• [^] # Re: rançon ?

    Posté par . En réponse au journal Florence Aubenas & son guide liberés. Évalué à 3.

    Pourquoi tu n'y vas pas la sauver ? parce que t'as peur de payer ta vie ?

    Entre autres.
    Dans les "autres" : le fait qu'à peine arrivé sur place, c'est sûr que je serais d'une efficacité terrible. Il y a des "professionnels" pour ce genre de choses.

    Les élites de la nation paient des soldas pour être tués à leur place, c'est beau de devenir un héro après la mort.

    Le métier de soldat est un métier à risque.
    Celui de journaliste aussi.

    Quand tu choisis de faire du journalisme, tu acceptes les risques. Quand tu es soldat aussi (ma soeur est dans l'armée, et c'est une des premières choses qu'on lui a dit : "il faut vous mettre dans la tête que vous allez souvent engager votre vie dans ce métier").

    Mais ce n'est pas parce qu'il y a des risques que cela interdit pour autant d'aller sauver, par solidarité, ces gens.

    En France, un soldat va sur un terrain d'action sous mandat d'une autorité supérieure, autorité élue ou dirigée/révocable par un élu. Il a donc indirectement le mandat du peuple francais.
    Le journaliste non. Il le fait de son propre chef, ou selon celui de sa rédaction/direction. Mais son métier est un tantinet à part : il ne va pas en Irak pour faire du tourisme (à moins d'être maso), et il présente une utilité pour le peuple francais (au travers de ses comptes-rendus diffusés dans la presse), mais aussi indirectement pour le peuple "local", dont il peut rendre compte des souffrances et permettre qu'à des milliers de kilomètres de là, on s'intéresse un minimum pour ce qui se passe là-bas, et permettre aux "opinions publiques" dont les dirigeants sont un minimum à l'écoute, d'exercer un minimum de pression pour qu'on n'abandonne pas ces gens à leur sort.

    On peut aussi dire : qu'est ce qu'on en a à faire qu'ils aillent en Irak. On sait très bien que c'est un pays à risque, surtout qu'il y a un précédent en matière de prise d'otage!
    Oky. On arrête donc d'envoyer des journalistes là-bas, on retire ceux qui y sont, on les laisse s'entretuer, et on reviendra quand ce sera calmé, écouter les récits des horreurs commises sur place, et là, légitimement (contrairement à ce qui se passait il y a plus de 60 ans), on pourra dire "bah, on n'a rien fait, on n'était pas au courant de ce qui se passait sur place".