Stéphane Marcovitch, AFA: «Une mesure de filtrage est simplissime à contourner»
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Cela fait neuf ans que ce site existe, et autant de temps que l’on ne fait rien contre ses auteurs. On sait qu’ils sont en France. On arrive à retrouver les auteurs d’attentats, de vols à main armée et pas les auteurs d’un site internet?
Les pouvoirs publics ont été défaillants, les associations aussi, donc on va chercher les prestataires techniques. Et si les auteurs changent d’hébergeur ou d’adresse Internet, cela va devenir un jeu du chat et de la souris qui ne mènera à rien. Le risque est aussi de voir demain l’industrie du disque et du cinéma demander à un juge le filtrage d’un site de peer-to-peer ou d’un site BitTorrent. On va avoir droit à une avalanche de ce type de demandes
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Le réseau n’a pas été bâti en prévision d’un filtrage, pour le moins dans les États démocratiques. Si le juge demande à ce que l’on change l’architecture du réseau, ce sera aux pouvoirs publics d’en assumer la charge. C’est ce qu’a conclu en décembre 2000 le Conseil constitutionnel au sujet du financement des écoutes téléphoniques. Donc si les pouvoirs publics nous disent qu’il appartient à tous les FAI de filtrer les contenus en installant des proxies, il faudra que l’État soit prêt à financer ces changements à hauteur de plusieurs millions d’euros.
# Allez, un dernier pour la route ...
Posté par Olivier Guerrier . En réponse au journal Filtrage sur Internet, les juges demandent l'impossible ?. Évalué à 3.