par les paquets de gitanes miroitant dans le soleil, ainsi que des tout petits papillons bleu blanc rouge noir.
- J'ai rencontré des peuplades isolées, dont la fille d'un des chefs était tombée amoureuse de moi (j'étais blond platine et un beau bébé à l'époque, c'était rare chez eux), elle m'a donc fabriqué et offert un carquois avec tout le nécessaire de chasse (2 arcs, flèches de chasse et de pêche), cadeau d'une valeur inestimable que j'ai toujours chez moi.
- Je mangeais un gros régime de bananes à moi tout seul en entier et en quelques jours à peine
- Je buvais de la bière, et accessoirement dans toutes les bouteilles que je trouvais, ce qui a valu une énorme frayeur à mes parents le jour où des ouvriers m'ont vu porter à la bouche une bouteille contenant un poison mortel. Le médecin a rassuré mes parents, si j'en avais bu la moindre goute, je serais déjà mort :-)
Les soldats du camp militaire où je me trouvais l'ont eu dure : j'étais un gamin de 4 ans extrêmement difficile. Mais bon, malgré tout, j'étais leur mascotte et ils m'adoraient ! Ils m'emmenaient partout avec eux. Cela dit, je leur en ai fait voir de toutes les couleurs !
Par exemple, j'ai repeint avec un pot de peinture blanche trouvé tous les camions du régiment (et moi avec, ainsi que la robe de soirée de ma mère, et pas mal d'autres choses sur mon trajet, dont le chien du régiment) la veille de la visite du général. Ils ont du bosser toute une nuit pour tout remettre en état. J'ai aussi détruit la moitié du service en crystal, qui était une pièce unique, de la femme du colonel, je me jettais sous les roues des camions qui passaient devant chez moi pour qu'il me passe dessus (les soldats avaient l'habitude, et avaient pour consigne de ne surtout pas donner de coup de volant et de seulement freiner). Faut dire que j'ai pris les plus belles raclées de ma vie là-bas, et pourtant je ne me souvient même pas de la moitié de mes conneries ;-)
Au point que 11 ans plus tard, à Djibouti, un militaire vienne voir mon père en lui demandant s'il était bien le père du petit garçon blond dont on lui avait narré les exploits pendant tout son séjour en guyane. C'était bien moi, et 10 ans après, j'étais encore une légende ! ;-) T'inquiète pas, ils me le rendaient bien ! Par exemple en me présentant un paquet de BN depuis le premier étage du mess, en me demandant de venir le chercher alors que je ne savait pas comment monter, ou en me faisant surveiller par le chien du régiment en me faisant croire qu'il était méchant. Si je ne lui envoyait pas son bâton, il allait me manger (j'ai réussi à m'enfuir après avoir jeté le bâton très loin, non sans une grosse frayeur d'enfant)
Ah que de souvenirs la guyane... J'ai adoré ! :-)